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Un coeur économique qui ralentit la cadence

LANAUDIÈRE – Lorsque l’usine Firestone a été inaugurée en 1966, elle est rapidement devenue un fleuron de l’économie lanaudoise. Aujourd’hui, l’entreprise qui a été rachetée par Bridgestone, la seule au Canada, emploie 1 250 travailleurs.

Toutefois, comme bien des entreprises manufacturières, Bridgestone vit des heures sombres, résultat des changements de comportements des consommateurs.

Ne pouvant concurrencer les entreprises chinoises, qui offrent des prix plus bas sur les pneus populaires, Bridgestone a décidé de se diriger vers des pneus à valeur ajoutée qu’elle produirait en petits lots. Depuis 2001, 200 millions de dollars ont été investis dans l’amélioration de l’usine. «Il y a cinq ans, les dirigeants ont décidé d’investir dans l’usine de Joliette. Ils ont changé de type de production pour se concentrer sur des produits de niche, comme les pneus de camion. Au lieu de produire des pneus de 13 ou 14 pouces dans 25 catégories, on fait 62 types de produits», mentionne Robert Verreault, directeur général de l’usine.

Cet investissement s’explique de bien des façons. C’est vrai qu’il y a cinq ans à peine, le dollar canadien se transigeait à 0,65¢ et le pétrole n’avait pas atteint le cap du 1$. Mais depuis, tout a changé. Le prix des matières premières a doublé. «Le caoutchouc ne provient pas du pétrole, mais son prix suit le cours de ce dernier». Le dollar canadien a atteint des sommets.

«On exporte 95% de notre production aux États-Unis. La hausse du dollar est venue mêler les cartes, car le chèque que l’on reçoit est en dollars US». Mais pire encore, la hausse du prix du carburant a carrément fait chuter la vente des camions lourds et légers.

«25% de nos pneus vont directement aux fabricants de voitures de luxe ou de camions, comme les Hummer ou les Cadillac et 75% sont des pneus de remplacement. On ressent l’impact du changement de comportement des consommateurs».

L’impact est si important que l’usine réduira la cadence jusqu’aux Fêtes de fin d’année. Près de 2 000 pneus de moins par jour sortiront de l’usine. Pour les employés, cela veut dire: fini les heures supplémentaires et l’usine fermera l’équivalent de deux jours par mois. Bonne nouvelle au moins, aucune suppression de poste n’a pour l’instant été envisagée.

L’usine n’est évidemment pas la seule à connaître ce type de problèmes en Amérique du Nord. Pour M. Verreault, la seule solution pour conserver cette usine est de demeurer flexible. «On va s’ajuster. Les machines que nous avons permettent de modifier notre offre de produits. Il faut aussi réduire le gaspillage et standardiser davantage les opérations».

Les relations avec les employés sont aussi importantes et pour cela Joliette tire très bien son épingle du jeu. Les relations entre l’employeur et le syndicat sont excellentes au point où le drapeau syndical flotte juste à côté de celui de Bridgestone.

Mais avec les retraites des baby-boomers, Bridgestone doit aussi faire face à un autre défi, soit celui de garder l’expertise et le savoir-faire. «On veut garder l’expertise de ces employés et en faire des standards».

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