La force des régions

On entend souvent dire que la grande région métropolitaine de Montréal est le moteur de l’économie du Québec. Eh bien, sans aucun chauvinisme, si Montréal est le moteur, les régions du Québec sont la transmission et les roues ! Et nous sommes bien placés pour le savoir.
Dans le cadre de la préparation des différents salons industriels des Promotions André Pageau, nous sommes appelés, mon partenaire Michel Lemelin et moi, à parcourir les routes des régions du Québec. Que ce soit en Estrie, dans le Bas-Saint-Laurent, en Abitibi-Témiscamingue ou dans la grande région de Québec, nous sommes aux premières loges pour constater la vitalité et la force des régions dans l’industrie manufacturière.

Est-ce grâce à la débrouillardise nécessaire en raison de l’isolement des régions, au sens aigu de la communauté des entrepreneurs, à la fidélité de la main-d’œuvre, ou simplement à une génétique propre à pousser les gens des régions à se partir en affaires ? Un peu tout ça, j’imagine.
Si on y ajoute le coût moins élevé des terrains pour la construction d’une usine, les taxes réduites comparativement aux grands centres, les accès faciles à des infrastructures routières, ferroviaires et même, dans certains cas, maritimes, sans les problématiques liées à la congestion routière, les régions offrent de belles opportunités pour les entrepreneurs, tant pour la création que pour l’expansion des entreprises industrielles.

L’un des plus beaux exemples de cette force d’attraction des régions : l’école d’Entrepreneurship de Beauce. Alors que les grandes écoles traditionnelles de commerce et de gestion sont concentrées dans la région montréalaise, l’EBB s’est établie à St-Georges. Déjà réputée pour être une véritable pépinière de l’entrepreneurship au Québec, la Beauce devient du coup son centre névralgique.

La formule « E to E », ou transfert d’expérience d’entrepreneur à entrepreneur, propose une approche centrée sur le mentorat et le partage de savoir-faire unique en son genre. Les « professeurs » sont des entrepreneurs-entraineurs, et les étudiants, des entrepreneurs-athlètes. On s’éloigne ici de la formation académique classique. Pas de cours magistraux, pas d’examen, pas de travaux, la formation mise sur des ateliers pratiques et le coaching pour permettre aux entrepreneurs de développer leur plein potentiel. Visiblement, la formule plait aux entrepreneurs, tant ceux qui partagent leurs connaissances que ceux qui en bénéficient.

Dans le contexte économique actuel, où l’optimisme est loin d’être à son plus haut, le Québec peut s’estimer chanceux de compter sur les industries en région et sur cette école pour promouvoir le développement de l’entrepreneurship d’ici. Combiner la force des régions aux formations de l’EEB, ça ne peut être qu’une formule gagnante, pour tous.

En terminant, je profite de l’occasion pour vous inviter à visiter la première édition du Salon industrielle Abitibi-Témiscamingue, qui se tiendra les 11 et 12 mai prochains. Ce 6ième salon industriel des Promotions André Pageau est, lui aussi, une preuve éloquente de la vitalité des régions.

Éric Pageau, éditeur

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