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Abitibi-Temiscamingue_Cours d’eau Lahaie

De la foresterie vers le secteur minier

L’Abitibi-Témiscamingue souffre encore de la crise forestière. Historiquement, les gens ont toujours travaillé dans le secteur du bois et des milliers d’employés ont perdu leur gagne-pain depuis ces dernières années.

Heureusement, la donne change. Des camionneurs, des opérateurs d’équipements forestiers et autres travailleurs manuels se sont dirigés vers les minières, là où la demande de main-d’œuvre est en pleine explosion.

Tandis que la foresterie et l’exploitation forestière enregistrent une baisse de 25 % de leurs activités, l’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière bondit de 13 %. « Nous avons une douzaine de mines en exploitation en Abitibi.

Les besoins sont très grands et notre principal problème réside dans l’embauche d’une main-d’œuvre qualifiée. Oui, il y a un transfert d’emplois de la foresterie vers les mines, mais à présent c’est la formation qui urge. Un travailleur de 40-50 ans peut se recycler; il n’est pas trop tard. Nous avons des programmes adaptés », expliqueFrancis Dumais, directeur général à la Société d’aide au développement de la collectivité de Val-d’Or (SADC).

L’Abitibi-Témiscamingue compte une population de 150 000 habitants avec un taux de chômage moyen de 4 %. Selon Jean-Marc Kilolo-Malambwe de la Direction des statistiques du travail et de la rémunération, la région est la deuxième au Québec à connaître le taux de croissance de l’emploi le plus élevé en 2011, après l’Estrie.

L’avenir appartient aux mines

Certes, l’Abitibi-Témiscamingue est une région minière importante au chapitre de l’investissement, de la production et du nombre d’employés. Au dernier recensement de 2011, le Service des statistiques sectorielles et du développement durable indiquait que neuf mines étaient en activité sur le territoire, dont la plupart font l’extraction d’or : Beaufor, LaRonde – une minière polymétallique – , Lapa, Canadian Malartic, Kiena, Lac Herbin, Goldex, Lamaque et Mouska. Toutefois, Goldex a dû suspendre ses opérations à l’automne dernier en raison d’un affaissement de la masse rocheuse, tandis quela mine Lamaquea cessé ses activités un an plus tard.

D’ici la fin de l’année,la mine Francoeurdevrait être mise en production etla mine Westwooden fera tout autant au début de l’année prochaine.

Dans le secteur de la municipalité d’Amos, deux autres projets miniers verront le jour bientôt. La première se situe à La Corne, à une vingtaine de kilomètres d’Amos, alors que Canada Lithium a investi quelque 200 millions de dollars pour extraire environ un million de tonnes de lithium annuellement au cours des trente prochaines années.

« Ville de services, principalement forestière avec la présence de deux scieries indépendantes, Amos et la région n’ont pas eu le choix que de se tourner vers le développement du secteur minier », indique Christiane Meunier, conseillère en développement économique au CLD Abitibi.

Christiane Meunier ajoute qu’une deuxième minière pourrait voir le jour près de Launey, le long de la route 111. « Là également, ce n’est pas très loin d’Amos, les études se poursuivent. Si tout se déroule comme prévu, ce sera une grosse mine exploitant le nickel procurant de l’emploi à quelque 300 travailleurs pendant la phase de construction. »

Parc national d’Aiguebelle / Crédit photo : ©TQ-P huard

Finalement, n’oublions pas le projet Osisko à Malartic qui a fait couler beaucoup d’encre avec le déménagement d’une quarantaine de résidences en 2011. Il s’agit d’un des plus gros projets privés nécessitant des investissements d’un milliard de dollars pour une mine d’or à ciel ouvert au Québec. Au second trimestre, la production atteignait les92 000 oncesd’or.

Rouyn voit les choses autrement

Certes, à Rouyn-Noranda, on se réjouit de l’effervescence entourant le développement minier. Toutefois, cela entraîne des conséquences difficiles à soutenir, particulièrement dans le secteur tertiaire. « Les minières attirent beaucoup de travailleurs du fait que les salaires sont plus élevés.

Par exemple, des mécaniciens, des électriciens, des plombiers et autres vont préférer laisser leur travail pour joindre les rangs d’une minière. Résultat : pénurie de main-d’œuvre dans bien des secteurs. C’est un handicap. Et lorsque le bassin d’emplois est réparti à la Baie James, au Pérou et au Burkina Faso, il y a réellement pénurie de main-d’œuvre. Ils ne sont pas ici pour répondre aux demandes normales des citoyens.

Et en tant que maire, j’ai un problème au niveau du logement parce que les promoteurs n’ont pas nécessairement la main-d’œuvre pour en construire. Nous vivons un problème de gestion de croissance », raconte le maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher.

Il y a un peu moins d’un an, l’or valait 1 800 $ l’once. Aujourd’hui, le prix est redescendu, ce qui fait dire au maire que plusieurs projets ont été retardés en raison du manque de rentabilité. « À Rouyn, nous n’avons pas d’industrie forestière, ce sont les autres MRC qui viennent gruger et pourtant nous avons un devoir de gestion de la forêt publique pour respecter des quotas de coupes de bois. »

À Rouyn-Noranda, les ressources naturelles procurent de l’emploi à 10 % d’une population de 42 000 habitants. Le taux de chômage de la municipalité est d’environ 5 %.

Plan Nord

Le projet du Plan Nord entraîne son lot d’innovations à Rouyn-Noranda. La municipalité développe actuellement une nouvelle phase dans ses parcs industriels pour permettre à des entreprises de venir s’y installer. Cette phase, dont les détails demeurent inconnus pour le moment, veut favoriser la venue de nouveaux investissements et la création de partenariats avec des entreprises du « sud ».

« Le forage et la ventilation par exemple sont des créneaux à développer pour des opérations souterraines. Les gens sont très innovateurs et nous nous dirigeons de plus en plus vers l’automatisation. Par exemple, un ouvrier pourra contrôler toutes les opérations sous terre depuis une cabine. »

Mario Provencher se dit à l’écoute des besoins. « Nous avons créé une table où les minières et les municipalités peuvent se parler entre elles et s’harmoniser dans leurs projets. Depuis un an et demi, nous travaillons sur un thème qui nous tient à cœur : l’acceptabilité sociale. Déjà, ça porte fruit et aucun geste pour nuire au développement minier n’a été posé. »

« En Abitibi-Témiscamingue, avec une production de 2,6 milliards de dollars, les industries productrices de biens représentent 46,4 % de l’économie régionale, » conclutDanielle Bilodeaude la Direction des statistiques économiques et du développement durable.

 

LIENS INTERNET

  1. http://www.sadcao.com/
  2. http://www.cldvdo.com/sites/cldvdo/fr/accueil.aspx
  3. http://www.cldrn.ca/
  4. http://www.cldao.qc.ca/
  5. http://www.lasdt.com/
  6. http://www.sadc-cae.ca/sadcvdo/

LIENS YOUTUBE

  1. http://www.youtube.com/user/explorelesmines?feature=results_main  (9 juillet 2012)
  2. http://www.youtube.com/watch?v=n78EIbobdUY  (14 septembre 2011)
  3. http://www.youtube.com/watch?v=AQGZN2P8y50  (24 avril 2012)

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