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Les saisons financières

Juste une semaine avant Noël, je recevais mon nouveau catalogue de semences pour l’été 2010. Alors qu’une petite poudrerie balayait la cour arrière et que le mercure indiquait moins 15, je commençai à feuilleter le document en préparation pour ma prochaine saison de jardinage.

Pour quelqu’un qui ne connaîtrait rien au jardinage, la situation aurait pu paraître absurde, mais le jardinier, même amateur comme moi, sait qu’il faut planifier de longue date pour récolter quand vient le temps.

La section des tomates est celle qui attire d’habitude mon attention : j’aime cultiver les tomates; c’est un fruit délicieux et il en existe une multitude de variétés autant dans la forme que dans le goût et surtout dans leurs exigences de culture. Certaines variétés vont prendre jusqu’à un mois de plus qu’une autre pour parvenir à maturité.

Mais ce qui rend les tomates intéressantes, c’est qu’il faut penser à les semer presque en plein milieux de l’hiver alors que les tempêtes de neige font encore rage et que les températures continueront de se maintenir sous zéro pour une bonne période de temps encore.

Chaque fois que le jardinier prépare ses semis au mois de février, il doit d’abord croire que la neige va fondre, que les températures vont augmenter suffisamment pour permettre à ses boutures d’être transplantées à l’extérieur et que cela durera assez longtemps pour qu’il puisse en récolter des fruits; sans cette certitude, le catalogue, les semis et tout ce qui va avec serait vite oublié et envoyé au recyclage.

Vous entretenir de jardinage dans une chronique financière peut vous sembler bizarre à prime abord, mais prenons le temps de dresser un simple parallèle entre l’investissement et le jardinage.

Le premier constat ne peut que nous sauter aux yeux : Pour obtenir une bonne récolte en investissement, il faut commencer à semer quand les conditions nous apparaissent totalement impropices à la croissance.

Prenons par exemple le mois de février 2009 : tous les indicateurs extérieurs que nous pouvions consulter nous disaient que l’hiver financier ne connaîtrait plus de fin et que le printemps et l’été ne reviendraient jamais. Les prophètes médiatiques nous annonçaient la pire tempête financière de tous les temps et la fin du monde financier comme nous le connaissions. L’indice S&P/TSX se retrouvait aux environs de 7500 points; on recommandait fortement de ne pas semer et pour ceux qui avaient déjà semé, de tout arracher (du moins le petit peu qui avait pu pousser) et d’entreposer au plus vite dans la chambre froide.

La stratégie derrière ce comportement consiste à attendre d’être certain qu’il fasse beau avant même de penser à semer. En attendant, on garde tout au frigo. Le problème derrière ce raisonnement, c’est que la saison de croissance habituelle (juillet et août pour les tomates) n’est pas assez longue pour produire des fruits à maturité. IL FAUT COMMENCER AVANT LA VENUE DU BEAU TEMPS!

Il en est exactement de même pour les investissements. Revenons au dernier hiver financier alors que toutes les conditions nous portaient à croire que la belle saison ne reviendrait plus. Qu’en est-il aujourd’hui? Suite au mauvais temps du début de l’année, la température s’est réchauffée et pour les investisseurs qui ont semé quand c’était le temps et ceux qui n’ont pas cédé à la psychose collective, la croissance a bel et bien été au rendez-vous. En y regardant de plus près, force est de constater que la dernière année n’a pas été la pire de l’histoire; bien au contraire, à en juger par les résultats, le jardin financier n’a pas l’air si mal. En fait, l’indice S&P/TSX est passé de 9234 points le 2 janvier 2009 à 11745 points le 31 décembre ce qui revient à une augmentation de plus de 25%.

Quant à la notion de risque, il s’agit ici de déterminer s’il est plus risqué de semer dans l’espoir de récolter avec la possibilité d’essuyer certaines pertes ou bien de ne pas semer du tout avec la certitude de ne rien perdre. Pour ceux qui n’ont pas semé, il est évident que la récolte sera très mince; pour ceux qui ont gardé leur sang-froid et continué à surveiller leur jardin au cours de la tempête, la croissance est là, comme d’habitude après le mauvais temps. On pourrait ainsi en conclure comme morale de ma petite histoire que le problème, ce ne sont pas les tomates, mais bien le jardinier.

Bonne Année 2010 à tous

Michel Roy, Pl.fin.
Conseiller en sécurité financière
Inscrit auprès de
Les Assurances Boivin inc et de
Groupe Action Financière Québec
Représentants en épargne collective
Services financiers Investia inc
418-624-0850 www.gaf.qc.ca

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