Accueil » Dossiers » Bois et meubles » Un consensus susceptible de donner espoir aux papetières à long terme

Un consensus susceptible de donner espoir aux papetières à long terme

Inexorablement, l’industrie des papetières est intimement liée au secteur forestier du Québec. Et à ce sujet, le Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois, qui s’est déroulé en décembre dernier, à Québec, a permis aux quelque 400 intervenants de tous les milieux, d’adopter une quinzaine de recommandations.

Le premier à être satisfait est le président du Conseil de l’industrie forestière du Québec. Pour lui, il y a une réelle intention de tous à vouloir sortir de cette crise.

De façon générale, les participants admettent que d’autres usines devront cesser leurs activités afin de restructurer l’industrie dans son ensemble. Parmi les recommandations adoptées, il y a celle d’un réseau d’aires protégées sur 8 % du territoire qui entrera en vigueur cette année. La distribution des contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier est un autre élément clé de la rencontre. Même les Premières Nations seront appelées à participer à la gestion de la forêt. Dans un communiqué signé conjointement par les partenaires du Sommet, les engagements sont les suivants :

  • aide aux travailleurs, aux entreprises et aux communautés avec une participation accrue du gouvernement fédéral ;
  • consolider les usines de première transformation et en atténuer ses impacts ;
  • faire participer les Premières Nations ;
  • établir un plan d’évolution des modes de tenures et d’attributions du bois ;
  • établir une stratégie d’aménagement durable des forêts ;
  • mettre en place une gestion intégrée des ressources du milieu forestier ;
  • établir un mode de gestion par objectifs et résultats d’ici 2013 ;
  • finaliser le réseau d’aires protégées d’ici 2013 pour assurer la pleine représentativité de la diversité biologique ;
  • mettre en oeuvre l’aménagement écosystémique ;
  • intensifier l’aménagement forestier ;
  • promouvoir la construction d’édifices publics, institutionnels et commerciaux en bois ;
  • développer et transformer l’industrie des produits du bois ;
  • instaurer une culture de l’innovation pour l’ensemble du secteur ;
  • certifier les territoires forestiers ;
  • valoriser la culture forestière québécoise auprès des jeunes à l’école et du public

Fond du baril

Pour Guy Chevrette, il est clair que cette crise va se poursuivre en 2008. Il est cependant confiant à plus long terme que ce Sommet donne du temps à l’industrie pour se préparer à la reprise. Depuis ces dernières années, au moins 135 usines de sciage et de moulins à papier ont dû fermer leurs portes mettant au chômage quelque 12 000 employés.

Pire encore, une source du ministère des Ressources naturelles laisse entendre que la récolte de bois cette année serait de 17 millions à 18 millions de mètres cubes. C’est presque deux fois moindre qu’en 2004-2005, alors que les résultats étaient d’un peu plus de 33 millions de mètres cubes.

Fin du régime actuel

Face au consensus des intervenants, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a annoncé la fin du présent régime forestier qui remonte à un peu plus de 25 ans. « Tout est sur la table. Je pars aujourd’hui en disant que le régime actuel n’existe plus. Votre sommet est la base du nouveau régime forestier », a indiqué le ministre dans son allocution de fin clôture du Sommet. D’ici la fin de 2008, il a promis l’adoption d’une nouvelle loi.

Ce qui inquiète Guy Chevrette, c’est la crise immobilière aux États-Unis et la montée du dollar canadien. « L’effondrement de la construction chez nos voisins du Sud ne peut pas se poursuivre indéfiniment et notre devise va finir par se stabiliser, j’en suis sûr. Tout ceci force l’industrie à se restructurer et à se consolider. »

FQM satisfaite

À la Fédération Québécoise des Municipalités (FQM), le Sommet a permis « d’établir, de façon consensuelle, que les communautés et leurs élus sont des acteurs incontournables qui devront faire partie des solutions à la crise qui prévaut actuellement », explique son président, Bernard Généreux.

M. Généreux ajoute que pas moins de 250 municipalités ont une économie qui dépend essentiellement de l’exploitation du bois.

« Ces communautés ont été durement touchées par la crise et elles ne peuvent plus se permettre d’attendre. » La FQM représente 920 municipalités de même que la presque totalité des MRC.

Actions à long terme

À l’issu du Sommet, les participants ont convenu de mettre en ouvre plusieurs actions pour assurer l’avenir du secteur et moderniser le régime forestier. Parmi celles-ci, il y a la reconnaissance de sécuriser les approvisionnements en matière première de l’ensemble des utilisateurs des ressources du milieu forestier et d’améliorer leur compétitivité.

Aucun commentaire.

Répondre