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De compétiteurs d’hier à collaborateurs de demain

Des entreprises qui se partagent un plan de marketing, des parcs de machines et même des contrats, c’est le pari qu’a réussi à réaliser le créneau meuble dans Lanaudière. Des réalisations importantes surtout lorsqu’on sait que par le passé ces entreprises avaient peine à se parler.

« C’est important de se regrouper pour attaquer le marché étranger. Notre compétiteur ce n’est pas notre voisin, mais le monde entier », raconte Marco Leblanc, président de la Corporation des créneaux d’excellence de Lanaudière et président d’Atelier nouveau décor. Et le monde entier se raffine et devient un compétiteur de plus en plus féroce. En effet, s’il y a peu de temps encore un consommateur, qui achetait un meuble en provenance de Chine, pouvait s’attendre à un produit de qualité moindre, force est de constater que ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui.

Cependant, les entreprises de ces pays émergents ne sont pas encore des spécialistes du design et n’offrent pas beaucoup de flexibilité. C’est là d’ailleurs que les entrepreneurs de Lanaudière tirent leur épingle du jeu, puisqu’ils sont innovants et travaillent dans des secteurs de niche. « Le design est un élément essentiel et c’est là-dessus que nous orientons nos actions, mais déjà les gens sont très créatifs », souligne Julie Cloutier, directrice du créneau meuble, 2e et 3e transformation. Dans le but de conserver ce dynamisme, M. Leblanc souhaite bien d’ailleurs attirer dans le secteur du meuble, les étudiants qui sortiront du tout nouveau programme de formation de design industriel du Cégep de Terrebonne.

La vitalité du secteur du meuble dans Lanaudière ne fait aucun doute, toutefois, la grosseur des entreprises est un obstacle à l’émergence de ce créneau.

En effet, sur près de 150 compagnies qui œuvrent, surtout dans l’ébénisterie architecturale, dans les armoires de cuisine et les meubles commerciaux, institutionnels et résidentiels, seule une vingtaine d’entre elles comptent plus de 20 employés et une seule embauche plus de 250 travailleurs. « Les entreprises sont petites, elles n’ont pas nécessairement d’argent pour faire de la promotion et se faire voir. Les propriétaires manquent également de temps pour analyser tout ce qui se passe dans le marché », souligne Mme Cloutier.

La mise en place du créneau meuble est donc un bon moyen de pallier à ces lacunes que ce soit grâce : aux formations, aux prêts de machinerie, au bulletin d’information acheminé aux membres qui donne de l’information à jour au sujet de l’industrie et à la tenue de différentes activités comme un colloque. Mais peu importe les actions, le point le plus notable de ce rassemblement d’industriels est sans contredit les liens qu’il permet de créer.

« Ce n’était pas dans la nature de nos entreprises de se parler. On n’aurait jamais vu ça deux entreprises faire un plan de marketing ensemble. Maintenant, c’est possible. C’est important de se regrouper, car de cette façon nous sommes en meilleure position pour négocier de gros contrats. Nous pouvons, par exemple, faire une mission économique à New York et aller voir des propriétaires d’hôtels pour leur offrir un plus grand nombre de produits », mentionne M. Leblanc.

Le défi à venir : le recrutement de la main-d’œuvre

La crise économique a évidemment frappé cette industrie à différents niveaux. Depuis le début de l’année cependant une relative reprise se fait sentir, mais M. Leblanc souligne que celle-ci demeure fragile. Toutefois, lorsque la roue économique repartira de plus belle, les industriels craignent de se retrouver avec un problème de recrutement de main-d’œuvre.

« Les entreprises qui sont plus en milieu rural ont de la difficulté à se trouver du personnel d’expérience parce qu’elles sont loin des centres de formation. Elles doivent souvent former leurs travailleurs à l’interne, et ça, même si ceux-ci sortent tout juste de l’école. C’est que souvent, l’employé n’est pas outillé pour travailler en équipe et à la chaîne », mentionne Mme Cloutier.

Dans le but de trouver des solutions à ce problème, les responsables du créneau effectueront un sondage auprès des industriels. À partir des résultats de l’enquête, un projet sera mis en marche, mais il est trop tôt en ce moment pour déterminer la forme que celui-ci prendra. Mais déjà, il est possible pour les membres du créneau d’améliorer les compétences professionnelles de leurs employés en utilisant les services d’une mutuelle de formation créée en Estrie. « Nous ne fonctionnons pas en vase clos, le créneau est actif à l’interrégional. L’utilisation de la mutuelle dans notre région est en devenir, car la formation c’est le nerf de la guerre », commente M. Leblanc.

Être toujours à l’avant

Selon M. Leblanc, les entreprises de la région ont de l’avenir, mais pour cela, elles se doivent de se retrouver au-devant des autres. Il faut éviter à tout prix qu’elles fassent du surplace. Le créneau est donc une manière d’attirer ces hommes et ces femmes d’affaires en dehors de leur usine, ce qui leur permet d’avoir une vue d’ensemble de leur secteur et de trouver des idées pour régler certains problèmes qui peuvent survenir. « Quand tu as un problème, tu ne vois pas la solution, surtout si tu as le nez collé dessus. Il faut du recul. »

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