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Plusieurs gisements à découvrir tout particulièrement en Gaspésie

Au Québec, les prochaines années s’annoncent particulièrement fébriles en termes d’exploration pétrolière. Les Basses-Terres du St-Laurent et la Gaspésie sont particulièrement des secteurs prometteurs.

C’est du moins ce qu’a déclaré Jean-Yves Laliberté, ingénieur-géologue et coordonnateur des activités d’exploration, recherche pétrole et gaz, au ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec.

Depuis 1990, dit-il, il y a un regain d’intérêt pour l’exploration pétrolière et gazière au Québec. Le terrain propice représente près de 13% du territoire, qui s’étend de la frontière américaine, en longeant la vallée du St-Laurent – incluant la Gaspésie et l’île d’Anticosti – jusqu’à Terre-Neuve.

«Cet engouement s’explique du fait qu’on a assisté à plusieurs découvertes intéressantes dans les bassins sédimentaires avoisinants, c’est-à-dire le bassin du Michigan qui englobe les parties américaine et ontarienne. Plusieurs types de roches retrouvées là-bas sont identiques à celles du Québec, d’où l’intérêt prononcé de procéder à l’exploration chez nous».

Six régions

La partie du territoire qui intéresse les prospecteurs représente 13% du Québec. Divers forages effectués ont permis d’identifier six régions qui présentent les meilleurs potentiels d’hydrocarbures de toute la province. Il s’agit des Basses-Terres du St-Laurent, du Bas St-Laurent, de la Gaspésie, de l’estuaire du St-Laurent ou bassin d’Anticosti, du golfe du St-Laurent et du Nord-du-Québec.

Deux gisements en Gaspésie

À ce jour, deux gisements ont été identifiés en Gaspésie et font l’objet d’exploration. Le premier est situé dans le canton de Galt, situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Gaspé. Le deuxième gisement se trouve à Haldimand, à l’embouchure de la rivière St-Jean, non loin de Gaspé. Ces deux propriétés sont exploitées par les entreprises Junex et Petrolia.

«Présentement, nous ne pouvons pas parler de réserves prouvées de pétrole. Ces gisements sont en voie d’être évalués. Nous avons une idée, mais il nous est impossible de préciser davantage. Et pour y parvenir, il faut poursuivre la production et les tests».

En 2006, Junex annonçait que son puits à Haldimand produisait 34 barils de pétrole léger par jour. Ce résultat était le fruit de tests visant à déterminer le débit de production stabilisé du puits. Le pétrole est produit depuis une zone saturée en hydrocarbures, située à plus de mille mètres de profondeur.

De nombreux prospecteurs

Selon le ministère des Ressources naturelles, une vingtaine d’entreprises détiennent un permis de recherche en pétrole et gaz au Québec. Cela représente quelque 7,5 millions d’hectares de territoire le long du St-Laurent. Bien que le potentiel à découvrir soit important sur l’île d’Anticosti, on prétend que les activités vont demeurer calmes cette année comme en 2006.

«Les entreprises vont repenser à leur stratégie. Anticosti signifie un défi de taille et des difficultés sur le plan de la logistique. C’est très compliqué de transporter de l’équipement là-bas, il n’y a pas de voies d’accès, ni d’infrastructures de distribution. C’est la raison pour laquelle les entreprises hésitent à investir à Anticosti».

Calme plat chez les multinationales

Que ce soit Ultramar, Esso, Shell ou Petro-Canada, les grandes pétrolières ne sont plus réellement présentes en territoire québécois pour l’exploration de nouveaux gisements. Esso et Petro-Canada ont été actives jusqu’au milieu des années 80, tandis que Shell l’a été plus particulièrement en Gaspésie et même à Anticosti jusqu’à 1999.

«Ces multinationales ont des programmes d’exploration à l’intérieur d’un échéancier bien défini. Si elles n’obtiennent pas les résultats escomptés, les territoires sont remis au gouvernement avant d’aller explorer ailleurs. Les géants du pétrole n’ont pas le même comportement, contrairement aux entreprises juniors qui veulent conserver leurs droits et privilèges».

Avenir prometteur

Jean-Yves Laliberté est ingénieur au ministère des Ressources naturelles depuis 20 ans. Il explique que les pétrolières gardent toujours un œil ouvert sur les possibilités d’exploration au Québec. «Elles viennent et repartent. Il y a des structures qui n’ont jamais été forées, des prospects qui n’ont pas été évalués et en ce sens, l’avenir est prometteur. Des recherches auront lieu au cours des prochaines années et nous espérons que cela va procurer une meilleure compréhension du sous-sol et aboutir à des découvertes intéressantes».

Plusieurs éléments favorisent l’exploration pétrolière au Québec. Non seulement son potentiel géologique est-il prometteur, mais la province dispose d’infrastructures routières et ferroviaires bien développées, ce qui permet un accès facile aux zones d’exploitation. À cela, faut-il préciser que le Québec jouit d’un passage direct à l’Atlantique et aux Grands Lacs par le St-Laurent, ce qui lui donne une porte d’entrée de choix aux marchés européens et américains.

Toujours selon les plus récentes données du ministère, une des structures géologiques observées dans le golfe St-Laurent contient à elle seule un potentiel évalué sommairement entre 1,5 et 2 milliards de barils de pétrole ou l’équivalent en gaz naturel.

Le prochain rapport 2005-2006 sera disponible plus tard cette année.

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