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Le projet d’une génération ?

La volonté de tirer profit des ressources du Nord-du-Québec dans une optique de développement durable, c’est le projet d’une génération.

Un projet qui vise surtout le développement du potentiel minier, énergétique (hydroélectrique, éolien, gazier et pétrolier) et forestier de la province, au nord du 49e parallèle, un territoire qui couvre près de 1,2 million de km2, soit 72 % de la superficie totale du Québec. Considéré comme l’un des plus grands chantiers de développement économique, social et environnemental de l’époque, le Nord du Québec sera aux prochaines décennies ce que le développement de la Manicouagan et de la Baie-James a été aux années 1960 et 1970.

Construire des barrages et des éoliennes, accélérer l’extraction minière et gazière, construire des routes, rénover la moitié des aéroports en opération sur le territoire, augmenter le pourcentage d’aires protégées d’ici 2015 en créant quatre nouveaux parcs, améliorer les structures des centaines de pourvoiries existantes, voilà autant d’initiatives qui entraîneront des investissements de plus de 80 G$ sur 25 ans.

« Les projets du Nord du Québec permettront d’établir un nouveau partenariat entre le secteur privé et les populations locales, les Premières Nations et les Inuits pour qu’elles s’épanouissent pleinement, explique Nicolas Bégin, responsable des relations avec les médias à la direction des communications pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Il assurera une plus grande maîtrise de nos ressources afin d’enrichir notre société et d’atteindre une plus grande autonomie énergétique. Il propose de mieux concevoir le développement durable du Nord québécois dans le respect de l’environnement et de la biodiversité. »

Quel est l’avenir économique pour le Nord-du-Québec ?

À l’ère où la plupart des périphéries de la planète subissent un nouveau front très actuel de pénétration et d’exploitation de ses bassins de ressources – surtout minières et énergétiques –, le front actuel sera bien différent des autres, précise quant à lui le professeur titulaire en économie régionale à l’Université du Québec à Chicoutimi, Marc-Urbain Proulx, en faisant référence au front du début du 20e siècle et celui de l’après-guerre (1939-1945).

« Il est difficile d’anticiper l’économie mondiale, mais considérant le niveau de consommation actuel des pays économiquement émergents et de ceux qui possèdent le potentiel d’émerger, on peut envisager trois-quatre décennies de forte demande mondiale pour les matières premières, signifiant des occasions économiques pour le Nord-du-Québec, certes, mais aussi plusieurs problèmes… »

«80 G$ sur 25 ans, c’est tout à fait réaliste. Ce sera probablement plus, mais ces dépenses en immobilisations ne profiteront pas beaucoup au Nord.» Marc-Urbain Proulx.

Côté croissance, les prochaines décennies sont prometteuses pour le Nord et le PIB du Québec, poursuit-il. « En matière de développement réel du Nord, il faut bien comprendre à l’avance comment l’exploitation se fera et infléchir certaines tendances pour mieux maîtriser la “rente nordique” tout en évitant les catastrophes environnementales et sociales. »

Maintenant, est-ce que les communautés locales pourront s’épanouir ? Peut-être, répond M. Proulx. « Mais, selon les conditions qui se dessinent actuellement dans l’exploitation du Nord, peu de collectivités nordiques en profiteront vraiment. Pourtant, elles en ont clairement besoin. Il faut alors que Québec se préoccupe directement de cet enjeu. Ainsi, il faudrait que les collectivités locales et régionales du Nord se mobilisent sur cet enjeu global en regard de la maximisation des retombées de l’exploitation du Nord. »

Outre les préoccupations de développement économique voire industriel, on pense à la question du peuple autochtone et des enjeux environnementaux, entre autres. Grâce à ses deux pistes d’atterrissage, Kuujjuaq s’avère la plaque tournante du transport au Nunavik. Le village se trouve sur la rive ouest de la rivière Koksoak, à environ 50 km en amont de la baie d’Ungava. La vie quotidienne des habitants est d’ailleurs étroitement liée à cette importante rivière.

Qu’en est-il de Kuujjuaq?

Le premier plan d’action quinquennal de Québec prévoit différentes initiatives pour les Inuits du Nunavik, telles que la réduction du coût de la vie, principalement les coûts liés à l’alimentation et au transport, ajoute, Nicolas Bégin.

Créer un fonds de développement coopératif du Nunavik; offrir des possibilités de cheminements scolaires adaptés aux élèves; réaliser le projet « Nunavik Sivuniksavut » pour développer le sentiment d’identité chez les jeunes Inuits; construire 300 logements sociaux; mettre en œuvre un nouveau programme favorisant l’accession à la propriété résidentielle (200 unités); poursuivre la rénovation du parc de logements sociaux (482 logements); instaurer l’infrastructure et la structure nécessaires pour permettre la création d’un véritable réseau de télésanté; mettre en place un projet pilote de couplage éolien-diesel pour alimenter un réseau isolé d’une communauté; évaluer la faisabilité de la construction d’un lien terrestre (routier ou ferroviaire) de Kuujjuaq vers le sud et poursuivre le programme de réfection des aéroports nordiques…

LIENS INTERNET

www.plannord.gouv.qc.ca

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