La forêt possède un potentiel exceptionnel

Le coordonnateur du Service intégré du bois, Jean-Denis Careau, s’emballe en parlant du potentiel de la fabrication de produits en bois, de meubles et de produits connexes. «Notre industrie ne fait pas beaucoup parler d’elle, mais elle est plus importante qu’on le pense», commente-t-il.

M. Careau rappelle que la région bénéficie de caractéristiques plus qu’avantageuses pour assurer son avenir. Selon lui, la diversification de l’industrie lui permet notamment de sortir moins blessée que le nord du Québec de la crise du bois d’œuvre (voir autre texte).

De plus, la structure industrielle lui permet une optimisation de la ressource forestière:

  • les résidus et les écorces sont utilisés à des fins énergétiques (usines de cogénération, séchoirs, granules, etc…);
  • les sciures, rabotures et copeaux sont valorisés par l’industrie du panneau et du papier;
  • les tiges de diverses qualités et de diverses essences sont transformées par l’industrie du sciage et du déroulage, ainsi que par l’industrie du papier.

M. Careau ajoute aussi que la région se démarque du reste de la province grâce à une proportion de 76% du territoire sous couvert forestier, de 93% de ce couvert de nature privée ainsi que de 66% de tiges feuillues, contrairement aux résineux du nord qui sont destinés au marché du bois d’œuvre. Domtar possède d’ailleurs 120 000 hectares à elle seule, soit 15%.

L’industrie forestière: une force régionale

Sans faire trop de bruit, l’industrie du bois et du meuble représente un moteur du développement économique rural dans les Cantons-de-l’Est.

Près de 200 entreprises, ce qui représente le quart du secteur manufacturier, donnent un emploi à plus de 12 500 personnes. En termes du nombre d’entreprises, cette industrie trône au sommet de ce classement, devançant même le secteur des métaux et celui de l’alimentation.

Selon le Service intégré du bois, la région représente un chef de file de la transformation du bois d’apparence et composites:

  • L’Estrie est première au Québec pour la production de bois de sciage de feuillus durs;
  • L’Estrie transforme 20% du bois de sciage de pin;
  • L’Estrie abrite la plus grande usine de production de panneaux de particules en Amérique du Nord (Tafisa à Lac Mégantic) ainsi qu’une importante usine de déroulage et de placages de feuillus (Industries manufacturières Mégantic-division Masonite).

Les principaux fabricants de produits en bois et de meubles sont Tafisa (plus de 200 emplois à Lac Mégantic), Shermag, Cabico (plus de 500 emplois à Coaticook), Industries manufacturières Mégantic-division Masonite (plus de 200 emplois à Lac Mégantic) et Bestar.

D’autres entreprises, quoique plus modestes, constituent des leaders mondiaux dans leurs spécialisations. On retrouve parfois leurs produits aux quatre coins de la planète, comme les guitares Guitabec de La Patrie, les bâtons de baseball de JM Champeau à Saint-Malo, les meubles de Shermag ainsi que les bâtons de hockey de Sherwood-Drolet.

L’avenir semble prometteur aux yeux de M. Carreau, qui clame haut et fort que son groupe est convaincu que d’ici 2011, l’industrie du bois d’apparence et composites de l’Estrie sera reconnue comme une industrie qui innove tant en matière de produits et de procédés qu’en ce qui a trait à la gestion.

Pour ce faire, le Service intégré du bois entend accroître la productivité et la flexibilité des entreprises, en plus d’augmenter la capacité à développer de nouveaux produits et marchés. S’ajoutent une stratégie d’attraction, de qualification et de rétention de la main-d’œuvre, ainsi que l’élargissement du réseau d’affaires et de collaborateurs de l’industrie.

Moins touchée par la crise du bois d’œuvre

L’Estrie a été affectée par la crise du bois d’œuvre, mais la région semble plus épargnée que les régions du nord du Québec, qui voient les scieries fermer les unes après les autres.

Le coordonnateur du Service intégré du bois, Jean-Denis Careau, admet que près de 1 000 emplois, sur un total d’environ 12 000, ont été perdus jusqu’à maintenant dans les Cantons-de-l’Est.

Il cite en exemple les entreprises Mégabois, Shermag (Scotstown et Disraéli), Scierie Geoffroy, Produits forestiers Champlain et Clôtures rustiques L.G.

M. Carreau rappelle que le contexte estrien est différent de celui des autres régions ressources du Québec. Jusqu’ici, peu d’usines ont fermé de façon définitive leurs portes, alors que de nouvelles ont vu le jour. Toutefois, à ses yeux, même si les entreprises phares se maintiennent, on assiste à un ralentissement généralisé de l’industrie.

Toujours selon M. Careau, la grande diversification de l’industrie du bois et du meuble et l’importante importation de feuillus (75%) avant de la revendre expliquent grandement la position de force de l’Estrie. «Même les autres régions administratives du Québec souhaitent appliquer notre modèle», signale-t-il.

De toute façon, la région ne pourrait même pas tirer profit des fermetures des scieries du nord car l’Estrie n’exploite pas le même créneau, ni la même spécialité et ne possède pas les mêmes clients.

De plus, la région abrite surtout des feuillus destinés au bois d’apparence (la finition par exemple), contrairement aux résineux du nord du Québec destinés au bois d’œuvre (les populaires 2×4 par exemple).

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