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Point de vue – Les États-Unis bénéficient pleinement de l’ALENA

En 1960, le Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis représentait 40% de celui de la planète entière et la plus importante économie au monde faisait cavalier-seul dans sa volonté d’imposer aux autres pays ses règles et ses façons de faire. Mais avec le temps, la mondialisation et l’émergence de pays en développement comme puissance économique aux quatre coins du globe, l’influence des États-Unis a diminué au grand désarroi de son président actuel Donald Trump.

Selon l’American Legislative Exchange Council, le plus important regroupement volontaire et non partisan d’élus (près d’un quart de tous les élus) au niveau des gouvernements des états prônant le libre marché, en 2014 le poids des États-Unis dans l’économie mondiale était de 22% en 2014. C’est encore énorme mais à cause de l’émergence de nouveaux gros joueurs économiques comme la Chine, l’Inde, l’Allemagne et la nouvelle Europe regroupée, le Japon, la Corée du Sud et le Brésil, les États-Unis demeurent la plus grosse économie au monde, mais elle n’est plus la seule puissance qui peut imposer ses volontés.

Il semble que les Américains, surtout depuis l’élection de Donald Trump à la tête du pays, font fi des nouvelles réalités autour du globe et dans certains cas vont tout simplement à contre courant. Les États-Unis se sont retiré de l’accord de Paris et réfutent toutes les études scientifiques, même les leurs, par rapport aux changements climatiques. Ce pays climatosceptique s’est aussi retiré de l’Accord de partenariat transpacifique. Et ce qui nous concerne le plus, Donald Trump a décidé de renégocier l’Accord de libre échange Nord-Américain (ALENA).

L’ALENA est un accord qui a été bénéfique pour les trois pays signataires malgré ce que peut en dire le président américain. À cause de l’ALENA, le Canada et/ou le Mexique se classent aujourd’hui parmi les trois principaux partenaires économiques de 49 des 50 états américains. Entre 1990 et 2016, les échanges commerciaux entre le Canada et son voisin du sud ont plus que triplé. La période de la plus forte croissance, entre 1992 et 1995, alors que les exportations canadiennes aux États-Unis augmentaient de 65,3% et les importations étaient à la hausse de 56,2%, coïncidait avec la signature de l’ALENA en  1992 et son entrée en vigueur en 1994.

Les états en mauve sur cette carte des États-Unis sont ceux pour qui le Canada est le principal partenaire commercial. (Source : The Globe & Mail)

 

En 2016, 76,3% de toutes les exportations canadiennes étaient dirigées vers les États-Unis d’où provenaient 52,2% de toutes nos importations. Parmi les 20 principaux partenaires commerciaux du Canada, on retrouve 14 états américains. Le Canada est le principal partenaire commercial de plus d’une trentaine d’états. L’ALENA n’est certes par un accord parfait et il est tout à fait normal de vouloir le revoir pour une mise à niveau à l’aube de son 25e anniversaire est tout à fait normal. Mais dire qu’il ne fonctionne pas et qu’il désavantage les États-Unis est tout simplement de la « fake news », pour employer un terme cher à Donald Trump.

Entre 1980 et 1993, il s’est perdu plus de 2 millions d’emplois manufacturiers aux États-Unis et dans les quatre années qui ont suivi l’implantation de l’ALENA, il s’est créé plus de 800 000 nouveaux emplois manufacturiers. Mettre la hache dans l’ALENA pourrait coûter des centaines de milliers d’emplois, voir des millions, dans les trois pays signataires, y compris les États-Unis. Malgré toutes ses balourdises, Donald Trump le sait très bien. C’est pour bien paraître devant sa base électorale qu’il joue le dur. Et il continuera à agir de la sorte jusqu’aux élections de mi-mandat l’automne prochain. Ce n’est qu’après qu’il acceptera de faire des compromis et qu’un ALENA renouvelé verra le jour. Pour l’instant il ne veut surtout pas paraître faible…

Par Éric Pageau, Président Groupe Pageau

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