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Bitume Québec réclame un réinvestissement de l’État dans un programme national de réhabilitation et d’entretien préventif des routes

Après avoir vécu quelques années de fragilité et de vulnérabilité imputables à plusieurs facteurs, dont au report des contrats antérieurement adjugés par le ministère des Transports du Québec (MTQ), les membres de Bitume Québec, l’association regroupant les acteurs de l’industrie du bitume, de l’entretien des routes et du pavage, réclament du nouveau gouvernement du Québec et de son ministre des Transports, François Bonnardel, un réinvestissement stratégique dans un Programme national de réhabilitation et d’entretien préventif des routes, et ce, aux fins d’un retour à court ou moyen terme à un réseau routier en santé et optimal.

C’est ce qu’a indiqué, le 20 février, à l’occasion des assises annuelles de Bitume Québec, à St-Hyacinthe, le président de l’organisme, Martin Pelletier, en soulignant qu’il y a un an à peine, le ministre libéral des Transports du temps, André Fortin, annonçait des investissements routiers de 4,8 milliards de dollars (4,8G $) pour 2018-2020, ce qui reflétait l’ajout de 200 millions de dollars (200M $) à comparer à la prévision initiale. « Bien que nous reconnaissons qu’il s’agissait là d’un pas de plus accompli vers une remise à niveau bonifiée d’un réseau routier national trop longtemps négligé, force est de constater, qu’avec une dégradation accentuée, le réinvestissement s’impose malgré tout plus que jamais » a précisé monsieur Pelletier, à raison de plus que de récentes études démontrent que près de 50 % du réseau routier québécois est encore en piètre état, en dépit des efforts consentis.

Pour Bitume Québec, un tel Programme pourrait même constituer une forme d’endiguement des dommages engendrés par les nombreux bouleversements climatiques qui affectent durement les chaussées souples qui sont, particulièrement cet hiver, mises à très rude épreuve.

« Les pronostics scientifiques ne sont guère plus encourageants pour les prochaines années, dans la mesure où les caprices de la météo devraient encore plus s’accentuer, alors que neige et pluie, en alternance accompagnées de gel, de dégel et de regel à répétition risquent fort d’être encore au menu pour les années à venir » a renchéri le président de Bitume Québec, en soulignant que l’industrie maintenait une vigie constante à ce chapitre.

Un autre facteur, selon Bitume Québec, qui risque d’engendrer un impact majeur sur les dépenses de rattrapage, est le dossier des infrastructures de distribution d’eau en mauvais état, dans les villes québécoises, dont le remplacement nécessitera l’injection de pas moins de 25 milliards de dollars (25G $) pour une remise à niveau, soit l’équivalent de cinq fois la facture du nouveau pont Champlain : ce qui devrait entraîner du même coup le remplacement de 9 681 kilomètres de chaussées souples, soit près de deux fois et demie la longueur de toute le réseau de rues de Montréal, par exemple.

« À défaut d’injecter de l’argent neuf, par ailleurs, dans le renforcement de la réhabilitation et l’entretien préventif du réseau routier, un réaménagement des priorités d’investissements prévus au Plan québécois des infrastructures 2016-2026 pourrait peut-être permettre de dégager la marge de manoeuvre nécessaire » a enchaîné Martin Pelletier, en précisant que sur 88,7 milliards de dollars prévus, une provision de 17,3 milliards était destinée au réseau routier. Pour l’organisme, la recherche de productivité, d’efficacité, et de rentabilité, au bénéfice des millions d’usagers et de contribuables, doit primer au tournant d’un itinéraire qui pourrait marquer un point de non-retour dans le rattrapage du déficit d’entretien des routes.

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