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Emballage / Crédit photo : Nataliya Hora / Shutterstock

Emballage : les géants imposent les règles

Si une industrie peut souffrir du qualificatif non-environnemental, c’est bien celle de l’emballage. Les temps changent cependant et de plus en plus, elle entame un tournant vert. Tendance imposée par les demandes des consommateurs et aussi des géants comme WalMart.

L’industrie de l’emballage au Québec : ce sont des milliers d’emplois, une concurrence féroce entre des PME et de grandes entreprises comme Alcan et Cascades, le tout doté d’un dynamisme certain. Elles sont présentes à toutes les étapes de création d’un emballage. « C’est un secteur industriel qui est de façon générale en bonne santé », souligne Denis Darche, président de la section québécoise de l’Association canadienne de l’emballage (ACE).

De la production de la matière première (carton, papier, aluminium), aux produits finis, à l’impression et à la livraison. Là où le consommateur ne voit que l’emballage et le gaspillage qui en résulte, la réalité est tout autre, car si autant d’entreprises se partagent ce marché c’est parce que l’emballage répond à plusieurs besoins.

« L’emballage protège ce qu’il vend et vend ce qu’il protège. Il garantit la santé et la sécurité des consommateurs. Sans l’emballage, plus d’un tiers des aliments seraient gaspillés ou perdus. Il constitue un support d’information et de communication », mentionne Islem Yezza, directeur technique Cascades groupe produits spécialisés.

L’influence WalMart et de nouvelles lois

Le problème avec l’emballage c’est qu’il retrouve trop souvent le chemin de la poubelle lorsqu’il a terminé de remplir sa fonction. Chaque année, sur les 600 000 tonnes de déchets d’emballages, la moitié seulement est recyclée. Pour régler une partie du problème, le gouvernement du Québec a resserré les normes environnementales en mettant en place les lois 102 et 130.

Celles-ci stipulent, entre autres, que les entreprises devront désormais payer une redevance à l’élimination. « Le gouvernement force la main aux industries pour qu’elles réduisent leurs besoins en emballage », commente M. Darche. Il n’y a pas que le gouvernement qui ouvre la marche vers une réduction du suremballage des entreprises comme WalMart imposent à leurs fournisseurs un tableau de bord où est surveillé notamment l’emballage.

L’entreprise souhaite réduire d’ici 2012, 5 % de l’emballage de sa chaîne d’approvisionnement réduisant par le fait même ses coûts de transport de 11 millions de dollars.

Des solutions innovatrices

Pour répondre aux nouvelles normes, l’industrie de l’emballage n’a d’autres choix que de s’adapter. Sylvie Garcia Del Barrio, responsable marketing chez Emballages Jean Cartier spécialisé dans l’emballage d’expédition, offre carrément des tests en laboratoire afin de déterminer le choix du bon emballage et surtout la quantité nécessaire

« On peut proposer des cornières en carton qui permettent à la marchandise de rester en place ou encore du carton vaguelette. Le problème chez nombre de nos clients est que la marchandise n’est pas emballée correctement. Notre rôle est de leur proposer des façons de faire pour toujours rester performant. On peut proposer par exemple des ajustements à leurs machines d’emballage pour mieux effectuer le préétirement, car ajouter dix tours de pellicules de plastique n’est pas toujours la meilleure solution. Déterminer les risques pour la marchandise est une autre avenue. On fait des tests avec une table de vibration qui reproduit exactement les chocs que va ressentir la marchandise lors du transport. »

Ce ne sont pas les solutions innovantes qui manquent, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. « Pour transformer une industrie, cela prend beaucoup d’investissement autant dans la recherche que dans les infrastructures. On est vraiment au début », raconte M. Darche. Mais déjà, chez de nombreuses entreprises comme chez Cascades, on mise beaucoup sur l’écoconception, c’est-à-dire réduire, réutiliser et recycler.

« On privilégie la réduction à la source, on encourage la réutilisation et le recyclage et on promeut la mise au point de matériaux renouvelables. On conçoit avec moins », commente M. Yezza. Les produits de l’avenir : des boîtes à emporter, des boîtes en carton ondulé, des boîtes pliantes, des sacs compostable, des barquettes thermoformées, la bouteille verte, un mariage du carton et du plastique et ce n’est que le commencement.

Des consommateurs verts?

Si les entreprises œuvrant dans ce secteur sont sensibles à l’environnement, c’est aussi en raison des demandes des consommateurs. Sur ce point, il existe toutefois un paradoxe puisque d’un côté les consommateurs souhaitent préserver l’environnement, mais d’un autre, ils demandent de beaux emballages, individuels, facile d’usage et allant au four micro-ondes. Les compagnies ont répondu à ce besoin en concevant des sacs de plastique multicouches. Le hic, c’est que cette nouvelle technologie n’est pas recyclable.

Pour les emballages portant cette mention, cela ne veut pas dire qu’ils vont magiquement disparaître dans la nature une fois jetés. « Le mot biodégradable peut amener les consommateurs à augmenter les cas d’abandon sauvage. Au lieu d’insister sur l’aspect biodégradable, il serait préférable de promouvoir le compostage. Le consommateur est d’emblée informé de ce qu’il devra en faire à la fin de son cycle de vie, soit le destiner au compostage », raconte M. Yezza.

Ce n’est sans doute pas pour rien que M. Yezza insiste sur le fait que la promotion des plastiques compostables doit absolument s’accompagner du développement et de la généralisation d’infrastructures adéquates permettant le compostage.

SAVIEZ-VOUS QUE ?

  • Chaque année, sur les 600 000 tonnes de déchets d’emballages, la moitié seulement est recyclée?
  • C’est l’industrie alimentaire qui nécessite le plus grand besoin en emballage. Sans emballage, près du tiers des aliments seraient gaspillés ou perdus?
  • En moyenne, un emballage représente 10 % de l’impact environnemental du produit alimentaire emballé?
  • L’Association canadienne de l’emballage (ACE) compte dans ses rangs 450 compagnies membres et 1 000 membres associés répartis dans six sélections régionales?

LIENS INTERNET

  1. http://www.br-automation.com/cps/rde/xchg/br-automation_com/hs.xsl/branch_11983_FRA_HTML.htm
  2. http://www.pac.ca/index.php/pac/about_fr

LIENS YOUTUBE

  1. http://www.youtube.com/watch?v=GNnv06m7fD8

Un commentaire

  1. se document ma aider a comprendre

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