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Industrie agroalimentaire : l’employeur numéro 1 au Québec veut favoriser l’achat local

Selon les dernières statistiques de 2006 du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), l’industrie de la transformation alimentaire occupe toujours le premier rang parmi les secteurs manufacturiers avec des livraisons de 17,7milliards $ et quelques 130 000 emplois, incluant le secteur de la production agricole et des pêches.

Présente dans toutes les régions de la province, l’industrie agroalimentaire devient ainsi le premier employeur d’importance.À Québec, on estime que l’état de santé de l’industrie est bon, malgré les nombreux défis à relever.

«L’augmentation du dollar canadien est l’un des éléments forçant l’industrie à s’ajuster. Elle doit se démarquer en déployant plus d’efforts sur les marchés étrangers, mais en même temps les produits importés deviennent moins dispendieux et plus nombreux. Ce qui signifie une plus grande concurrence. De plus, les coûts de transport sont à la hausse en raison du pétrole, ce qui entraîne un impact négatif sur les entreprises et les industries de chez nous. Tout comme les autres secteurs manufacturiers, il y a une pression en raison des économies des pays émergents», explique Alain Houde, directeur, développement des marchés et de l’exportation, direction du développement des marchés de l’exportation au MAPAQ.

Selon M. Houde, l’industrie alimentaire québécoise a toutefois de solides bases et dispose de tous les moyens pour réussir à traverser les périodes plus difficiles avec un nouveau souffle. À son avis, les produits québécois se démarquent des concurrents parce que l’industrie a le sens de la créativité et de la nouveauté. «De plus, l’aspect gastronomique du Québec est reconnu dans nos marchés limitrophes. Ce sont des atouts sur lesquels l’industrie peut tabler. Et pour relever ces défis, l’appui du gouvernement est essentiel à l’endroit de nos industries. C’est la raison pour laquelle Québec vient de déployer une stratégie d’achat local pour renforcer l’industrie alimentaire. C’est une action parmi bien d’autres».

Contexte économique

À l’heure actuelle, l’industrie agroalimentaire réalise 44% de ses ventes sur le marché québécois. Au cours de la dernière décennie, alors que le marché intérieur a plutôt enregistré une relative stabilité, les exportations ont, quant à elles, progressé fortement pour atteindre 26% du chiffre d’affaires.

Dans son plan de stratégie, le MAPAQ indique «que l’exportation s’est d’ailleurs avérée la locomotive de la croissance de l’industrie au cours des dernières années. Toutefois, la valeur des exportations de l’industrie alimentaire québécoise plafonne depuis trois ans, en bonne partie à cause de la force du dollar canadien. Il est donc à prévoir que le marché intérieur redeviendra vraisemblablement la principale assise du développement de l’industrie».

Enjeux

L’entrée en scène des pays émergents ne favorise en rien la croissance de l’industrie alimentaire d’ici.

Les fournisseurs de produits de masse à bas prix de l’Asie, de l’Amérique du Sud et même des États-Unis nuisent aux fournisseurs locaux dont les coûts de revient sont plus élevés.

«La lutte pour les parts de marché entre les grandes firmes, qui s’appuient sur des marques nationales bien établies et qui disposent de vastes moyens de commercialisation et d’innovation, complique l’accès au marché pour les nombreux fournisseurs québécois disposant de moyens plus modestes», précise le rapport de la stratégie du MAPAQ.

Pour mettre un terme ou du moins freiner les conséquences négatives des concurrents étrangers à l’endroit de l’industrie alimentaire d’ici, Québec a donc mis sur pied une stratégie cette année comportant trois aspects: l’accès aux réseaux de distribution, la stimulation de la demande des produits du Québec et l’adaptation de l’offre pour que les entreprises soient davantage en mesure de réagir aux nouvelles exigences du marché.

Selon le document, «la consultation menée auprès de l’industrie a particulièrement fait ressortir des lacunes dans la compréhension des besoins, dans la gestion du marketing et dans la capacité d’innovation nécessaire pour tirer partie des nouvelles tendances et se démarquer ainsi des compétiteurs».

«Avant le lancement de notre stratégie, nous avons réalisé un sondage auprès des divers milieux de l’industrie pour vérifier l’état de la situation. Un deuxième sondage a été mené cet été pour analyser l’impact de cette campagne. Les résultats seront connus sous peu», indique M. Houde. Dans la deuxième partie du dossier majeur, nous allons expliquer la nature de cette stratégie et les objectifs visés par le MAPAQ.

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