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Les entreprises innovantes s’en sortent bien

À Québec, l’industrie de la fabrication du matériel de transport n’est pas épargnée par les difficultés économiques qui secouent fortement le secteur de la fabrication métallique dans son ensemble.

Toutes les entreprises qui transigent actuellement avec les États-Unis sont confrontées à des mises à pied temporaires de leurs employés et à un ralentissement de leur production. Néanmoins, celles qui se sont tournées à temps vers de nouveaux débouchés s’en sortent plutôt bien.

La Capitale nationale compte une vingtaine d’entreprises, en majorité des PME, qui oeuvrent dans le secteur de la fabrication du matériel de transport. En termes du nombre d’entreprises, Québec représente 8% de l’ensemble de la province, sachant que le noyau dur de l’industrie se situe en Montérégie et à Montréal. (Source: Comité sectoriel de la main-d’œuvre dans la fabrication métallique industrielle-CSMOFMI)

Pénurie de main-d’œuvre et récession

Selon le CSMOFMI, les entreprises sont confrontées à une problématique récurrente liée à l’ensemble de l’industrie métallique: une main-d’œuvre peu qualifiée et difficile à rejoindre. Les métiers manuels n’attirent pas les jeunes. Les quelques rares candidats qui ont la formation requise préfèrent s’orienter vers les quelques grands groupes qui dominent le marché, là où les conditions salariales sont plus avantageuses.

Pour l’heure, les PME ne souffrent pas trop de la pénurie de main-d’œuvre en raison du ralentissement économique qui les oblige à se concentrer sur la production.

Mais lorsqu’il y aura reprise, d’ici avril-mai 2010 selon les analystes, «le problème sera à nouveau d’actualité, indique Raymond Langevin, sociologue et chargé de projet au CSMOFMI. Ce sont les mêmes métiers qui se partagent la même main-d’œuvre. Nous avons actuellement un projet de modernisation des métiers auprès des jeunes qui demandent la participation active des entreprises pour aboutir à des solutions concrètes.

Une minorité seulement embarque dans ce projet. Les entreprises ne s’impliquent pas parce qu’elles n’ont pas les moyens de libérer quelqu’un pour s’y consacrer entièrement. Ce sont pour la plupart des petites entreprises de 20 employés confrontées à une conjoncture très difficile. Le problème est donc structurel et conjoncturel», poursuit M.Langevin.

L’autre problématique demeure pour l’instant le ralentissement économique. Toutes les entreprises qui transigent avec les États-Unis souffrent d’un carnet de commandes moins rempli. Sauf celles qui ont su innover et se diversifier. «C’est justement le défaut de la majorité de ces PME qui n’ont pas développé une gamme de clients élargie pour faire face au ralentissement économique», estime M. Langevin.

Phil Larochelle équipement

Ce n’est pas le cas de l’entreprise Phil Larochelle équipement, basée à Québec, qui conçoit des équipements spécialisés pour camions comme les équipements pour le déneigement, les équipements d’épandage ou encore les semi-remorques basculantes.Cette entreprise familiale mise sur pied en 1956, en est à sa troisième génération et compte 60 employés.

Après des débuts modestes, la compagnie s’est récemment orientée vers les nouvelles technologies afin de pouvoir proposer à ses clients des produits plus performants spécifiquement adaptés à leurs besoins. Pour rester à la pointe du progrès, elle procède même à des échanges technologiques avec des pays européens beaucoup plus avancés dans le domaine du déneigement.

«Ces échanges d’idées nous permettent d’avoir des produits plus efficaces. Le marché est en pleine mutation et on doit s’ajuster si l’on veut demeurer compétitif. Il faut désormais intégrer l’électronique dans le matériel de transport tout en pensant à l’environnement, mais le Québec est un peu en retard dans ce domaine comparé à l’Europe. Certaines villes, municipalités ou entrepreneurs privés ne comprennent pas encore les avantages pour eux, mais aussi pour la collectivité, d’avoir recours aux nouvelles technologies de déneigement et d’épandage», constate Philippe Larochelle, responsable vente et marketing.

Phil Larochelle fait affaire avec des entreprises privées, des villes, des municipalités et des entreprises gouvernementales à travers le Canada et les États-Unis. Avec le ralentissement économique, «les exportations vers les «États-Unis ont diminué ces derniers mois», avoue M. Larochelle. Mais nous avons visé juste», rajoute-t-il.

En concentrant nos efforts vers d’autres produits, l’impact est moins fort. Notre compagnie fait beaucoup de fabrications sur mesure, ce qui nous permet d’avoir une certaine flexibilité comparé à d’autres concurrents qui souffrent de cette récession. Notre système d’ingénierie flexible nous permet d’adapter nos produits aux demandes des clients. Cela occasionne des coûts, mais le jeu en vaut la chandelle dans de pareils contextes», conclut M. Larochelle.

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