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L’univers du logiciel informatique : une industrie sur son petit nuage

En 2012, l’infonuagique, l’analytique et les données volumineuses auraient contribué à la production de revenus de l’ordre de 342,6 G$ US au sein du marché mondial des logiciels commerciaux. C’est ce que soulignait Jean-François Ferland dans un article qu’il publiait, à la fin avril, dans le magazine québécois Direction informatique.

En fait, le rédacteur en chef dudit magazine puisait les données à même les statistiques de la firme américaine de recherche et d’analyse International Data Corporation (IDC).

Maintenant, quels sont les logiciels qui ont la cote, tous domaines confondus ? C’est l’infonuagique (ou les solutions d’informatique en nuage), le fameux cloud en bon français…

Toujours selon la même source, la croissance rapide des solutions d’informatique en nuage aurait alimenté celle des créneaux d’applications associés aux affaires sociales et à l’expérience client.

IDC estime d’ailleurs que le marché nord-américain des logiciels commerciaux aurait produit des revenus de plus de 160 G$ US en 2012, soit 5,9 % de plus qu’en 2011. Sur le plan international, les revenus mondiaux de vente de logiciels commerciaux auraient progressé de 3,6 G$ au cours de 2012.

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M. Jacquelin Paré, vice-président exécutif et directeur général de Technidata Canada, une filiale de la société française Technidata SAS, sise à Montréal. Crédit photo: Valérie R.Carbonneau

À vrai dire, les différentes industries auteures de logiciels informatiques n’ont d’autre choix que de performer dans le développement constant et rapide de produits pour rester dans la mire de leurs clients. C’est l’avis de Jacquelin Paré, vice-président exécutif et directeur général de Technidata Canada, une entreprise qui œuvre dans le milieu du logiciel médical et qui est au fait des dernières tendances dans son créneau.

Sise à Montréal, cette filiale de la société française Technidata SAS, qui développe tous ses logiciels en France et aux Philippines, est responsable du développement des affaires et de l’implantation des solutions dans le domaine de la gestion de laboratoires d’hôpitaux.

Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), l’Hôpital Charles-LeMoyne, l’Hôpital de Saint-Eustache et l’Hôpital Pierre-Le Gardeur figurent parmi ses 47 clients au Québec (sur 70 quand l’on compte l’ensemble de la clientèle au Canada et aux États-Unis).

Les clients de Technidata recherchent des logiciels disponibles sur le Web. « On doit pouvoir y accéder via un navigateur conventionnel », explique l’homme de la situation. Cependant, le défi de l’entreprise réside en ce que l’information des clients, des données « patients » confidentielles en fait, ne peut être stockée dans un environnement accessible à tous.

Impossible, donc, de travailler dans l’environnement cloud. Ainsi, les logiciels informatiques sont toujours très adaptés aux besoins de chacun.

La majorité de nos clients recourent à des bases de données Oracle  –  entreprise pour laquelle Jacquelin Paré a d’ailleurs été directeur des ventes du secteur santé pendant plus de dix ans – ou SQL server de Microsoft en ce qui concerne le LGBD, tandis que du côté des serveurs d’application, la plupart travaille désormais en mode virtualisation VMOR, pour emprunter le jargon de l’industrie.

« Dans le domaine de la santé, les données doivent avoir été créées dans l’hôpital même et, légalement, elles ne peuvent se retrouver au-delà des murs de l’établissement, précise-t-il. Notre enjeu principal, c’est que plutôt que d’avoir un seul gros serveur à travers le monde qui génère plusieurs systèmes, on en a 70. Alors, en termes de coûts en R&D, en implantation, en soutien à la clientèle et maintenance, tout est multiplié proportionnellement au nombre de clients. Le cloud serait bien entendu une solution fantastique, si seulement c’était possible… »

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Comme le domaine médical est très réglementé, les logiciels développés chez Technidata et ses concurrents experts doivent notamment être approuvés par Santé Canada et la Food and Drug Administration (FDA), aux États-Unis.

« Donc, dès que survient une problématique qui touche une donnée d’un patient pouvant avoir une incidence sur la santé de celui-ci, nous sommes contraints de le déclarer », note M. Paré.

Une tendance qui devrait se maintenir

Bien que Technidata s’inscrive parmi les cinq grands joueurs au monde dans son industrie, l’expertise de l’entreprise baigne dans un environnement technologique très fermé en vertu de la confidentialité des données.

Or, bien que cette contrainte empêche ce type d’entreprises de suivre la tendance et de se lancer dans le cloud, par exemple, la demande reste croissante en raison du besoin réitéré des produits de niche. Malgré les limites imposées, les entreprises peuvent donc continuer d’innover.

« Nos clients gagnent en efficacité; on sort de nouveaux produits chaque année et leur évolution fait en sorte qu’ils économisent sur les opérations et sur l’exploitation de la donnée. Grâce à la mise en place des comités utilisateurs, nos clients participent à la définition des besoins et à l’orientation des produits. Résultat : la rétroaction par rapport à la qualité des produits est très positive. »

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