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Manac: sur la route du 3D

Manac est une entreprise bien de chez nous. Vous avez sûrement croisé un de leurs véhicules sur la route. Fondée en 1966 à St-Georges-de-Beauce, Manac se spécialise dans la conception et la fabrication de semi-remorques, fourgons, fardiers, plates-formes, billots et bennes basculantes. Elle possède 3 usines localisées à St-Georges-de-Beauce, Trois-Rivières et Oran dans le Missouri

Les produits les plus populaires de son usine de la Beauce sont, sans contredit, le fourgon standard fermé qui est utilisé par ses clients pour transporter de la matière sèche et, la semi-remorque en acier. L’usine de Trois-Rivières, quant à elle, fabrique la benne basculante, les fardiers et les semi-remorques pour le transport de billots.

Ce qui différencie Manac de sa compétition, c’est sa capacité à concevoir et fabriquer des produits sur mesure d’une très bonne qualité, une grande souplesse et des prix concurrentiels. Pour être en mesure de bien livrer la marchandise, le groupe d’ingénierie de Manac doit avoir les bons outils.

Jacques Blais, directeur de la réingénierie chez Manac travaille à l’usine de la Beauce depuis 1984. Il nous décrit l’historique de l’utilisation des logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur) dans le département d’ingénierie:

  • 1966 à 1986: dessins à la main.
  • 1986: début de l’utilisation du logiciel AutoCAD.
  • 1995: essai d’un logiciel 3D haut de gamme
  • 2000: implantation d’un logiciel 3D milieu de gamme

Chez Manac, AutoCAD a été personnalisé de façon très avancée, ce qui rend plus complexe le passage à un logiciel de conception 3D. En 1995, lorsqu’ils font un banc d’essai d’un logiciel 3D haut de gamme, les gens de l’ingénierie voient très clairement tous les bénéfices qu’un logiciel de CAO 3D pourrait amener à l’entreprise. Par contre, les faibles performances pour le type d’équipements qu’ils conçoivent, la difficulté d’apprentissage, l’obligation d’utiliser des stations de travail au lieu des ordinateurs personnels et le coût très élevé du logiciel, font en sorte que le projet est mis de côté.

Mais en 2000, lorsque monsieur Blais entend parler des logiciels de CAO 3D milieu de gamme, plus faciles à utiliser et plus abordables, il décide avec son équipe de redémarrer le projet 3D.

Pourquoi être passé au 3D?

Les avantages sont réels avec le 3D: la communication entre les départements d’ingénierie et de production s’est vue grandement améliorée. Ce qui a un impact significatif sur le nombre d’erreurs de production dans l’usine. De plus, un logiciel de 3D permet de faire une série de tests et de scénarios qui permettent de valider si les idées peuvent être intéressantes, sans avoir à investir un montant important.

Pourquoi? Parce que le logiciel 3D permet de modifier n’importe quelle valeur dans la conception du modèle et la modification se répercute automatiquement sur l’ensemble du produit. Les dessins sont donc mis à jour automatiquement et l’impact de la modification d’une pièce sur l’ensemble de la remorque peut être constaté immédiatement à l’écran.

Par le passé, avec un logiciel 2D, la modification sur une série de plans pouvait vouloir se traduire par la destruction de catalogues complets de dessins. Aujourd’hui, quand une modification est effectuée en 3D, l’ensemble des dessins 2D peut se mettre à jour automatiquement. La quantité de travail qui est maintenant sauvée est très importante.

L’implantation

Monsieur Blais nous décrit quelles ont été les étapes d’implantation du logiciel 3D chez Manac:

  1. Acquisition de 3 licences, formation de 3 champions.
  2. Préparation du terrain pour les autres usagers: a) Réalisation de tests complets sur logiciel; b) Définition des règles d’utilisation; c) Modélisation en 3D des pièces achetées les plus courantes (celles qui n’étaient pas encore disponibles de leurs fournisseurs)
  3. Formation de la 2e vague d’usagers (production).
  4. Mise en production.

Bénéfices

Les bénéfices du 3D sont vraiment tangibles et faciles à mesurer. Comme exemple, monsieur Blais parle de la mise à jour des dessins automatique et de la paramétrie. Avec un logiciel 2D, si une pièce devait être changée, la modification devait être répétée manuellement dans un grand nombre de dessins…jusqu’à 25 dans certains cas.

De plus, avec un logiciel 3D, étant donné que l’information est très facile à consulter et à comprendre, la communication entre les différents départements s’en trouve grandement améliorée.

 Il termine en disant: «Avec le 3D, ça enlève à tous les intervenants l’envie de regarder les dessins 2D».

L’autre point mentionné est la facilité et la rapidité avec lesquelles ils peuvent créer des vues explosées. Une fonctionnalité grandement appréciée est la possibilité de simuler le mouvement d’un assemblage ou sous-assemblage afin de vérifier visuellement son bon fonctionnement. En temps normal, un logiciel 3D permet d’éviter l’étape coûteuse de la réalisation d’un prototype. Dans le cas de Manac, cette étape ne peut pas être évitée, puisque des tests doivent être réalisés afin de répondre aux lois canadiennes et américaines des transports.

Un bénéfice important est la diminution des erreurs sur les plans. Maintenant, le dessinateur s’aperçoit des erreurs dans le dessin en 3D beaucoup plus facilement. Une semaine avant la rédaction de cet article, un dessinateur de l’usine de Trois-Rivières s’est aperçu que des composantes avaient été mal placées sous la remorque avant que les plans se retrouvent en atelier. De plus, la vérification du mouvement d’une benne basculante en 2D est virtuellement impossible à réaliser. Le logiciel 3D leur permet de vérifier si différentes composantes s’entrechoquent lors du mouvement de la benne.

Erreurs à éviter

Monsieur Blais termine en faisant quelques recommandations:

  • Il faut bien planifier la façon dont le 3D sera implanté.
  • Lors de la planification, il faut définir les étapes mieux que pour une implantation d’un logiciel 2D.
  • Un bon logiciel 3D permet toujours de faire du 2D si on doit absolument le faire. Conseils pour accélérer l’adoption du 3D le plus vite possible

La résistance aux changements est toujours forte dans n’importe quelle entreprise. Il ne faut donc pas lésiner sur la formation et l’encadrement du personnel. Il est toujours judicieux de bien choisir les premiers usagers du 3D, les champions et s’assurer qu’ils seront bien formés. De cette façon, on s’assure que le noyau des usagers du 3D sera solide à l’intérieur de l’équipe. Tout logiciel 3D quel qu’il soit, doit être personnalisé afin de s’adapter aux différents processus et standards internes. Il faut donc s’assurer que cette étape ne soit pas escamotée, afin de maximiser les chances de succès d’un tel projet.

En regardant le chemin parcouru et les progrès accomplis en 6 ans, les gens de Manac pensent vraiment que la route vers le 3D peut être très payante…

Claude Carmel est directeur de compte
chez UGS Canada et a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine de la CAO. claude.carmel@ugs.com www.ugs.com / www.ugsplm.fr

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