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La transformation de la biomasse : un enjeu économique de taille

Les grandes forestières, qui ont fait la légendaire réputation de l’Outaouais, doivent faire de l’industrie chimique une partenaire d’avenir pour faire les bons choix et devenir des vecteurs de la relance économique.

La chimie «verte». C’est l’avenir de l’industrie chimique, annoncent plusieurs. Dans un difficile contexte économique, il revient à l’Outaouais de lever la main et prendre sa place au soleil.

Implantée depuis 1897, La chimique Erco produit du chlorate de sodium, utilisé dans le blanchiment du papier. Son usine de Buckingham demeure le seul gros joueur régional dans son créneau.

Des représentants d’entreprise, des chercheurs et des élus estiment que la grappe industrielle pourrait être bien plus complète en Outaouais, en misant sur la proximité de l’industrie forestière, qui offre un bon potentiel d’approvisionnement de matière première, le bois, aux industries spécialisées en biomasse.

«Les industries traditionnelles comme la forêt, l’automobile et le manufacturier, sont en ralentissement, constate Jules Lauzon, directeur pour le Québec de l’Association canadienne des fabricants de produits chimiques (ACFPC). Cela porte l’industrie chimique à considérer fortement la chimie verte et les nouvelles technologies». L’ACFPC représente 60% des fabricants du Canada.

Biomasse

Québec s’est engagé à favoriser la cueillette de biomasse en Outaouais. Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l’Outaouais, prévoit l’implantation d’importants projets dans la région. «Il y aura de la transformation de biomasse ici», assure-t-elle.

Mais les laboratoires et les infrastructures de recherche sont inexistants dans la région, déplore le directeur de l’Institut québécois d’aménagement de la forêt feuillue, Frédérick Doyon. «Nous avons grandement besoin d’expertise en génie chimique, mais il n’existe aucun support scientifique ni université travaillant dans ces domaines. C’est clair».
M. Doyon croit que l’Outaouais doit se doter de joueurs comme Forintek et Paprikan, deux instituts canadiens de recherche du secteur forestier qui misent sur la biomasse pour trouver de nouveaux débouchés profitables.

La région a pourtant déjà flairé la bonne affaire en 1987, avec la présence du Centre de recherche en sylvichimie de l’Outaouais, disparu en 1994. À l’époque, le centre utilisait l’ancienne usine d’alcool de la CIP de Gatineau (aujourd’hui Bowater) pour utiliser la biomasse.

Des investissements de plusieurs millions de dollars ont permis la naissance d’un projet d’hydrolyse acide du bois pour en produire de l’éthanol. C’est toutefois l’industrie forestière elle-même qui a mis fin au projet. La CIP a rasé le Centre de recherche pour y construire un bassin de sédimentation de boues usées.

À la lumière de toutes ces analyses, la région de l’Outaouais est très bien positionnée dans le créneau de la biomasse. Reste à attirer les infrastructures de recherche pour profiter de l’important triangle économique Montréal-Ottawa-Toronto et de l’importante fonction publique fédérale dans sa cour.

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