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Des pratiques innovantes dans cette région pour rebondir

Malgré la morosité conjoncturelle, l’industrie québécoise du caoutchouc tient le haut du pavé dans plusieurs secteurs. D’ailleurs, les entrepreneurs d’ici sont reconnus pour avoir la bosse des affaires, alors rendons à César ce qui appartient à César et profitons de la stagnation économique pour marcher vers de nouveaux horizons, car en fin de compte, tous les chemins mènent à Rome.

Ce n’est un secret pour personne, la concurrence mondiale dans le domaine manufacturier, toutes catégories confondues, se fait de plus en plus vive. Ce sont les économies émergentes comme la Chine et l’Inde qui, avec le coût de leurs ressources peu élevé, sont notamment responsables de la réalité du marché.

Selon Lucie Bourgault, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre (CSMO) de l’industrie du caoutchouc du Québec, les entrepreneurs québécois doivent profiter de la conjoncture difficile pour investir dans la formation de leurs employés. De plus, elle affirme qu’ils doivent continuer d’injecter des fonds en développement de la recherche, c’est la clé du succès.

L’excellence avant tout

Le Québec doit également se distinguer pour la qualité de ses produits plutôt que de tenter de s’immiscer dans un créneau qui n’est pas le sien, c’est le constat que tire Mme Bourgault de la situation qui prévaut depuis quelques années déjà. Ainsi, les produits à valeur ajoutée trônent en tête de liste des compagnies québécoises spécialisées dans le domaine du caoutchouc.

«Une des caractéristiques de l’industrie du caoutchouc est sa résilience. Il faut mettre l’accent vers l’avenir», affirme la directrice du CSMO. En fait, l’industrie représente plus de 10 000 emplois au niveau provincial. Ceux-ci sont répartis dans 117 entreprises qui, pour la plupart, exportent la majorité de leur production vers nos voisins du sud, voilà grosso modo le portrait de cet important secteur d’activités.

Quant à la région du Centre-du-Québec, elle compte une dizaine de firmes et près de 200 travailleurs qui fabriquent, traitent et recyclent des produits à base de caoutchouc. Ces compagnies — bien que la région ne soit pas le plus gros joueur — se démarquent par leurs pratiques innovantes et demeurent les piliers de tout un pan de l’économie régionale.

À vos pneus… prêts? Recyclez!

Depuis quelques années, Granutech, une entreprise de Plessisville spécialisée dans le recyclage de pneus surdimensionnés, fait beaucoup parler d’elle. En effet, cette compagnie, qui compte plus de 40 employés, s’est signalée grâce à son avant-gardisme et à son efficacité en matière de développement durable. Elle est désormais reconnue comme un des chefs de file nord-américains dans les domaines de la récupération, de la transformation et de la valorisation des matières résiduelles à valeur énergétique.

«Nous favorisons le développement d’une nouvelle économie», affirme Sylvain Langlais, président-directeur général de Granutech. «Nous sommes la pétrolière verte d’aujourd’hui», image-t-il.

Comme disait Lavoisier: «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». Voilà qui décrit fort bien la philosophie de Granutech. En réalité, cette compagnie proactive met au point des solutions alternatives aux combustibles fossiles en réutilisant les dérivés, produits dans son usine. «Actuellement, nous fournissons 60% de notre volume à des producteurs d’énergie américains», affirme M. Langlais.

En mai 2008, la firme française Finaxo Environnement a conclu un accord de partenariat avec Granutech pour le transfert technologique de son procédé de «pyrogazéification». Il s’agit d’un principe unique au monde qui consiste en «un transfert ultrarapide de la chaleur au cœur de la matière en l’absence d’oxygène pour en tirer de l’énergie utilisable».

Mais n’allez pas croire que Granutech s’assoit sur ses lauriers, loin de là. «Nous avons réalisé des investissements de 3 500 000$ en 2008 dans le but d’améliorer notre capacité de production», déclare le pdg. Qui plus est, ils ont mis au point une technologie appelée «chaudière à lit fluidisé». Ce procédé constitue une solution révolutionnaire qui permettra de réduire l’enfouissement de matières résiduelles. Elle aide aussi les industriels qui utilisent la vapeur, comme les papetières par exemple, à abaisser leurs coûts de production et à demeurer compétitifs.

Selon M. Langlais, si le Québec veut rester à l’avant-scène dans le domaine du développement durable, les instances gouvernementales devront collaborer afin que des compagnies de la trempe de Granutech puissent donner libre cours à des concepts novateurs à travers le monde.

Sources: CSMO de l’industrie du caoutchouc du Québec et Granutech

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