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La MRC Memphrémagog à l’avant-garde

Alors que plusieurs industries implantées au Québec – notamment en textile – connaissent un ralentissement important, le secteur du pétrole et des produits chimiques bénéficie dans plusieurs cas d’une croissance des plus intéressantes. C’est le cas dans la MRC de Memphrémagog, où un tel succès apporte une bouffée d’air frais à une région éprouvée par de nombreuses compressions de postes.

Depuis cinq ans, plus de 3 000 emplois dans les industries de cette MRC ont été supprimés. Les récentes fermetures de GDX Automotive et d’Olymel ont fait mal à l’économie magogoise. Et la concurrence asiatique a décimé de manière importante l’industrie du textile.

La récession américaine qui pointe à l’horizon et la hausse du dollar canadien sont d’autres facteurs qui changent la donne.

Heureusement, quelques entreprises qui se consacrent au pétrole et aux produits chimiques continuent sur leur lancée. Un vent de positivisme souffle ainsi sur une MRC qui ne baisse pas les bras.

«Au 31 décembre 2006, le secteur des produits chimiques comptait 579 emplois, soit 11,5% du total pour la MRC. Nous n’avons pas encore les statistiques pour 2007, mais ce nombre sera passablement plus élevé», indique Claudine Messier, directrice adjointe et commissaire industriel au CLD de la MRC de Memphrémagog.

La vitalité d’entreprises comme Eka Chimie, BOC Gaz, Huntsman, Adhésifs Adhpro et Gurit, en plus de l’implantation de nouvelles usines en région, laissent présager un bel avenir pour ce secteur d’activités. La proximité de la frontière canado-américaine se veut un argument de taille pour l’implantation de telles entreprises.

«Ces entreprises prennent de plus en plus d’importance dans l’économie de la MRC. Il y a aussi sur place une forte synergie, avec des entreprises qui se développent à un bon rythme», mentionne Mme Messier.

GURIT

L’usine Gurit, qui fabrique de la mousse de matériaux composites pour les industries maritime et éolienne, vit une progression fulgurante.

L’ex-entreprise Danaplex, acquise par SP Systems il y a cinq ans s’est consacrée, au départ, à la conception de mousse pour coques de bateaux. Maintenant sous le nom de Gurit (une entité suisse), les deux usines situées à Magog – la seconde a été ouverte en 2006 – fonctionnent à plein régime grâce à l’essor de l’énergie éolienne.

«Le volet nautique progresse de belle manière. Au niveau de l’éolien, c’est une véritable explosion! On estime sa croissance annuelle à 20%», résume Jean Martin, directeur de Gurit à Magog.

Plus de 30M$ ont été investis par Gurit depuis trois ans. Le nombre d’employés se situe à près de 500 personnes, dans les locaux du boulevard Poirier et de la rue Péladeau.

«Notre clientèle est située à travers le monde. On a implanté une usine en Chine, où s’effectue une partie de la production. Mais le départ se fait à Magog», atteste M. Martin.

Pour en arriver à un tel résultat, Gurit mise sur l’innovation. Pas question de s’asseoir sur ses lauriers.

«Nous misons beaucoup sur la recherche et le développement. Dans un marché hautement compétitif, il faut constamment chercher à se dépasser. On a la chance de bénéficier d’un personnel hautement qualifié», confie M. Martin.

Sur son site Internet, Gurit d’ailleurs résume fort bien la philosophie qui guide cette entreprise d’envergure mondiale.

«Avec plus de vingt ans d’expérience dans le domaine de la conception, du développement et de la fabrication de matériaux de composites, ainsi qu’un effort constant pour l’amélioration continue et la qualité supérieure, nous demeurons en tête dans notre marché respectif avec une équipe d’individus motivés, engagés et talentueux. La culture de l’équipe Gurit inspire à la fois l’ingéniosité technique et la passion du travail que nous accomplissons», peut-on y lire.

M. Martin se dit confiant que l’énergie éolienne, qui gagne de nouveaux adeptes d’année en année, poursuivra sur cette lancée.

«De plus en plus d’entreprises de ce domaine s’installent en Amérique du Nord et dans certains pays en émergence. En plus d’être une énergie propre, les délais pour instaurer des installations du genre près des entreprises sont plus courts», indique-t-il.

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