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Ingénieurs et entrepreneurs – Quand le désir d’entreprendre passe avant les idées

L’hiver dernier, l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal et le MBA pour cadres (EMBA) de l’École des sciences de la gestion (ESG UQAM) ont expérimenté un module d’enseignement inédit associant les compétences d’ingénieurs et de gestionnaires autour de projets entrepreneuriaux, à partir d’une prémisse au premier abord, surprenante : est-il possible d’entreprendre sans idée ? Quelques mois après la graduation d’une première cohorte, l’ensemble des intervenants réunis autour du projet pilote s’entendent pour le qualifier de réussite.

Quête de pouvoir, désir d’autonomie, envie de s’accomplir au plan professionnel, de faire un gros coup d’argent… Partant du principe que la volonté de devenir entrepreneur, peu importe la finalité visée, précède le processus de génération des idées, le cursus est divisé en deux cours complémentaires :

l’incubation de l’idée entrepreneuriale et de l’idée entrepreneuriale à l’opportunité d’affaires. Il met l’accent sur l’interdisciplinarité en associant étroitement les compétences de l’ingénieur et celles du gestionnaire.

Considérant que cette culture des idées peut être stimulée chez chacun et chacune, le cours vise avant tout à sensibiliser les participants à un ensemble de méthodes et démarches variées qui permettent de générer un nombre important d’opportunités d’affaires, pour ensuite générer une large variété d’idées dont certaines pourront être mises en œuvre lors du second cours, peut-on lire intégralement dans le descriptif officiel du programme.

Concrètement, les étudiants intègrent le module sans aucune idée d’affaires et doivent cheminer durant six mois, de l’émergence de l’idée jusqu’à la définition d’une innovation, précise Olivier Germain, professeur du Département de management et technologie de l’ESG UQAM, qui accompagne ceux-ci avec son homologue le professeur Vincent Duchaine, du côté de l’ÉTS. En cours de session, ils sont appelés à constituer des équipes et seront plus tard amenés à deux reprises à pitcher devant des panels d’experts et d’investisseurs.

Pour le directeur du MBA pour Cadres de l’ESG UQAM, Guy Cucumel, ce programme inspiré d’un parcours ayant fait ses preuves à l’Université de Stanford en Californie répond à un besoin qui n’était pas encore comblé.

« En effet, il existait déjà un programme semblable à Montréal, soit une collaboration que l’ÉTS avait établie avec les Universités Concordia et McGill, mais qui se donnait exclusivement en anglais et était destiné à une clientèle bien précise. »

Guy Cucumel explique que dans le cadre de ce projet, des ingénieurs de l’ÉTS avaient conceptualisé les outils pour de futurs chirurgiens diplômés de McGill, que les étudiants de Concordia avaient ensuite commercialisés.

« Alors, quand l’ÉTS nous a approchés pour consolider un module similaire en français, l’association devenait naturelle. On a donc voulu adopter une approche plus générale pour attirer nos étudiants de l’ESG inscrits au MBA et les ingénieurs en innovation à la maîtrise de l’ÉTS », ajoute-t-il, fier de chapeauter cette initiative dans le cadre de son mandat. Isabelle Gagnon, qui travaille à ses côtés, souligne qu’en plus de répondre aux besoins du milieu de façon novatrice autant du point de vue académique qu’entrepreneurial, le nouveau programme donne lieu à des innovations de hauts niveaux.

La première cohorte d’étudiants et des accompagnateurs lors des pitchs entrepreneuriaux présentés à l’Espace CDPQ de la Caisse de dépôt et placement du Québec, le 12 avril dernier. Cette étape venait marquer la fin du premier cours du projet intitulé L’incubation de l’idée entrepreneuriale.

Deux témoignages éloquents

« Mon intérêt personnel était d’apprendre à porter une idée de sa naissance jusqu’à sa commercialisation complète, peu importe qu’il s’agisse d’un service ou d’un produit », partage Martin Plante, qui travaille présentement dans une entreprise de technologie touchant à la R et D, admettant de surcroit que dorment en lui depuis longtemps une bonne quarantaine d’idées et qu’il était enfin temps d’apprendre à exploiter tout ça.

« Ces deux cours sont très bien montés et ils m’ont apporté les connaissances que je voulais acquérir, lesquelles ont été directement applicables dans le contexte de mon travail actuel », poursuit celui qui assure depuis dix ans un rôle de direction et management technique dans le domaine des technologies dans le transport.

Par Valerie R. Carbonneau

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