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Et la lumière fut !

L’arrivée et la diffusion rapide de l’ampoule électrique dans l’éclairage urbain ont entraîné, depuis les années 40, une augmentation de la luminosité nocturne, anormale ou gênante, dans les sociétés les plus industrialisées et les plus urbaines de la planète.

Faut-il se soucier de ce phénomène assez récent, que l’on appelle la «pollution lumineuse»? Oui!, répondent les experts. Cette nouvelle lumière artificielle dans notre environnement nocturne semble faire plus de dommages que l’on croit.

Projetée vers le ciel par l’éclairage des routes, des commerces, des maisons, des fermes et des monuments historiques, cette nouvelle source lumineuse rend difficile, voire impossible, l’observation des étoiles et de la Voie lactée. Début d’une tragédie mal éclairée…

Les causes sont nombreuses…

À l’ère post-industrielle, nous surconsommons la lumière et dans un effet d’entraînement, nous illuminons même notre ciel! Nous sommes aujourd’hui aux prises avec une mauvaise gestion et une sur-utilisation de nos éclairages.

Nous retrouvons, par exemple, de la lumière projetée directement vers le ciel; de la lumière réfléchie par le sol vers le ciel; des lampadaires qui sont mal conçus (en forme de boule); un éclairage souvent trop intense ou excessif et une lumière blanche, qui elle, accentue davantage la luminosité naturelle du ciel rendant le fond du ciel moins noir.

Sur le banc des accusés, un trop faible coût de l’énergie, particulièrement au Québec et l’absence de règles bien définies quant à l’éclairage urbain. Mais seul l’homme est responsable de cette situation et il sera d’ailleurs le seul à pouvoir renverser la situation.

Donc, même si cela peut sembler étrange, la lumière constitue une forme de pollution, surtout la nuit et elle a des impacts sur l’astronomie, l’économie et l’écologie.

Des effets, très négatifs…

Les impacts directs de la pollution lumineuse sont nombreux. Ce sont les astronomes qui ont d’abord soulevé le problème, il y a quelques années. En effet, les conséquences majeures et immédiates de la pollution lumineuse sont liées à la perte de visibilité pour l’observation des étoiles et de la Voie lactée.

Or il existe d’autres conséquences à cette forme de pollution, moins visibles, mais qui, à long terme, auront des conséquences irréversibles sur l’être humain et son environnement immédiat.

L’augmentation des désagréments liés au phénomène de lumière intrusive en est une. Cette lumière qui entre dans nos propriétés et qui envahit, bien malgré elle, notre espace privé, est soupçonnée par les scientifiques de causer des migraines, des troubles du sommeil et des changements d’humeur.

Un autre effet négatif de la pollution lumineuse sur l’activité humaine serait lié davantage à l’économie. Le gaspillage d’énergie et donc d’argent est élevé, tant pour les particuliers que pour le milieu industriel.

Au Québec, le gaspillage énergétique est évalué à 45 millions de dollars par année.

Cette utilisation abusive de l’éclairage peut également avoir un impact sur les changements climatiques, surtout dans la mesure où la source d’éclairage provient d’énergies fossiles.

Mais la surconsommation d’énergie quant à l’éclairage ne fait pas que nuire à l’homme. La faune et la flore sont également touchées et notre écosystème s’en trouve déséquilibré. À titre d’exemple, les migrations des animaux peuvent être brouillées, notamment pour les oiseaux migrateurs et les papillons. Le cycle de vie des plantes peut être perturbé et certains lacs peuvent voir apparaître une prolifération excessive de leurs algues.

À la question: est-il nécessaire de diminuer cette pollution?, la réponse est oui! Et même au Québec. Car malgré notre production élevée d’hydroélectricité, une énergie dite propre, nous ne sommes pas à l’abri de la pollution lumineuse et ses conséquences demeurent présentes.

Nos longs hivers nous forcent parfois à importer des kilowattheures qui proviennent d’usines de charbon de l’Ontario ou des États-Unis. De plus, si au Québec on se vante de produire de l’énergie propre, il en est autrement ailleurs sur la planète où l’énergie nucléaire et les centrales au charbon sont souvent au rendez-vous. Et…la pollution lumineuse n’a pas de frontières.

Les solutions sont somme toute assez simples. Bien sûr, éteindre les lumières est l’option la plus simple, mais il est utopique de croire qu’en éteignant les lumières le problème disparaîtrait car dans la réalité, notre société a besoin de toute la lumière artificielle créée pour fonctionner.

Alors que faire? Changer nos habitudes de consommation…C’est-à-dire diminuer notre consommation énergétique personnelle et industrielle, utiliser une source lumineuse à faible émission polluante (ampoules à vapeur de sodium), développer des systèmes d’éclairage qui éclairent suffisamment les activités humaines (lumière dirigée) sans tenter d’éclairer les étoiles!

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