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Le TMG du CRIQ : Le premier classificateur transversal

Il existe une technologie québécoise qui se démarque dans le secteur de l’industrie du bois. Cette technologie est le fruit de l’expertise de chercheurs rattachés au Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ).

Ces chercheurs ont développé un classeur de bois MSR (Machine Stress Rating) unique en son genre : c’est le premier classeur MSR transversal à mesure directe disponible sur le marché.

Cet équipement peut classer des planches de 2″ X 3″, 2″ X 4″ et 2″ X 6″, variant de 5 pieds à 16 pieds de longueur à une cadence pouvant aller jusqu’à 240 taquets à la minute. Possédant un cœfficient de corrélation mesuré en usine de plus de 0,89 pour toutes les largeurs et toutes les longueurs de planches, il peut traiter trois classes simultanément.

Après la conception du prototype en 2001, la technologie du TMG fut homologuée deux ans plus tard par l’American Lumber Standards Commitee en plus de l’homologation canadienne du Canadian Lumber Standards Accreditation Board.

Le TMG, c’est le résultat du travail d’une équipe de cinq personnes, dont Danick Dupont, ingénieur en mécanique de formation de l’École de technologie supérieure, qui fait partie des chercheurs du CRIQ depuis 2000. C’est en quelque sorte le « père » de cette technologie.

Une demande d’Abitibi Consolidated

L’idée de départ provient des industriels et plus particulièrement des gens d’Abitibi Consolidated qui avaient besoin d’un équipement pour une de leurs usines située au Lac-Saint-Jean. Après les études, les tests et les prototypes, est né le TMG.

Depuis, quelques scieries au Québec s’en sont procurées telles que Kruger Longue-Rive, située sur la Haute Côte-Nord, Abitibi Consolidated Secteur Comtois en Abitibi, et Secteur Saint-Thomas-Didyme, au Lac-St-Jean.

Le cas de Saint-Thomas-Didyme

Cette scierie, qui compte 110 employés, approvisionne une usine de fabrication de semelles de poutrelles située à Saint-Prime. L’usine de Saint-Thomas ne possédait pas d’équipement adéquat pour grader le bois et accusait un taux de retour des pièces de l’ordre de 15 %.

Ce nombre est assez important car cette usine traite annuellement 106 millions de pieds-planches de colombage de 8 pieds et moins, 106 millions de pieds-planches dans son centre de rabotage, 20, 100 tonnes sèches de sciures et de planures, 92 000 tonnes sèches de copeaux de bois et 80 millions de pieds-planches sont passés dans ses séchoirs.

« Nous avons été approchés par des gens d’Abitibi Consolidated pour concevoir un équipement qui classerait le bois selon la résistance mécanique. Nous faisons plier mécaniquement la planche. C’est le premier TMG d’ailleurs qui a été installé en usine. Il s’agit ici d’un TMG-8, qui peut classer des planches de 6 à 8 pieds », explique Danick Dupont. Nous avons donc conçu un équipement qui fonctionne à haute cadence et en plus, qui peut être installé dans un espace restreint, ce qui évite bien souvent les agrandissements d’usines existantes ».

À Comtois en Abitibi, une autre scierie appartenant à Abitibi Consolidated, les chercheurs du CRIQ ont conçu en 2003 une nouvelle version de TMG soit le TMG-10, qui peut classer des pièces jusqu’à 10 pieds. « Cette usine opère 163 pièces à la minute. Chez Kruger Longue-Rive, une usine de rabotage localisée sur la Côte-Nord, un TMG-12, pouvant classer des planches allant jusqu’à 12 pieds de longueur a été acheté la même année et l’équipement permet de traiter jusqu’à 200 pièces à la minute. Le dernier modèle réalisé par les chercheurs est le TMG-16, qui traite des planches de 5 à 16 pieds et ce pour les dimensions 2×3, 2×4 et 2×6, jusqu’à 200 pièces à la minute également. Actuellement sur le marché, les classeurs disponibles traitent les planches d’une longueur de 14 et 16 pieds à des cadences allant de 120 à 140 pièces / minute.

La grande particularité du TMG est de classer le bois de manière transversale. « Avec un système linéaire, le système tend à perdre de la précision à cause de la vitesse. De plus, la planche peut recevoir des coups, se briser et causer des blocages de ligne. Nous n’avons pas ces inconvénients avec l’approche transversale », explique M. Dupont.

Vendu sur le marché entre 300 000 et 450 000 dollars canadien, il offre la possibilité de sélectionner la provenance et l’essence pour la production en cours.

L’équipement permet un affichage à l’écran du pourcentage de production et du module d’élasticité moyen en temps réel pour chacune des classes MSR produite. Ajoutons à cela que le fichier historique de données de planches est exportable sur le logiciel Microsoft Excel et que les résultats de classement sont exportables également pour la trousse MSR de Forintek, l’institut de recherche sur les produits du bois du Canada.

L’avenir de cet équipement est intéressant selon Danick Dupont. « Une entreprise américaine nous a approchée récemment pour réaliser un TMG-20, qui classerait les planches jusqu’à 20 pieds de longueur. Ce sont les scieries de l’Ouest canadien et d’une partie des États-Unis qui traitent principalement des planches de cette longueur. Nous avons également rencontré des scieries importantes en Colombie-Britannique et les réponses sont très bonnes. Nous sommes confiants que le TMG poursuivra sa lancée », de dire le chercheur.

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