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Gérer la forêt avec respect

L’industrie forestière occupe toujours une part importante de l’économie québécoise. Et, question d’assurer un approvisionnement de qualité pour les décennies à venir, des entreprises forestières sont très soucieuses de l’environnement. C’est le cas de l’entreprise familiale H. Leggett et Fils de la Petite-Nation, dans l’est de l’Outaouais.

Depuis trois générations, les Leggett vivent de l’industrie forestière et en tout temps, ils ont respecté les ressources naturelles de nos forêts en évitant les coupes à blanc et en effectuant des opérations forestières respectant les éléments naturels, comme les cours d’eau.

L’entreprise familiale a fait l’acquisition d’une première scierie en 1990, à Huberdeau, près de St-Jovite dans les Laurentides. La scierie Forespect de Denholm, au nord de Buckingham en Outaouais, fut acquise en 1996. En 1999, ces deux scieries sont fermées et les opérations sont concentrées dans une toute nouvelle scierie ultramoderne à Namur, presque à mi-chemin entre ces deux usines. Un investissement de 3,5 millions de dollars.

Aujourd’hui, c’est la troisième génération de la famille Leggett qui gère l’usine de sciage de transformation de bois franc Forespect à Namur, à environ une heure de route de Montréal, à l’est de Gatineau, avec Cory Leggett en tête, le fils de Tom, et son cousin Robin, le fils de Peter, les deux petits-fils du grand-père Henry Leggett Sr qui a fondé H. Leggett et Fils Inc. au début des années 90.

«Je baigne dans le milieu forestier depuis que je suis tout jeune, admet Cory Leggett. J’ai tout appris sur le terrain».

L’environnement d’abord

La philosophie d’entreprise des Leggett est la même depuis toujours: respecter la forêt qui leur fournit la matière première. C’est ainsi que la coupe de jardinage a toujours fait partie des pratiques forestières de l’entreprise. À l’inverse des coupes à blanc, la coupe de jardinage se veut une coupe sélective des arbres assez matures, représentant une récolte d’environ 30 à 35% du volume de la superficie de terrain.

«De cette façon, pas besoin de reboiser puisque cette coupe laisse plus d’espace aux jeunes arbres pour leur permettre de grandir plus rapidement, explique Cory Leggett. On doit laisser suffisamment d’arbres pour pouvoir retourner dans cette forêt dans 15 ou 20 ans. On fait cette coupe dans nos propres forêts comme dans les autres forêts privées ou publiques où l’on achète des droits de coupe».

La coupe de jardinage devient aujourd’hui une pratique exigée par certaines municipalités.

«Nous avons choisi cette coupe par respect pour l’environnement mais également pour nous assurer un meilleur avenir. C’était la meilleure méthode pour assurer un meilleur roulement sur nos terrains et les terrains des autres», rajoute M. Leggett. À la scierie Forespect, seuls les bois francs sont utilisés, dont principalement l’érable à 55% mais également le merisier, le chêne, le cerisier, le frêne et le tremble.

Un marché local

Cette scierie de taille moyenne fonctionne à l’année longue à raison d’un quart de travail par jour. Les 28 employés sont répartis dans la scierie, en forêt, au transport et à l’administration et la capacité totale annuelle de production de la scierie est de 7,2 millions de pieds.

L’an dernier, la scierie a enregistré une production de 6 millions de pieds destinée au marché local, notamment des grossistes en planchers de bois franc. Le plus important grossiste est Produits Forestiers BMB à St-Eustache. En temps normal, il n’y a pratiquement pas d’inventaire sur le terrain puisque le bois scié trouve rapidement preneurs.

L’approvisionnement de l’usine provient aussi de la région immédiate de Namur, dans un rayon de 150 kilomètres. Forespect s’approvisionne en tout premier sur les terrains de H. Leggett et Fils, une compagnie affiliée qui possède plusieurs terrains dans la région immédiate de Namur. Les terrains privés constituent cependant la principale source d’approvisionnement.

«Nous établissons une liste de prix pour cette coupe de bois et nous comptons sur notre réputation des années passées pour obtenir ces droits de coupe», poursuit M. Leggett.

Les terrains publics (CAAF) comptent entre 20 et 25% des arbres sciés. L’approche avec le gouvernement est différente de celle adoptée pour les propriétaires de terrains privés.

Et dire que cette histoire familiale a débuté avec le grand-père Henry Leggett Sr qui récoltait et transportait avec ses chevaux du bois de chauffage. Depuis, les chevaux ont été remplacés par des débusqueuses et le transport s’effectue par des remorques de 48 pieds. Maintenant, les opérations en sont devenues très complexes.

Profitant de l’évolution technologique, l’entreprise familiale continue dans la même lignée depuis toujours: respecter l’environnement! Ainsi, les arbres récoltés en forêt sont sciés par des équipements à la fine pointe de la technologie, comme une déligneuse au laser et un chariot doté d’un scanner pour éviter le gaspillage de bois. «Le moulin utilise les technologies les plus modernes dans le domaine du sciage de bois franc», termine Cory Leggett.

Et à Namur, en plus de la scierie, la famille Leggett est très présente dans la communauté avec un commerce de vente de pièces de machineries en forêt et de scies à chaîne en plus d’un autre commerce doté d’un poste d’essence. Une présence importante dans un petit village si pittoresque.

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