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Le soleil brille sur le panneau des énergies renouvelables

La société consumériste dans laquelle nous vivons ne risque pas de se métamorphoser en société ascétique du fait de la pénurie des matières premières non renouvelables. Les compagnies de pétrole semblent l’avoir compris au point de progressivement investir dans le domaine de l’énergie solaire pour diversifier leur offre de produits et maintenir leur pouvoir sur le marché de la consommation d’énergie.

À ce chapitre, elles risquent bien de gagner le pari non seulement de la survie, mais de la rentabilité dans un marché qui s’imposera aussi facilement et rapidement que s’épuiseront les réserves de pétrole et les autres combustibles naturels destinés à la production d’énergie. Les pétrolières ne sont pas les seules à avoir compris le potentiel du solaire comme énergie durable, voire même économiquement rentable.

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est en Chine, pays où il se construit plus d’une centrale au charbon par semaine, que la technologie du solaire prospère le plus et le plus rapidement. Les orientalistes du dimanche l’expliquent par les paradoxes qui caractérisent ces sociétés de l’extrême où le pire et le meilleur triomphent avec un égal succès. Les projets « d’électrification » des villages éloignés, la demande industrielle, les projets de développement immobiliers, etc. sont autant de facteurs qui ont mobilisé les entrepreneurs qui ont saisi l’opportunité pour faire, avec le soleil, des affaires d’or.

En 2006, l’homme le plus riche du monde était un entrepreneur d’énergie solaire chinois dont les parts dans la compagnie Suntech Power Co lui assuraient plus d’un milliard de dollars en argent de poche.

Qu’en est-il au Québec?

Nombreuses sont les technologies adaptées aux divers besoins comme le chauffage des bâtiments, de l’eau domestique, le pompage de l’eau, la cuisson des aliments, etc. La liste est longue. Pour ceux qui sont néophytes comme moi, je recommande la lecture de la présentation que Jean-Pierre Desjardins, chargé de cours à l’UQAM et vice-président de Énergie solaire Québec (ESQ) avait faite lors du colloque sur les choix énergétiques, l’environnement et la santé globale accessible par un clic de souris sur la toile. On y apprend, entre autres, qu’au Québec a déjà existé une industrie de l’énergie solaire. Dans les années 1970, au moment de la crise pétrolière, deux compagnies, Petro-Sun International Inc. et FournelleÉnergie Technologie Inc. avaient alors vu le jour, favorisées jadis par des subventions du gouvernement fédéral destinées aux installations solaires. Les deux ont disparu aussitôt que le gouvernement a coupé les subventions suite à la fin de la crise du prix du pétrole dans les années 1980. Pour revaloriser ce type d’énergie aujourd’hui, ESQ, un organisme à but non lucratif, organise plusieurs séances d’informations, des excursions solaires et des formations aux personnes intéressées par les type d’énergie alternatives.

Cette étoile nommée soleil

Le Québec bénéficie de 2 000 heures d’ensoleillement par année ce qui en fait un lieu favorable à l’énergie solaire. Cette dernière peut être utilisée pour produire de l’énergie thermique (passive ou active) ou de l’énergie électrique (photovoltaïque). Pour bénéficier du chauffage issu de l’énergie solaire, par exemple, il faut habiter une résidence judicieusement orientée et conçue avec une fenestration appropriée afin d’assurer une exploitation optimale de la chaleur solaire. Dans nos centre urbains, pour que plus de propriétaires y aient accès, il faudrait une planification urbaine audacieuse impliquant une reconfiguration des rues en fonction de la direction des rayons du soleil. La documentation du Ministère des ressources naturelles indique qu’on peut réduire de près de la moitié nos coûts de chauffage avec un système de chauffage solaire passif ou actif.

Des coûts qui refroidissent

Se convertir à l’énergie solaire exige d’avoir les reins solides, surtout pour un particulier. Si des économies sont possibles sur le long terme (puisqu’on ne paie pas de factures par la suite), les prix des installations choisies demeurent élevés. Par exemple, la défunte Agence de l’efficacité énergétique, pour qui le glas a sonné lors du dernier budget Charest-Bachand, faisait la promotion du chauffe-eau solaire domestique qui peut fournir jusqu’à 60 % de l’énergie requise pour répondre aux besoins en eau chaude d’une famille, pouvait-on lire sur son site. Il faut donc malgré tout posséder un système parallèle de chauffe-eau pour pallier au manque à gagner si la météo devait manquer de clémence et si les besoins de la famille ne pouvaient s’accommoder de la quantité disponible. Les coûts d’installation peuvent varier entre 4 500 $ et 8 500 $. Même avec la possibilité d’obtenir une aide financière – souvent imposable – pour amortir les coûts, il faut être un converti pour oser le pari du solaire sur le plan individuel.

Myrna Chahine

Professeure de philosophie

Cégep Marie-Victorin

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