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Des poteaux qui résistent à la crise forestière

Le rattrapage du dollar canadien sur la devise américaine a frappé de plein fouet l’industrie forestière au pays.

Plusieurs entreprises ont tout simplement fermé leurs portes, faute de rentabiliser leurs opérations. D’autres occupent des marchés qui sont moins ébranlés, comme c’est le cas pour Stella-Jones dont la production est vendue à 79,9% au Canada (seulement 19,8% aux États-Unis).

La moitié de cette production consiste à produire des poteaux pour les compagnies d’utilité publique, dont Stella-Jones est l’unique fabricant au Canada. L’une des principales usines de fabrication de poteaux de Stella-Jones est située à Gatineau. Une usine qui compte 16 travailleurs.

En 2005, Stella-Jones a réalisé des ventes de 71,1 millions $, 23,1% de plus qu’en 2004, en poteaux destinés aux sociétés de services publics. Les ventes totales de l’entreprise (incluant les autres opérations) atteignaient 157 millions $, un niveau record, soit 50% de plus qu’en 2003, note le premier vice-président et chef des finances, Georges T. Labelle.

Cette hausse (dans la vente des poteaux) est attribuable à une forte demande de poteaux pour lignes de transmission, conjointement à une forte croissance des ventes de poteaux de grande taille pour lignes de transmission destinées à divers projets spéciaux et à des projets de parcs éoliens», explique M. Labelle. Et ce n’est qu’un début dans ce domaine puisque M. Labelle prévoit une vague importante de remplacement des poteaux pour lignes de distribution.

«Il y a présentement 12 à 14 millions de poteaux de bois traité pour services publics en exploitation au Canada et ce, avec un âge moyen de 35 à 45 ans. Compte tenu du fait que la durée de vie utile des poteaux de bois traité se situe entre 40 et 50 ans, la demande cumulée dans ce marché atteint un niveau élevé».

À l’abri… mais pas complètement!

Même si l’entreprise forestière semble en très bonne position pour l’avenir, elle pourrait être affectée néanmoins par la disponibilité à court terme du bois à prix concurrentiel et par les règlements en matière d’environnement. «La position concurrentielle de la Société dans son secteur est accentuée par son aptitude à s’approvisionner en bois de charpente de qualité, qui lui procurent ses droits de coupe à long terme ainsi que ses relations bien établies avec des propriétaires forestiers et d’autres fournisseurs», commente Georges T. Labelle.

«Il est par ailleurs possible que des modifications importantes soient apportées aux lois et aux règlements sur l’environnement, ce qui constitue un autre risque pour la Société. La direction croit que son engagement sur le plan environnemental, s’il est soutenu par les investissements requis, permettra à la Société de continuer de respecter les exigences en vigueur en matière de réglementation environnementale».

La hausse du dollar canadien a aussi modifié le plan d’attaque de Stella-Jones, puisque les ventes outre-mer ne font plus partie des priorités de l’entreprise qui se concentrera sur le marché canadien, tout en fournissant ses clients américains. C’est ainsi que les ventes à l’étranger, excluant les États-Unis, ont passé de 2,8 millions $ en 2004 à 409 000$ en 2005. Et la tendance à la baisse se maintiendra pour l’avenir, mentionne M. Labelle. «Cette baisse reflète la décision stratégique de la Société de miser davantage sur le marché intérieur à marge plus élevée».

Bien plus que des poteaux

Stella-Jones produit annuellement 125 000 poteaux de bois traité sous pression. Parmi ses grandes forces vis-à-vis la concurrence, mentionnons: l’accès à un approvisionnement de bois d’oeuvre de haute qualité; des emplacements partout au Canada avec un accès commode aux chemins de fer, aux routes et aux ports; une position bien établie à titre de fabricant important et fiable de produits en bois traité de haute qualité; enfin, des liens durables et des contrats d’approvisionnement avec les sociétés de services publics d’électricité, les sociétés de télécommunications et de chemin de fer, les sociétés d’État et les administrations publiques.

Les poteaux fabriqués par Stella-Jones sont conformes ou supérieurs aux plus récentes normes en usage pour les sociétés de services publics, lesquelles sont supérieures aux normes nationales du Canada et des pays importateurs, aux États-Unis, en Amérique centrale, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. La fabrication comprend entre autres, le traitement préventif et un traitement sous pression qui protège le bois contre la décomposition, les champignons et les insectes.

Pour Stella-Jones, la vente de poteaux de bois représente 45% des revenus de l’entreprise, les autres produits vendus étant des traverses de chemin de fer (38%), du bois à usage industriel (11%) et du bois d’œuvre à usage résidentiel (6%).

Stella-Jones a été constituée en octobre 1992 en vue d’acquérir la division de la préservation du bois de Domtar Inc., dont l’existence remontait au début des années 1900. L’acquisition des éléments d’actif d’exploitation de cette division, sauf les terrains, a été complétée en juin 1993. En 1994, Stella-Jones devenait une société ouverte en s’inscrivant en Bourse.

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