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Les manufacturières québécoises songent à investir

Au printemps dernier, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) et le Centre de robotique et de vision industrielle (CRVI) ont mené conjointement une étude sur les besoins en automatisation auprès de 501 entreprises manufacturières québécoises et ce, tous secteurs confondus.

Les résultats, publiés au début septembre, révèlent notamment un retard considérable des PME en matière d’automatisation. C’est du moins ce que nous a confié Monsieur Luc Vanden-Abeele, spécialiste en automatisation à la direction des équipements industriels et de la productivité du CRIQ. « Si nous comparons la ratio per capita des entreprises québécoises à celles du Japon par exemple, nos PME sont nettement en retard », a-t-il notamment précisé.

Plus encore, notre spécialiste a identifié les principales problématiques des manufacturières québécoises qui pousseraient celles-ci à investir en automatisation. « Les besoins en automatisation ou en robotique sont principalement générés par des problématiques reliés à la main-d’œuvre : productivité, disponibilité de la main-d’œuvre, les tâches répétitives et l’amélioration de la qualité en constituent les plus importantes. C’est du moins ce qui ressort de notre sondage. Fait étonnant à noter toutefois : 23 % des entreprises sondées ont reconnu ne rencontrer aucune problématique dans ce domaine. »

Technologies à surveiller

Parmi les innombrables technologies d’automatisation qui existent, la robotique et la vision industrielle viennent en tête de liste quand on pense aux applications automatisées qui auront la cote dans un avenir rapproché.

« Déjà, des industries connexes de l’automobile et du meuble utilisent la robotique dans leur processus de fabrication, que ce soit pour l’acheminement des matières premières vers la chaîne de montage ou encore dans la fabrication proprement dite. Mais des secteurs comme l’alimentation par exemple auront tout intérêt à automatiser davantage leurs opérations si elles veulent demeurer compétitives », poursuit Luc Vanden-Abeele. Dans ce contexte, la vision industrielle pourrait compléter les efforts d’automatisation de bon nombre d’entreprises.

Un retard considérable

Autre élément significatif qui émane de l’enquête menée par les deux organismes souligne l’ampleur du retard qu’accusent les industries québécoises en matière d’automatisation.

En effet, à peine 3 % des entreprises sondées ont recours à des opérations robotisées à plus de 50 %, alors que 22 % d’entre elles reposent sur une robotisation entre 1 et 25 % et que  seulement 5 % des entreprises détiennent une technologie automatisée de 26 à 49 %.

Si on fait rapidement le calcul, on découvre que 70 % des entreprises manufacturières québécoises n’utilisent aucune forme d’automatisation, préférant encore le travail manuel. Les manufacturiers de technologies d’automatisation peuvent donc prévoir un avenir meilleur au cours des prochaines années.

Intentions d’investissement

Toujours selon l’étude menée, il semblerait qu’il y ait un grand pas à franchir pour les entreprises entre le fait de reconnaître une faible utilisation de l’automatisation dans ses opérations et investir en équipements. En effet, moins de 20 % des entreprises sondées oeuvrant dans des domaines tels l’usinage, la manutention et l’assemblage, songent à procéder à des investissements en automatisation à court terme.

Pour d’autres activités comme le soudage, la peinture et la palettisation, on ne franchit pas la barre des 10 %. Malgré ces données, un bon travail d’argumentation des fabricants d’équipements pourrait faire en sorte que le portrait s’avérerait nettement plus positif à moyen et long termes. Reste encore à savoir si les PME en sentiront le besoin.

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