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La Laiterie de l’Outaouais verra le jour

Produire du lait et des produits laitiers de façon indépendante au Québec consiste d’abord à tenir tête aux monopoles de l’industrie. En décembre 2006, le propriétaire de la Laiterie Château de Gatineau, Nutrinor, fermait les portes de l’entreprise vieille de plus de 60 ans et vendait son réseau de distribution à un autre monopole, Sealtest.

Un an plus tard, des citoyens et des hommes d’affaires s’apprêtent à faire revivre une autre laiterie à quelques kilomètres de l’usine désertée. Après avoir fondé une coopérative, des citoyens et des hommes d’affaires s’apprêtent à faire une première pelletée de terre et mettre au monde la Laiterie de l’Outaouais.

La nouvelle avait eu l’effet d’une bombe en 2006. Le secteur Buckingham de Gatineau perdait une vingtaine d’emplois dont quatre livreurs qui transportaient toujours le lait aux portes des consommateurs. C’était surtout une fierté régionale qui disparaissait.

Des citoyens et des hommes d’affaires ont pris la balle au bond et fondé le Comité de relance de la Laiterie de l’Outaouais. Partant de zéro, le regroupement a dû convaincre les investisseurs potentiels et chercher des appuis. La Chambre de commerce de Gatineau a d’abord fait un premier débroussaillage avec les gens d’affaires et les politiciens.

« La plupart des gens étaient emballés par ce projet, dit la présidente de la Chambre de commerce de Gatineau, Marie-Andrée Pelletier. Mais d’autres étaient plus sceptiques parce que l’industrie laitière et agroalimentaire est très compétitive. Il fallait que les consommateurs soient derrière le projet et montrer combien de lait ils achèteraient. »

Sondage

C’est pourquoi le Comité de relance de la Laiterie de l’Outaouais a invité les citoyens de la région à indiquer sur son site Internet combien de litres de lait ils étaient prêts à acheter si la nouvelle laiterie voyait le jour. La réponse : au moins 1 412 684 litres de lait seraient achetés en une année. La Coopérative de la Laiterie de l’Outaouais réunit aujourd’hui 450 membres qui ont acheté des parts sociales.

L’homme d’affaires et bailleur de fonds dans le projet de laiterie, Antoine Normand, indique qu’une laiterie doit diversifier sa production pour tenir tête à Parmalat, Sealtest et Natrel, qui agissent en oligopole. « Les autres bailleurs de fonds demandaient de produire des produits à valeur ajoutée », rappelle-t-il.

La nouvelle laiterie produira du lait 1 %, 2 %, 3,25 %, du lait au chocolat, de la crème 35 % ainsi qu’une recette supposément délicieuse de crème fouettée à l’érable. Du fromage au lait cru doit aussi entrer dans la chaîne de production.

Le comité a récemment annoncé que la construction débutera en février. La nouvelle laiterie sera érigée dans le parc agroalimentaire de Gatineau, près de l’Aéroport. Le parc est situé dans le secteur Gatineau, à l’ouest du secteur Buckingham. « On voulait que ce soit à Buckingham. Ça fait un pincement au cour, a dit le porte-parole du comité de relance, Maxime Pedneault-Jobin. On avait plus de possibilités d’agrandir si nous construisions dans le parc agroalimentaire. C’est une décision d’affaire. » Une dizaine d’emplois seront créés et le rodage des machines sera fait à l’été 2008.

L’exemple de Mont Laurier

Les promoteurs de la Laiterie de l’Outaouais ont pris l’exemple de la Laiterie des Trois-Vallées, à Mont-Laurier, à 175 kilomètres au nord de Gatineau. « Là-bas, dit M. Pedneault-Jobin, les gens se sont rangés tout de suite derrière le projet. »

L’entreprise, créée en 1992, avait mobilisé les consommateurs et fournisseurs en alimentation locaux. « Notre projet, c’est un copier-coller sur le projet de Mont-Laurier mais nous, nous sommes beaucoup plus grands comme région, sans le sentiment d’appartenance fort de Mont-Laurier », compare M. Pedneault-Jobin.

Lorsque le Comité de relance de la Laiterie de l’Outaouais a annoncé qu’elle s’était entendue avec la Ville de Gatineau pour l’achat d’un terrain en novembre dernier, ses responsables parlaient d’un projet mobilisateur pour les gens de la région, 6 ans après la fusion qui donna naissance à la nouvelle ville de Gatineau.

À Mont-Laurier comme à Gatineau, les équipements servant à fabriquer le lait coûtent plus cher que l’usine elle-même. Le comité gatinois s’attend à payer au bas mot deux millions $ en plus du coût de construction de l’usine. « On paie pour les équipements et c’est livrable quatre ou cinq mois plus tard. » Les premiers litres de lait pourraient couler dans l’usine à l’été 2008 et les marchés d’alimentation fourniront du lait de la nouvelle laiterie en septembre prochain, confirment ses promoteurs.

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