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Est-ce possible que les investisseurs puissent commettre les mêmes erreurs à répétition ?

Depuis les origines du monde moderne, les penseurs et les économistes tentent de comprendre pourquoi les gens réagissent de la façon dont ils le font avec leur argent. Comme toute la structure de la science économique est basée sur des principes rationnels, il va de soi que les investisseurs et les professionnels du placement devraient réagir d’une manière tout à fait rationnelle devant les événements.

Or, ça ne semble pas être la norme dans la majorité des cas; les dernières études en économie comportementale démontrent plutôt que les individus ont tendance à continuer de commettre les mêmes erreurs à répétition et par la même occasion, à prendre des décisions qui s’avèrent néfastes à leur bien-être financier.

En fait, les statistiques nous démontrent que la majorité des investisseurs continuent à faire exactement le contraire de ce qui pourrait leur être le plus profitable; les entrées de nouvel argent sont présentement beaucoup plus élevées dans les certificats de placement garanti et les fonds de marché monétaire alors que les indices sont en hausse. Historiquement les investisseurs, au lieu de profiter de la hausse en demeurant investis, ont plutôt opté pour des placements garantis et des fonds de marché monétaire pendant les hausses de marché. En général, ils ont l’habitude d’attendre que les marchés aient augmentée pendant une certaine période de temps avant d’investir, perdant ainsi la plus grande partie de la croissance dans leur portefeuille.

Certains investisseurs peuvent être atteints entre autres de ce que l’on pourrait appeler le syndrome du transfert d’expertise: parce qu’ils sont devenus des sommités dans leur profession respective, ils en viennent à croire qu’ils peuvent faire aussi bien en s’occupant de la gestion de leurs placements.

Selon les études qui ont été menées sur ce sujet, le phénomène de l’aversion aux pertes fera en sorte que ces investisseurs auront tendance à vendre leurs bons placements trop rapidement et à conserver les perdants trop longtemps. Les mêmes recherches ont aussi démontré que, dans l’année qui a suivi, les placements que ces mêmes investisseurs ont vendu ont réalisé un meilleur rendement que ceux qu’ils ont conservés.

Dans ma première chronique à l’automne 1995, intitulée «Les fausses croyances et la vraie vie» il était question de différents comportements et vérités acceptés par la masse des investisseurs.

N’est-il pas surprenant que quatorze ans plus tard et après trois reculs de marché importants, nous revenions sur le sujet avec encore plus de conviction?

Ajoutons à tout cela l’omniprésence des médias et la possible influence sur la stabilité émotionnelle des investisseurs. Et nous voilà avec un cocktail intéressant; lorsque les gros titres des journaux et la télévision vous bombardent sans répit de catastrophes passées et à venir, il en vient parfois difficile de démêler la réalité financière de la fiction; il ne s’agit pas ici d’ignorer la réalité mais plutôt d’être en mesure d’évaluer avec calme la situation et prendre des décisions rationnelles. Le fait d’être bousculé chaque jour par un déluge d’informations superficielles et d’avoir à contrôler ses émotions chaque fois que le président de la Réserve fédérale éternue, amène un grand nombre d’investisseurs à effectuer des transactions qui n’ont souvent rien à voir avec la valeur réelle de leurs placements ou avec leurs objectifs financiers.

Beaucoup de décisions sont ainsi prises sur l’émotion du moment et tout le monde sait que cette stratégie d’investissement ne mène à rien.

Nous pouvons encore vérifier ces symptômes aujourd’hui même. Alors que les médias continuent d’annoncer des milliers de pertes d’emplois et propagent des nouvelles de récession sans arrêt, personne ne semble avoir remarqué que les marchés ont grimpé de plus de 30% au cours des 2 derniers mois et que les aubaines deviennent de plus en plus dispendieuses à mesure que le temps passe.

Peut-être croyez-vous qu’il est mieux d’attendre que les gros titres de journaux soient plus encourageants! Une chose est certaine, lorsque vous apprendrez dans les journaux quotidiens qu’il est peut-être temps de recommencer à investir, vous aurez déjà manqué le meilleur.

Michel Roy
Planificateur financier
418-624-0850 www.gaf.qc.ca

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