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Les textiles « nouveaux genres » ont la cote

Par une journée automnale, vous marchez pour vous rendre au travail, un baladeur numérique à la main. Vous branchez l’appareil dans une fiche située sur votre manche, puis d’une simple pression du doigt, vous activez les éléments chauffants de votre veste et le tour est joué! Utopique, croyez-vous?

Il s’agit pourtant de textiles techniques qui existent depuis quelques années déjà. La technologie est omniprésente, soit. Le Québec n’échappe évidemment pas à cette réalité. L’avant-gardisme se veut donc le fer de lance de l’industrie québécoise du textile au sein de cette sphère d’activité en constante effervescence.

Il y a une dizaine d’années, l’industrie québécoise du textile, qui compte aujourd’hui plus de 400 entreprises, tirait partie de multiples avantages commerciaux tels l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ainsi que d’un huard favorable à l’exportation. Cependant, les clauses protectionnistes américaines ont notamment changé la donne par la suite.

Comme le Québec représente plus de la moitié de la production canadienne de textiles, toutes catégories confondues, les dirigeants d’entreprises d’ici se devaient de réagir pour ne pas manquer le bateau. C’est exactement ce qu’ils ont fait.

«On a connu une légère baisse dans les dernières années, mais les gens se concertent et les choses vont plutôt bien malgré la conjoncture économique», affirme Linda Cyrenne, chargée de projets et responsable des communications au Comité sectoriel de main-d’œuvre (CSMO) d’industrie du textile du Québec. «Les entreprises ont su s’adapter et innover. Les textiles québécois ont d’ailleurs une très haute cote au niveau mondial… et on a bien l’intention de rester parmi les meilleurs», ajoute-t-elle.

En fait, les administrateurs de compagnies québécoises de textile ont compris qu’il leur était impossible de demeurer compétitifs sur les marchés de masse. Ils ont donc décidé de s’orienter vers les produits spécialisés que sont les textiles techniques qui intègrent une ou plusieurs fonctionnalités. Pour ce faire, les firmes ont réalisé des investissements qui avoisinent les 900 millions de dollars au cours de la dernière décennie: ils ont modernisé leurs équipements pour augmenter leur productivité tout en révisant leurs pratiques dans le but de réduire leur empreinte environnementale.

Les nouvelles technologies

Outre l’industrie du vêtement, les textiles abondent dans les secteurs du transport, de la santé (médecine), de l’agriculture, du génie civil, de l’emballage et de la protection, pour ne nommer que ceux-là. On assiste donc à l’émergence de nouveaux types de fibres. On parle maintenant de textiles «intelligents» dans lesquels on incorpore des éléments «microélectriques» ou chimiques sous forme de capteurs, d’actuateurs ou de sources lumineuses. Il y a aussi les nanotechnologies, un marché d’environ 15 milliards de dollars (US), qui consistent en des traitements de la surface et de la finition des textiles auxquels on intègre de fines particules de carbone, d’argile ou d’oxyde de métal par exemple.

Les entreprises Centriçoises se signalent

Avec ses 35 entreprises de textiles, le Centre-du-Québec est sans contredit un joueur de premier ordre. De plus, 7% de la main-d’œuvre, soit environ 1 500 emplois, travaillent dans le secteur des textiles techniques.

Chaque année, le CSMO d’industrie textile du Québec et Préventex, une association paritaire en santé et sécurité, dévoilent les lauréats des «bons coups» de l’industrie. En 2007, Annabel Canada, une compagnie située à Drummondville, qui se spécialise entre autres dans les produits militaires, a reçu une distinction pour souligner les efforts soutenus de son équipe en matière d’environnement.

L’an dernier, Tricots Duval & Raymond (DURAY), une firme Princevilloise qui compte une centaine d’employés a été honorée. L’entreprise s’est distinguée par la mise en place d’un système efficace d’évaluation du rendement de ses employés. Des changements structurels et technologiques étaient à l’origine du projet. «Il fallait s’adapter aux nouvelles technologies. On a donc décidé d’évaluer la performance de nos employés afin d’améliorer notre productivité», explique Marcel Raymond, président de Tricots Duval & Raymond. Malgré la situation économique difficile, M. Raymond entend poursuivre sur sa lancée.

«C’est très difficile actuellement pour ceux qui sont dans la production de masse. Les entreprises se tournent donc vers des produits spécialisés à valeur ajoutée. On a connu les deux extrêmes en peu de temps… d’un côté, 2008 a été exceptionnelle et de l’autre, les affaires tournent plutôt au ralenti depuis le début de 2009. Mais, j’ai confiance qu’on va terminer l’année du bon pied et qu’on va rester au-dessus de la mêlée», conclut-il.

Source: CSMO d’industrie du textile du Québec.

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