Accueil » Dossiers » Cuir et textiles » L’industrie du textile est en pleine mutation

L’industrie du textile est en pleine mutation

Depuis que la Chine et d’autres pays asiatiques envahissent le marché mondial de produits textiles à bon marché, le Québec a connu des vagues sans précédent de pertes d’emplois dans le secteur. Et tout particulièrement dans la grande région de Montréal où le textile occupe une part importante de l’économie.

Au cours des cinq dernières années, la baisse d’emplois se chiffre à 15%, alors que le nombre d’établissements a chuté de 11% et les expéditions de 21%.

Nouvelle orientation

Ces mauvaises nouvelles ont eu pour effet de forcer les dirigeants d’entreprises à s’orienter vers d’autres créneaux afin de redonner un nouveau souffle à l’industrie qui en a réellement besoin.

«L’industriel doit changer sa méthode de travail. Ce qui était basé autrefois sur la production de masse ne l’est plus maintenant. Les entreprises doivent se diriger vers des produits hors saison, à plus petits volumes et à valeur ajoutée. La polyvalence et l’adaptation aux changements technologiques des machines sont nécessaires en vue de bâtir une rentabilité sur des quantités relativement limitées», explique le vice-président, services commerciaux, chez le Groupe CTT, Richard Cormier.

Le Groupe CTT, dont le mandat est d’offrir un encadrement aux entreprises de textile en leur proposant des services techniques en laboratoire, d’information et commerciaux pour les aider à renforcer leurs capacités à concurrencer les marchés mondiaux, estime que le virage dans le secteur du textile est amorcé pour le mieux.

Selon Richard Cormier, il est clair qu’il est impossible de concurrencer le taux horaire d’un salaire d’ici avec celui d’un travailleur de Chine qui reçoit 0,25¢ l’heure. «Bien qu’une partie du textile vestimentaire ait passablement de difficultés à réorienter sa production vers des produits à valeur ajoutée, d’autres réussissent très bien».

Montréal: plaque tournante

Dans le secteur du textile vestimentaire et de la mode, Montréal occupe toujours le premier rang. En Amérique du Nord, la ville vient au troisième rang, après New York et Los Angeles. Leader dans son secteur au Canada, en y incluant la Montérégie et le Centre-du-Québec, la spécialité réside dans les tissus tissés ou tricotés destinés majoritairement au marché du vêtement et du tissu d’ameublement.

Production hybride

Pour conserver son principal client, les États-Unis qui importent 55% de la production de textile, l’industrie et tout particulièrement Montréal et la région, doivent également prévoir d’autres façons de faire pour assurer sa viabilité économique à long terme.

«Les entreprises peuvent adopter des solutions comme celle de la philosophie de la production hybride. En termes clairs, cela signifie qu’au lieu de produire à haut volume comme autrefois chez nous, il est préférable de le faire à l’étranger dans des pays en voie de développement via une entente de sous-traitance. Et pendant ce temps, nous conservons ici la production à valeur ajoutée, de même que les emplois reliés à la logistique comme le design et la gestion de production».

Prévisions du Groupe CTT

Dans un récent document faisant état de l’industrie du textile, le Groupe CTT soutient que ce secteur ne disparaîtra pas, mais qu’il sera appelé à se contracter davantage au cours des prochaines années.

Ceux qui survivront, indique le document, seront des joueurs de niche qui maîtriseront leurs coûts, le design et les techniques modernes de distribution et de marketing.

De plus, les manufacturiers devront exporter davantage, malgré une concurrence féroce des prix au détail. De son côté, la Chine sera encore plus présente dans les tissus vestimentaires et la consolidation des détaillants se poursuivra. La croissance du marché sera lente, mais certaine.

Finalement, le Groupe CTT tient à indiquer aux entreprises que, malgré la forte concurrence des pays asiatiques avec en tête la Chine, elles disposent de plusieurs atouts pour réussir. «Nous avons une stabilité de la main-d’œuvre, un important centre de recherche, de faibles coûts de l’énergie et de construction, une excellente infrastructure de transport, des entreprises flexibles, une productivité élevée tout en étant à proximité du marché américain.

Et à cela si on ajoute notre détermination, nous avons tout pour réussir»!

Aucun commentaire.

Répondre