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Le Plan Nord présente plusieurs risques

Ce qui fait la fierté du gouvernement Charest avec son Plan Nord ne signifie pas pour autant que le projet se fasse sans risques. C’est du moins la conclusion à laquelle en arrive la firme Ernst & Young.

Dans l’édition 2011-2012 de son rapport Business risks facing mining and metals, dix risques sont notés auxquels les sociétés minières à l’échelle mondiale font face. Et le Québec n’y échappe pas. Parmi les grands défis à relever, trois d’entre eux retiennent l’attention, selon un porte-parole chez Ernst & Young, Zahid Fazal. Il s’agit du nationalisme en matière de ressources, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et l’accès aux infrastructures.

« Bien que le nationalisme en matière de ressources soit le principal risque à l’échelle mondiale, l’accès aux infrastructures représente souvent un défi encore plus important à surmonter, particulièrement dans le Nord du Québec, où il reste encore à établir l’accès à l’électricité, au transport ferroviaire, au service Internet à haute vitesse et à la téléphonie cellulaire. Les investissements stratégiques considérables que prévoit le Plan Nord sont déterminants pour le succès de celui-ci et pour l’avenir de la région. »

Main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée est un problème crucial qui remonte à des décennies. Grâce à des investissements de 80 millions de dollars sur cinq ans, Ernst & Young croit fermement que cette formule permettra d’accroître les efforts de recrutement ainsi que de financer des programmes et des centres de formation.

Nationalisme en matière de ressources, pénurie de main d’œuvre qualifiée et accès aux infrastructures sont les principaux défis à relever.

« Ces investissements contribueront à atténuer le risque de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, ce qui favorisera une diminution des coûts, une augmentation de la productivité et une accélération de la croissance à long terme, » ajoute Zahid Fazal.

Infrastructures

Un deuxième volet fort important est celui des infrastructures. Le défi est de taille sur un terrain de plus d’un million de pieds carrés. C’est l’équivalent de 72 % de toute la superficie du Québec. Pour Ernst & Young, il ne fait aucun doute que les sociétés minières du Québec doivent établir la priorité sur le problème d’accès aux infrastructures.

« Grâce au Plan Nord, le Québec pourrait devenir plus concurrentiel sur la scène mondiale. Or, comme pour tout projet minier, il est essentiel que des infrastructures adéquates soient en place. La planification et le financement de ces infrastructures étant des processus complexes, il faudra que l’industrie minière collabore avec les organismes publics », soutient pour sa part Daniel Roth, spécialiste en infrastructures.

Autres risques

Dans son rapport annuel, Ernst & Young relève d’autres risques avec lesquels doivent conjuguer les entreprises minières à travers le monde. Il s’agit du maintien d’une condition d’acceptabilité sociale des projets miniers, de   l’exécution des projets d’immobilisations, de l’instabilité des prix et des cours de change, de l’affectation des capitaux, de la gestion des coûts, des interruptions dans l’approvisionnement et de la fraude et corruption.

En conclusion, Ernst & Young estime que le Plan Nord représente beaucoup de possibilités. « Globalement, tandis que les sociétés minières doivent composer avec une conjoncture économique toujours difficile, le Plan Nord leur offre une vision et un soutien politique à long terme. »

Une ombre au tableau : le projet de loi 14 sur la mise en valeur des ressources minérales. Décrié à la fois par les environnementalistes et l’industrie minière, Ernst & Young  souligne que le maintien d’une condition d’acceptabilité sociale des projets miniers représente un risque important pour l’industrie minière du Québec.

« Avec le projet de loi 14, il convient de faire preuve de vigilance face à ce risque, qui figure au quatrième rang du palmarès mondial des principaux risques de cette année. »

 

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