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Une industrie qui maintient le cap

À Québec comme partout ailleurs dans la province, l’industrie chimique maintient globalement son rythme de croisière. Si l’avenir est incertain pour des secteurs comme la pétrochimie ou le raffinage, d’autres sous-secteurs tels que les savons et produits de toilettes ou encore les saveurs et fragrances s’en tirent à meilleur compte grâce à cet esprit de compétitivité qui fait la force des entreprises québécoises.

Pénurie de main-d’œuvre

Mais la problématique demeure toujours le manque de main-d’œuvre dans un domaine très spécialisé qui exige un transfert de connaissance entre les générations de travailleurs. De plus, l’industrie chimique n’a pas une bonne image à l’heure où l’on parle davantage d’environnement. « Pourtant, c’est une industrie qui s’est prise en main au niveau environnemental ces dernières années avec des réglementations très strictes », soutient Danielle Dunn, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage (Coeffiscience). Dans les années à venir (et le comité sectoriel y travaille déjà !), l’industrie devra obligatoirement redorer son image et devenir plus attirant par la promotion dans les écoles d’une industrie propre qui pense aux générations futures en s’impliquant dans les bonnes pratiques de fabrication et l’environnement.

Les entreprises face à la crise

La compétitivité de Québec fait toute la différence dans l’industrie des produits chimiques au Québec

La crise financière n’a pas épargné les entreprises de ce secteur qui exportent beaucoup aux États-Unis ou ailleurs, mais globalement, l’industrie se maintient à un bon niveau de rendement, en terme d’emploi également, tout en offrant un potentiel réel de développement, indique Danielle Dunn. Comparée à l’Ontario qui représente la moitié de l’industrie chimique canadienne, l’industrie québécoise tire mieux son épingle du jeu dans ce contexte économique difficile. Les revenus ont davantage augmenté et la main-d’œuvre a moins diminué. Les revenus de l’industrie chimique au Québec affiche un taux positif de 8,7 alors qu’il est de 3.4 en Ontario. « C’est la compétitivité de Québec qui fait toute la différence », estime Mme Dunn. Pour poursuivre leur croissance, les entreprises doivent cependant miser sur la recherche et le développement pour être à l’avant-garde et donner à leurs produits une valeur ajoutée sans négliger l’aspect environnemental. Un gros défi !

Sous-secteurs en croissance

Dans cette industrie qui couvre un large éventail de secteurs allant de la fabrication de pesticides à la fabrication de peintures ou d’abrasifs, deux sous- secteurs sont nettement en croissance depuis 2002 : les savons, détachants et produits de toilettes ainsi que les peintures, revêtements et adhésifs. Cependant, ce dernier secteur qui a connu beaucoup de concentration d’entreprises est en structuration à l’heure actuelle. Un autre sous-secteur également se porte bien : les saveurs et fragrances.

Laboratoire nature inc

C’est le cas de Laboratoire nature Inc, une petite entreprise familiale installée à Québec depuis 1976, qui fabrique des produits capillaires et soins de la peau professionnels pour résoudre des problèmes très spécifiques comme le psoriasis, les pellicules, les chutes de cheveux. Des produits naturels qui sont exclusivement distribués dans les salons de coiffure et cliniques spécialisées. « Au début, l’entreprise n’avait pas la structure pour développer une gamme de produits répondant aux exigences actuelles. Nous avons fait une restructuration en 1992 pour mettre sur le marché des produits biodégradables et entièrement naturels. Même nos bouteilles sont recyclables. Si nous sommes encore là aujourd’hui, c’est grâce à cette politique environnementale », reconnaît Guillaume Rosa, le président de l’entreprise.

Laboratoire nature inc n’a pas à faire face à une grosse concurrence puisque l’entreprise n’exporte pas encore à l’étranger. Un marché qu’elle n’exclut pas de son plan d’affaires dans l’avenir.

« Nous avons des projets de distribution au Canada à court terme, mais, dans un premier temps, on veut d’abord se concentrer sur le marché québécois pour consolider notre réseau. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de vendre des produits, mais on doit aussi donner une formation au client puisqu’il s’agit de soins spécifiques. Le suivi est très strict. », explique M. Rosa.

Pour l’heure, l’entreprise mise sur la recherche et le développement ainsi que l’agrandissement du laboratoire.

Quant à la crise financière, elle n’a pas eu vraiment d’impact sur le développement de la compagnie qui affiche même une belle croissance depuis quatre ans. « Cela s’explique parce que les salons de coiffure et cliniques auront toujours besoin de nos produits pour répondre aux exigences de leurs clients », constate Guillaume Rosa.

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