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Industrie pétrolière : Québec dépend des marchés extérieurs

Contrairement à la croyance populaire voulant que l’industrie pétrolière du Québec nage dans des profits faramineux, le vice-président de l’Institut canadien des produits pétroliers (ICPP), Carol Montreuil, soutient qu’il en va tout autrement sur le terrain.

Pour dresser un bilan de santé de cette industrie et de ses perspectives d’avenir, Carol Montreuil estime qu’il faut tenir compte individuellement des secteurs de l’exploration, du raffinage et de la vente au détail. «Souvent, les gens oublient de tenir compte dans leur analyse d’où provient la matière brute, c’est-à-dire l’extraction du pétrole depuis le puits jusqu’à la raffinerie. Au cours des dix dernières années, toutes les sociétés de la planète ont été touchées et c’est de là que surgissent les enjeux, les problèmes».

Trois raffineries

Au Québec, Petro-Canada et Shell disposent de raffineries à Montréal, tandis que les installations d’Ultramar se situent à Saint-Romuald, près de Québec. «Ici, les choses se compliquent du fait que le Québec est inexistant du premier secteur. Contrairement à l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, nous ne sommes pas une province productrice. Nous sommes importateurs comme les pays du G8 et cela a un impact direct sur la balance commerciale d’une province comme la nôtre».

En 2008, l’ICPP indique que le secteur du raffinage n’a pas été une année probante en raison des marges extrêmement compressées, des coûts de la matière première et d’un marché hautement concurrentiel. «Le secteur ne réussit pas à tirer son épingle du jeu. Il en souffre beaucoup».

Avenir

Selon l’ICPP, le Québec n’étant pas une province productrice de pétrole, il est difficile, voire impossible, d’établir les coûts. «Le Québec n’est pas un gros joueur pour déterminer les marges du marché dans le secteur du raffinage. Cette tranche appartient davantage à nos voisins du Sud. De plus, l’avenir dépend beaucoup des pressions de l’offre et de la demande».

À l’heure actuelle, deux facteurs ont une influence élevée sur le développement de l’industrie pétrolière: la possibilité d’une grave récession pouvant entraîner une pression négative sur le secteur manufacturier et la hausse constante de la demande mondiale exerçant des prix à la hausse.

«Malgré un ralentissement de nos activités en Amérique du Nord, des pays tels la Chine et l’Inde continuent à maintenir une demande relativement forte. Ce sont ces deux éléments qui vont déterminer le sort du raffinage au cours des prochaines années en Amérique, dont le Québec».

Pétrochimie

Dans le secteur des produits dérivés du pétrole, le Québec traverse une période délicate attribuable en termes d’économie d’échelle.

«Le Québec n’a pas la masse critique en termes de volume manufacturier par rapport aux immenses complexes pétrochimiques qui se construisent au Moyen-Orient et en Asie. Après la fermeture de Pétromont, à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, l’industrie de la pétrochimie fait face à d’importantes pressions concurrentielles, ce qui rend leur situation difficile».

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