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La relance du textile passe par le haut de gamme

Depuis trois ans, alors que la Chine peut exporter autant qu’elle veut ses produits au Canada dont le textile, une nouvelle tendance se dessine à l’horizon: celle du haut de gamme et des vêtements personnalisés.

«Nous sommes actuellement dans une période de transformation, nous assistons à une réorganisation manufacturière. Après les fermetures d’usines, il y aura une nouvelle vague, une nouvelle façon de travailler à cause de l’insatisfaction du service obtenu par la Chine, des relations difficiles avec les pays asiatiques, des délais de livraison et de la qualité des produits.

D’ailleurs, au chapitre du textile, la Chine est en perte de croissance», explique Johanne Desjardins, enseignante en mode sur mesure au Centre de formation 2000 Compétences 2000 de la Commission scolaire de Laval.

Nouvelle orientation

Madame Desjardins, qui enseigne ce programme de formation depuis 12 ans, raconte que le sur-mesure, les vêtements haut de gamme et personnalisés sont de plus en plus recherchés. Et en ce sens, le nombre de techniciens en ajustement est appelé à croître au cours des prochaines années. «Les tendances nous l’indiquent clairement et les couturières avec des compétences reconnues n’ont pas de difficulté à se trouver un emploi. Depuis deux ans, le taux de placement atteint presque les 100%».

Au Centre de formation Compétences 2000, le programme de formation est d’une durée de 14 mois et donne droit à un Diplôme d’études professionnelles (DEP). La moyenne d’âge des élèves varie de 17 à 55 ans. Contrairement à la croyance populaire voulant que l’industrie du textile soit morte et ne représente aucune possibilité d’avenir pour quelqu’un désireux de s’orienter dans cette direction, Yvon Arcand, directeur adjoint de l’établissement scolaire, soutient que le milieu manufacturier recherche des techniciens d’ajustement pour répondre à la demande du marché en quête de produits sur-mesure. «Ces techniciens ont une certaine compétence en informatique. Les programmes spécifiques auxquels ils sont appelés à travailler leur permettent de réaliser des patrons, des placements et des fiches techniques pour que les normes soient respectées à travers l’entreprise».

Au Centre de formation Compétences 2000, le Cirque du Soleil est un gros client qui fait appel aux talents des futurs étudiants. C’est le cas également de divers milieux corporatifs comme les clubs aquatiques, de patinage artistique et de fabricants d’uniformes.

«Certes, le prêt-à-porter occupe un marché de masse, mais il y aura toujours des ajustements pour diverses silhouettes. Et puis, il y a aussi le milieu de la décoration intérieure qui représente une source d’entrée importante pour nos élèves pour la confection de rideaux, de produits de literie etc…».

Synthétique en hausse

Selon Madame Desjardins, le tissu synthétique prend de l’ampleur. Il gagne en popularité parce que la mode est davantage influencée par le sport. La laine extensible, le coton extensible et autres tissus sont à la hausse. «Notre objectif est d’ajouter à notre programme de formation le travail avec des tissus extensibles. Il faut développer les compétences chez les élèves parce que ces tissus exigent une maîtrise et une manipulation différentes. Ça prend une dextérité, une reconnaissance de l’extensibilité, un savoir-faire pour bien utiliser le matériel et ajuster correctement le patron en conséquence».

Se démarquer

Depuis que l’industrie du textile a largement été secouée par les produits de masse asiatiques, plusieurs manufactures ont dû cesser leurs activités dans la grande région de Montréal. Cette image, disent les responsables du Centre de formation Compétences 2000, fait mal au recrutement de nouveaux candidats qui craignent de ne pas se trouver un emploi au terme de leurs études. Pourtant, ajoutent-ils, le vent tourne vers le haut de gamme et devrait en rassurer plus d’un.

«Malheureusement, les gens associent les mots textile, manufacture et chômage. Alors que ce n’est pas ça du tout. Par conséquent, il faut réussir à se démarquer davantage par la promotion et se faire connaître dans le milieu. Nous effectuons régulièrement des tournées dans les écoles et organisons plusieurs activités dont la tenue d’un défilé de mode à la fin de l’année scolaire», précise Madame Desjardins.

Quant à Monsieur Arcand, il faut continuer de combattre cette fausse idée qu’il n’y a pas d’emplois dans le secteur du textile. «C’est le défi pour survivre au cours des prochaines années».

Selon les plus récentes statistiques de la formation professionnelle et technique du Québec, il n’y avait que 6,5% d’étudiants en confection sur-mesure et retouche qui étaient en quête d’un emploi en 2007. À Montréal-Laval, le taux serait presque nul.

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