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L’industrie se raffine

Y a-t-il de nouveaux procédés, de nouvelles techniques qui sont appliquées dans l’utilisation du caoutchouc? L’industrie est-elle en croissance ou en déclin au Québec? Sur quoi se concentrer pour être plus concurrentiel?

Des spécialistes nous donnent l’heure juste sur cette industrie qui produisait, en 1854, le premier produit de caoutchouc au Canada en terre montréalaise: des couvre-chaussures ou « claques », un produit révolutionnaire pour mieux fouler l’hiver. Aujourd’hui, Montréal, la Montérégie et l’Estrie sont les principaux leaders de l’industrie.

Côté avancement des procédés et techniques, l’informatique et l’électronique davantage utilisées dans le contrôle des procédés, la préparation des ingrédients, le système d’information en temps réel et la gestion de la qualité figurent parmi les innovations de l’heure, explique Claude Harvey, chargé de projets pour La Vallée des Élastomères.

« De plus, dans le secteur du moulage et de l’extrusion, l’arrivée des thermoplastiques élastomères (TPE) sur certaines applications a permis de réduire les coûts de production. L’utilisation du TPE permet notamment de réduire les temps de mise en forme, de récupérer et de le réutiliser après granulation. Cependant, son utilisation a des limites, car certaines propriétés physiques du produit fini ne peuvent atteindre celles des caoutchoucs… »

« La fermeture de Goodyear à Valleyfield, en 2007, et de Bandag à Shawinigan, en 2006, dans le secteur du pneu et celui de la crise de 2008, principalement dans le secteur automobile avec la fermeture de GDX Automotive et Hexagon Polymers, à Magog, donnant ainsi lieu à une baisse marquée des ventes d’automobiles y sont pour quelque chose… »

On voit apparaître chaque jour de nouvelles procédures et techniques internes qui permettent aux compagnies de rester concurrentielles, renchérit le président de l’Association des élastomères du Québec (AEQ), Jacques Arseneault. Et le fait qu’elles soient gardées secrètes leur assure un avenir prometteur.

« Les dirigeants ont rapidement compris la valeur qu’apportent les ingénieurs et concepteurs à leurs entreprises, ceux-ci ayant automatisé plusieurs systèmes qui occupaient autrefois plusieurs employés à la fois. Ces améliorations ont contribué à la rentabilisation de l’entreprise et l’élévation du niveau d’expertise des employés dits de “plancher”. »

Une industrie en croissance ou en déclin?

Les chiffres ont réduit substantiellement depuis 2004, explique M.Harvey. « L’impact de la fermeture de Goodyear à Valleyfield, en 2007, et de Bandag à Shawinigan, en 2006, dans le secteur du pneu et celui de la crise de 2008, principalement dans le secteur automobile avec la fermeture de GDX Automotive et Hexagon Polymers, à Magog, donnant ainsi lieu à une baisse marquée des ventes d’automobiles y sont pour quelque chose. »

Cette baisse des ventes et du nombre d’emplois est aussi reliée à l’amélioration des procédés et l’automatisation afin de réduire les coûts de production et compenser par les pertes de revenus associées au taux de change, poursuit-il. « Comme dans plusieurs secteurs industriels, l’avantage du taux qui permettait d’offrir leurs produits aux clients américains n’est plus. »

Pour M. Arseneault, l’industrie du caoutchouc se raffine. « Plusieurs usines ont fermé leurs portes, mais celles qui ont survécu sont devenues plus fortes. Au Québec, nous avons su développer une main-d’œuvre exceptionnelle nous permettant de rivaliser contre des compagnies américaines, malgré la force du dollar canadien.

Dans le passé, la faiblesse du dollar était notre force. Mais, aujourd’hui, nous sommes reconnus pour notre expertise, notre main-d’œuvre spécialisée et nos produits de qualité supérieure grâce aux formations auxquelles les travailleurs et travailleuses de l’industrie assistent. »

Comment rester concurrentiel?

Il s’agit notamment d’investir dans la recherche et le développement (R&D), la formation et la fabrication de produits à forte valeur ajoutée et de niche, diront les deux spécialistes. Par exemple, des bandes d’étanchéité pour les fenêtres résidentielles et les égouts, ainsi que des câbles électriques spéciaux à haute tension, peut-on lire dans le rapport de planification stratégique 2010-2013 du Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec (CSMO caoutchouc). D’ailleurs, avec sa main-d’oeuvre qualifiée déjà en place, l’Estrie pourrait attirer des fabricants de composantes pour ces marchés de niche.

« Je connais plusieurs dirigeants d’entreprise qui font aussi partie des forces du milieu. Ils sont visionnaires et remplis d’initiatives, ce qui leur permet de demeurer maîtres dans leurs domaines respectifs », conclut M. Arseneault.

LIENS INTERNET

  1. http://www.ic.gc.ca/eic/site/rubber-caoutchouc.nsf/fra/accueil
  2. http://oee.rncan.gc.ca/industriel/peeic/10024
  3. www.caoutchouc.qc.ca

SOURCES:

Rapports annuels 2010 et 2011 du Programme d’économie d’énergie dans l’industrie canadienne (PEEIC)
Ressources naturelles Canada.
Rapport de planification stratégique 2010-2013
Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec (CSMO caoutchouc).

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