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Projet ACCORD : un terme à la concurrence asiatique

Au Québec, l’industrie du caoutchouc est en droit de voir la lumière au bout du tunnel. Selon le dernier rapport d’étude sur l’analyse des besoins en maind’oeuvre, formation et gestion des ressources humaines, publié le 26 juin dernier, les entreprises pourront contourner la menace des pays asiatiques en développant des marchés de niche pour se diriger vers des produits spécialisés.

Et en ce sens, trois partenaires ont décidé de se serrer les coudes pour amorcer un important virage dans le cadre du projet ACCORD (Action concertée de coopération régionale de développement). Il s’agit des régions du Québec, du gouvernement du Québec et de la Société générale de financement.

Un autre défi de taille auquel doit s’attarder l’industrie est celui d’assurer une maind’œuvre qualifiée. «Il n’y a pas de formation spécialement dédiée au caoutchouc dans les cégeps et universités. Au Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec, nous jouons en quelque sorte le rôle de leader au Québec en mettant sur pied nos propres programmes de formation générale et spécialisée», explique Lucie McCutcheon, chargée de projets du Comité.

Projet ACCORD

L’objectif principal du projet ACCORD est de créer un système productif régional afin de développer la compétitivité à l’échelle mondiale et nord-américaine pour chaque entreprise du Québec. Ce projet favorise le regroupement des gens d’affaires et des entrepreneurs d’une même région pour qu’ils puissent établir une stratégie à long terme.

«Les entreprises sont déjà extrêmement sensibilisées et se mobilisent pour faire face à la concurrence. Elles sont dans une dynamique de regroupement et amorcent le virage en recherche et développement et en formation de la main-d’oeuvre pour assurer leur développement futur», indique la directrice générale du Comité, Lucie Bourgault. Quatre autres objectifs figurent au menu du projet ACCORD:

  • Accroître la productivité et l’emploi en misant sur l’innovation et l’exportation;
  • Identifier des projets économiques concrets, structurants dans les régions du Québec;
  • Identifier des projets collectifs de nature à améliorer la qualité et la vitalité des milieux de vie dans les régions du Québec;
  • Favoriser le développement de réseaux industriels intra- et interrégionaux.

Plus de 10 000 emplois

Au Québec, on dénombre 117 entreprises oeuvrant dans l’industrie du caoutchouc. Quelques semaines avant la rédaction du rapport, c’était 128 entreprises. Quant au nombre d’emplois directs, il est de 10 644. La vaste majorité des entreprises se situe en Estrie. Bien que la fabrication de pneus, de tuyaux souples et de courroies en caoutchouc représente une partie non négligeable des activités de l’industrie, les établissements liés à la fabrication de produits divers en caoutchouc occupent 60 pour cent de la totalité de la production.

«La récente étude démontre que nous avons encore perdu des entreprises, notamment dans le secteur du rechapage de pneus. Ces entreprises sont pour la plupart devenues des centres de changement de pneus. Aujourd’hui, un consommateur peut s’approvisionner en pneus neufs auprès de pays asiatiques pour un prix beaucoup moins élevé», poursuit Madame Bourgault.

Au Québec et plus particulièrement en Estrie, il y a une volonté très ferme de trouver les solutions appropriées à la concurrence asiatique. «Le projet ACCORD vise aussi la mise à contribution de toutes les infrastructures disponibles pour assurer une formation adéquate à une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée».

À l’image de l’ensemble des entreprises manufacturières, l’industrie du caoutchouc doit se redresser rapidement pour mettre un terme à la concurrence asiatique. La production de masse doit céder sa place aux produits haut de gamme et à faibles quantités.

Avec une hausse constante des coûts des matières premières – ce qui est le cas des dérivés de pétrole pour le caoutchouc synthétique – l’appréciation du dollar canadien, des pays comme la Chine et l’Inde qui ne cessent d’améliorer leur rapport qualité/prix et la rareté d’une main-d’oeuvre spécialisée, la pression sur l’industrie du caoutchouc est très grande.

Sans l’ombre d’un doute, l’Estrie donnera le pouls aux autres entreprises du Québec. Et selon le rapport, le créneau leader pour traverser la crise passe par la fabrication de composantes en caoutchouc, en plastique et en matériaux composites destinées à la fabrication et à l’assemblage de matériel de transport.

L’étude conclut en disant qu’une douzaine d’entreprises du secteur du caoutchouc travaillent sur une stratégie de développement pour mener à l’élaboration d’un plan d’action quinquennal visant divers volets tels la formation, l’innovation, les infrastructures et le développement durable notamment.

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