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Une nouvelle étude révèle les conséquences qu’aura l’intelligence artificielle sur l’emploi

Quelles seront les répercussions de l’automatisation des procédés industriels sur les emplois au Québec? Une nouvelle étude portant sur les effets à prévoir de l’intelligence artificielle sur les emplois en chimie offre quelques pistes de réponse. Toutefois, les experts ne sont pas tous du même avis.

CoeffiScience, le comité sectoriel de main-d’œuvre de la chimie, de la pétrochimie, du raffinage et du gaz, dévoile les résultats d’une enquête réalisée par MCE Conseils. À partir d’une démarche économétrique combinée à une série d’entrevues en profondeur, l’étude des conséquences de l’automatisation sur la main-d’œuvre établit des prévisions en matière d’emploi si le secteur devait faire face à un investissement marqué en équipements et technologies de fabrication avancées.

Le document prévoit notamment les faits suivants :

  • Une vague d’investissements en nouvelles technologies pourrait se traduire par une perte de près de 4 200 emplois au cours des cinq prochaines années.
  • Chaque million de dollars investi en automatisation supprimera 2,36 emplois en production.
  • Les entreprises ayant adopté un mode de production par lot sont les plus susceptibles d’être ébranlées : environ 50 % de leurs emplois risquent de disparaître. À l’inverse, les secteurs ayant adopté la production continue ne seront que peu touchés par la vague d’automatisation.
  • Malgré l’automatisation, une reprise de l’emploi en 2025 pourrait entraîner l’embauche de 1 000 personnes de plus d’ici 2030.

On remarque donc une forte diminution des emplois liés à l’administration et au support dans toutes les entreprises ainsi qu’une baisse de l’emploi pour les travailleurs de production par lot et par lot hybride. Par contre, au fur et à mesure où les technologies 4.0 seront déployées dans ces usines, on devrait assister à une création de postes dans les fonctions de maintenance et d’entretien.

Pour CoeffiScience, ces conclusions constituent de bonnes pistes pour cibler d’éventuelles actions à entreprendre.

« Pour aider les entreprises et les travailleurs du secteur à surmonter ce qui sera certes un défi, il nous faut des données, et cette étude en est riche », affirme Guillaume Legendre, directeur général de l’organisme. « Ce n’est toutefois qu’une première étape. Il faudra poursuivre la réflexion en intégrant d’autres facteurs, comme la rareté de la main-d’œuvre, à l’analyse des conséquences que l’automatisation pourrait avoir dans l’industrie. »

Pour en savoir davantage et découvrir la relation complexe liant l’intelligence artificielle, la production et l’emploi, consultez l’étude complète ici.

Du côté de l’Institut économique de Montréal (IDEM), on affirme qu’il ne faut pas craindre l’intelligence artificielle, au contraire: « L’IA permettra aux travailleurs moins expérimentés ou moins qualifiés d’être plus productifs plus rapidement, plutôt que de devoir acquérir des compétences et des connaissances coûteuses pendant de nombreuses années », explique Gaël Campan, chercheur associé senior à l’IEDM. « On parle ici de meilleures perspectives d’emploi, et ceux-ci seront mieux rémunérés, moins dangereux et plus valorisants. »

Selon les prévisions du Forum économique mondial, les changements structurels que l’IA et les technologies apporteront au marché du travail créeront 58 millions d’emplois nets à travers le monde d’ici 2022. D’ailleurs, les pionniers actuels de la robotisation que sont la Corée du Sud, le Japon ou encore l’Allemagne profitent de bas taux de chômage.

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