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Les bonnes solutions aux bons problèmes

Il est connu de tous que la prévention est un regroupement d’activité ayant pour objectifs communs de réduire, à son plus bas niveau, les risques d’accident en milieu de travail.

Les gestionnaires d’entreprise, les conseillers en RH et les préventionnistes, possèdent plusieurs outils à leur disposition pour atteindre cet objectif. En plus de ces outils, une multitude d’organismes telles qu’association paritaire, mutuelle et firme d’experts privée, pour en nommer quelques-unes, peuvent également les assister dans leurs activités de prévention.

Cependant, lorsque nous étudions les documents, les manuels de référence, les publications et les autres outils disponibles, très peu d’entre eux traitent de la problématique de résoudre les problèmes de façon efficace.

Plusieurs diront qu’il existe des outils, comme l’arbre des causes, pour assister les préventionnistes dans l’étude d’accident de travail. Mais il est efficace seulement pour les accidents de travail. Plusieurs auteurs disent que si les causes sont correctement identifiées, la solution sera facile à trouver.

Si l’on regarde plus en profondeur, nous pouvons constater qu’il n’est pas si facile de trouver les bonnes solutions aux bons problèmes. Citons quelques exemples que nous retrouvons encore en milieu de travail.

Identifier les causes

Savoir identifier la nature exacte d’un risque. Par exemple, un travailleur utilise un boyau avec un pulvérisateur pour accomplir une tâche de nettoyage avec un produit chimique de type corrosif. Dans l’historique de l’entreprise, des cas d’accidents ont été répertoriés lors de l’accomplissement de cette tâche.

Un cas d’accident évoque que le travailleur a été atteint à la figure par le jet du produit lorsque le boyau d’alimentation s’est sectionné. D’autres cas ont été signalés par des travailleurs qui ont reçu des gouttes du liquide dans les yeux lors de l’opération.

La plupart des intervenants sur le dossier, ont tous été d’accord qu’il faut équiper les travailleurs affectés à cette tâche d’une visière qui protège le visage. Or, le travailleur a reçu une visière de protection qui couvre le devant et les côtés du visage. La visière offre également une protection supplémentaire sur le dessus de la tête et sous le menton pour éviter une infiltration par le haut ou par le bas. Avec cet équipement de protection individuelle, les intervenants croient que le dossier est résolu.

Risque chimique

Mais le fait est que cette visière ne protège le travailleur que d’un seul danger. Un risque important qui a été ignoré dans de ce dossier, est celui du risque chimique. Le travailleur est exposé, malgré tout, aux vapeurs corrosives et aux particules en suspension dans l’air.

Sur une courte période de temps, disons une année, les effets sur la santé peuvent être très faibles ou même absents, selon la constitution physique du travailleur. Cependant, sur une plus longue période, des symptômes comme maux de tête chronique, difficulté respiratoire et même troubles neurologiques comme des troubles de la vision, sont susceptibles d’apparaître. Ces signes et symptômes sont des signes connus de contamination à long terme de matière corrosive.

Bien que le travailleur ait été protégé d’une contamination par des contacts cutanés, il ne l’était pas contre les risques de contamination par voie d’absorption respiratoire.

Nous pouvons appliquer ce principe de mauvaise compréhension de problématique à d’autres sujets d’actualité dans le milieu de la prévention. Prenons par exemple le dossier SIMDUT. Plusieurs organisations publiques ou privées tentent de se mettre à niveau et d’implanter le SIMDUT dans leur organisation.

Cependant, une mauvaise compréhension des lois et des règlements fait en sorte que ces organisations échouent dans leur tentative. Plusieurs s’imaginent que le fait d’avoir les fiches signalétiques des produits sur place et de faire quelques étiquettes, leur permettra de respecter la Loi sur les produits contrôlés.

Cette organisation ignore qu’il faut mettre à jour les fiches signalétiques lorsque celles-ci sont expirées et qu’il faut gérer l’inventaire des produits chimiques pour bien cibler les zones de risque. Ainsi, ces organisations ne résolvent que partiellement le problème. Ce sujet a d’ailleurs été traité dans un article spécialement voué à ce sujet.

Ensemble du milieu de travail

Le principe peut s’appliquer à une multitude de sujets en milieu de travail comme les problèmes de production, d’approvisionnement ou de gestion. Ces aspects de l’organisation étant essentiels à la survie de l’organisation, nous retrouvons dans ces services des outils ou des ressources supplémentaires pour résoudre les problèmes. Une organisation se doit de rendre disponibles ou d’appliquer ces ressources aux problématiques de prévention.

En bref, il faut une bonne connaissance du dossier. Ceci est rendu possible avec une bonne application des outils de diagnostic en prévention et une bonne recherche d’informations sur le sujet. Il faut bien cibler l’impact sur l’environnement de travail et les personnes qui le fréquentent. Ceci inclut les visiteurs et les sous-traitants. Se procurer un avis professionnel sur le sujet. Il est à noter qu’il faut être prudent sur cet aspect.

Pour vous citer un exemple, il a été porté à notre attention qu’un représentant d’une compagnie de produits chimiques a communiqué de mauvaises informations au sujet de son produit dans le but de réaliser une vente. Il s’est avéré, après une étude de produit, que les conséquences auraient été très graves si la personne responsable de la SST n’avait pas été aussi vigilante.

Finalement, pour être en mesure de résoudre un problème de santé et sécurité au travail dont les conséquences peuvent avoir un impact sur l’ensemble de l’organisation, il ne faut pas avoir peur d’incorporer dans votre processus, la concertation avec l’ensemble des ressources qui sont disponibles dans votre organisation.

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