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Un virage nécessaire vers des marchés de niche

Dans le secteur des pâtes et papiers, la Capitale Nationale vit la même situation difficile que les autres régions. Les coûts d’approvisionnement élevés, la surcapacité de production de certaines industries et l’appréciation du dollar canadien, sont les principaux freins à l’expansion de cette industrie aujourd’hui contrainte de s’orienter vers des marchés de niche pour faire face à la concurrence.

L’industrie du papier et des produits connexes regroupe environ quatre usines dans la Capitale Nationale sachant que la Province compte une soixantaine d’usines, Montréal étant le centre nerveux avec une dizaine de sièges sociaux. L’industrie de la fabrication du papier génère 3 068 emplois. (Source CIFQ 2007)

Comme nous l’explique Pierre Vézina, Directeur Énergie/Environnement et spécialiste du secteur pâtes et papiers au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), la problématique de l’industrie papetière à Québec est loin d’être spécifique.

«Nous subissons les mêmes contraintes puisque nos usines vendent sur les marchés nord-américains et nos produits se ressemblent aussi», explique-t-il, précisant que l’industrie du papier est entièrement tributaire de l’industrie du bois, sa source d’approvisionnement.

Le Brésil, un nouveau concurrent

Il nous cite les principaux problèmes actuels. «En premier lieu, je parlerais des coûts d’approvisionnement en fibres qui sont élevés. Il y a aussi la situation du marché en Amérique du Nord où la demande est en diminution, la surcapacité de production de l’industrie dans son ensemble, l’appréciation du dollar canadien et l’augmentation des coûts énergétiques. Nous avons des conditions climatiques qui nous obligent à consommer plus d’énergie. À cela, il faut aussi ajouter le coût de la main-d’œuvre. Même en comparant avec les États-Unis, on constate des écarts».

Les États-Unis, demeurant le marché naturel des industries québécoises, est de plus en plus grignoté par le Brésil, concurrent féroce disposant d’une main-d’œuvre bon marché et de coûts énergétiques plus faibles.

Dans ce contexte, des fermetures d’usines et des pertes d’emplois seront nécessairement à prévoir dans les années à venir.

Pour espérer survivre, l’industrie papetière qui vit actuellement une crise sans précédent, devra forcément s’adapter aux nouvelles réalités du marché. Elle a deux atouts majeurs: sa fibre qui possède des qualités physiques parmi les meilleures au monde et sa main-d’œuvre très qualifiée.

L’avenir passe par l’innovation

Le défi passe donc par l’innovation et la rationalisation des coûts de production. «Il nous faudra d’arrache-pied au niveau de la recherche et du développement pour trouver des niches spécifiques», avoue Pierre Vézina. «Nous avons également une industrie de plus en plus performante sur le plan environnemental et tout le travail fait en certification devrait porter ses fruits dans l’avenir. Nous travaillons énormément sur les procédés de fabrication en collaboration avec des instituts de recherche et de développement pour trouver une vraie valeur ajoutée dans le bois ou le papier».

La division papeterie de chez PBCO, division d’Emco ltée à Pont-Rouge, privilégie actuellement cette stratégie d’innovation. L’entreprise oeuvre dans un domaine un peu spécifique. Elle fabrique du carton-feutre à partir de résidus de rabotage, de sciure de bois et de fibres recyclées.

«Nous travaillons sur une gamme de produits plus pointus pour répondre aux exigences des clients. Nous voulons parvenir à fabriquer du papier plus intelligent qui prend en compte l’aspect environnemental», explique le PDG Simon-Pierre Fortin qui estime que cette restructuration nécessaire ne pourra pas se faire sans un support gouvernemental axé principalement sur des mesures fiscales plus compétitives aux entreprises prêtes à investir.

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