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L’industrie prévoit des percées majeures d’ici 2020

Troisième plaque tournante de l’industrie aérospatiale au monde après Toulouse et Seattle, Montréal doit encore travailler très fort pour demeurer concurrentielle et gagner des parts de marché. L’automatisation, la robotique et l’optique-photonique sont des enjeux cruciaux à développer au cours des prochaines années. Malgré tout, Aéro Montréal et de nombreux joueurs de l’industrie se disent très confiants de réaliser d’importantes percées d’ici 2020.

Et de quelle façon ? En réorganisant le schéma des ressources humaines et de la chaîne d’approvisionnement, en développant la fabrication additive et en créant des partenariats majeurs. Voilà autant de sujets qui ont été discutés au cours du dernier sommet sur l’aéronautique en avril dernier à Montréal.

Budget provincial

En recherche et développement, le dernier budget 2015-2016 du ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit de verser 40 M$ sur quatre ans dans le projet mobilisateur de l’avion écologique SA2GE, qui a très bien été accueilli dans le milieu. L’industrie investira un montant équivalent portant ainsi la somme totale à 80 millions de dollars dans SA2GE – phase 2.

« Cet investissement permettra à notre industrie de maintenir son leadership et de solidifier l’actuelle collaboration entre les grandes entreprises, PME, centres de recherche et institutions d’enseignement. Dans la foulée des succès de la première phase, c’est avec enthousiasme que nous abordons la deuxième phase », indique Maria Della Posta, présidente du conseil d’administration d’Aéro Montréal.

« Seules les sociétés les plus agiles survivront » -Jean Séguin, président, Bombardier Aérostructures et Services d’ingénierie.

Selon Aéro Montréal, la phase de démonstration des technologies est une étape cruciale qui permet de valider des concepts prometteurs et des prototypes dans des environnements fonctionnels, plus près de leur application potentielle. Cette étape concrétise le précieux transfert technologique vers la commercialisation de produits innovants qui créeront de la richesse pour le Québec.

« Avec SA2GE, l’industrie aérospatiale québécoise poursuit sa mission de jeter les bases de l’avion du futur et de réaliser des gains environnementaux importants.  De plus,  ce projet mobilisateur contribuera à renforcer la position compétitive des donneurs d’ordres et amènera les PME et les équipementiers à être plus performants sur les nouvelles plateformes de développement », explique Fassi Kafyeke, président du conseil d’administration du Regroupement pour le développement de l’avion plus écologique SA2GE.

Toutefois, il y a une ombre au tableau. Il s’agit du crédit d’impôt accordé par Québec pour la recherche et le développement. Ce crédit a été réduit de 17,5 % à 14 % l’an dernier et rien n’a été changé dans le dernier budget.

« Certes, nous sommes déçus, nous comprenons que le gouvernement est en mode équilibre de ses finances et nous espérons que le gouvernement modifie sa politique », raconte Suzanne Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal.

À son avis, Québec rectifiera plus tard le tir puisque les crédits sont nécessaires pour l’attraction et la rétention des investissements de même que le développement des entreprises.

Pourquoi investir à Montréal ?

© Bernard Gauthier.  Suzanne Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal

© Bernard Gauthier.
Suzanne Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal

L’entente de libre-échange avec la Corée du Sud et l’entente de principe avec l’Union Européenne sont deux incitatifs économiques majeurs pour le développement de l’industrie aéronautique.

L’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALÉNA) est un troisième incitatif. Selon Aéro Montréal, les PME doivent se démarquer de la concurrence grandissante en rehaussant la performance de leur chaîne d’approvisionnement. Et ces PME ont les outils nécessaires pour mener à terme leurs réalisations.

Dans la grande région de Montréal, quelque 44 000 employés travaillent directement dans l’industrie aéronautique. Aéro Montréal évalue à 12 G$ le chiffre d’affaires annuel généré dans l’industrie, dont 80 % de la production est exportée à l’étranger.

« Notre objectif est d’accompagner les entreprises, et plus particulièrement les PME, dans le développement de nouveaux marchés et de les outiller pour qu’elles puissent poursuivre leur croissance », ajoute Suzanne Benoît.

Main-d’œuvre

Bien que la main-d’œuvre soit de plus en plus vieillissante et sur le point de prendre sa retraite, la relève de demain est assurée. C’est du moins les commentaires de Kevin Smith, vice-président, ressources humaines et communications, Pratt & Whitney.

© Bernard Gauthier.  Kevin Smith, vice président, ressources humaines et communications, Pratt & Whitney

© Bernard Gauthier.
Kevin Smith, vice président, ressources
humaines et communications, Pratt & Whitney

« La nouvelle technologie est à nos portes, cela va changer la façon de travailler de nos employés. La bonne coordination entre les institutions scolaires, les fournisseurs et les grands donneurs d’ordre est vitale pour assurer une excellente communication du savoir-faire et des compétences entre chacun. »

L’industrie aérospatiale forme chaque année plus de 5 000 nouveaux diplômés à l’intérieur de 11 établissements universitaires. Il existe également de nombreuses formations techniques et professionnelles et une maîtrise interuniversitaire en génie aérospatial pour permettre d’assurer une relève adéquate dans l’industrie.

« Aujourd’hui, pour être concurrentielles, les entreprises doivent être flexibles et souples afin de répondre aux besoins des clients. Seules les sociétés les plus agiles survivront », précise Jean Séguin, président, Bombardier Aérostructures et Services d’ingénierie.

Champ de compétences

Les quelque 200 entreprises de l’industrie aérospatiale ont développé plusieurs champs de compétence dont certains sont recherchés à l’échelle mondiale. Des exemples ?

  • conception de structures et pièces de structures d’aéronefs, de moteurs, de trains d’atterrissage, d’avionique, de simulateurs et d’intérieurs d’avions d’affaires ;
  • services spécialisés en ingénierie de conception ou de fabrication, des services de qualification et certification, de gestion de projets et de conception de manuels techniques.

Investissements

Selon la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, l’industrie aéronautique investit 1 milliard G$ annuellement en recherche et développement. De son côté, le gouvernement du Québec a annoncé l’octroi d’un montant de 40 M$ sur quatre ans pour la phase 2 du projet de l’avion écologique.

Ce projet, qui a pris naissance en janvier 2014, regroupe 300 PME et devrait donner des résultats prometteurs au cours des prochaines années. Bombardier, Pratt & Whitney, Bell Helicopter et Héroux-Devtek vont investir 40 M$ dans le projet de l’avion vert.

Issu de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, le projet porte à la fois sur une nouvelle génération de compresseurs, qui consommeront moins d’énergie, sur le poste de pilotage, le fuselage en matériaux composites et le train d’atterrissage.

Saviez-vous que?

  • Aéro Montréal évalue à 12 G$ le chiffre d’affaires annuel généré dans l’industrie?
  • l’industrie aérospatiale forme chaque année plus de 5 000 nouveaux diplômés à l’intérieur de 11 établissements universitaires?

 

Liens Internet: 

  1. Bombardier Aéronautique
  2. Pratt & Whitney
  3. Aéro Montréal
  4. Bell Helicopter
  5. Héroux Devtek

Liens vidéos:

  1. Aéro Montréal
  2. Montréal, troisième ville aéronautique du monde

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