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La course à la batterie idéale est lancée en Chine

L’Agence France Presse rapportait récemment qu’en Chine, le boom des ventes de voitures électriques (VE) est en train de déclencher une véritable bataille des batteries automobiles. Des entreprises chinoises avec de grandes ambitions se livre une lutte féroce dont les impacts sur l’offre de cobalt devenu un élément important des batteries li-ion (lithium ion) et, par le fait même, sur les conditions d’extraction en Afrique inquiètent les constructeurs chinois. Premier marché de l’automobile au monde, la Chine prévoit que les ventes annuelles de VE ou hybrides atteindront 2 000 000 d’ici 2020, alors qu’elles étaient de 780 000 en 2017.

La Chine a imposé des quotas qui entreront en vigueur en 2019 pour inciter les consommateurs à se tourner vers les véhicules moins polluants. Avec le géant asiatique menant le bal, la société Boston Consulting énonce que les voitures électrifiées représenteront la moitié du marché mondial d’ici 2030. Les batteries sont des composantes capitales pour les VE mais leur prix est un réel frein à l’autonomie des VE. « Seuls 5 ou 6 groupes ont l’échelle de production suffisante pour fabriquer des batteries efficacement », de dire Trevor Worthington, vice-président de Ford, lors du salon de l’auto de Pékin.

Quant à Nicolas Peter, directeur financier de BMW, dans une entrevue avec l’AFP il affirmait : « La technologie évolue encore et celle qui dominera l’automobile n’est pas fixée. » BYD et CATL, les géants parmi les fabricants de batteries chinois, font confiance aux gigantesque marché chinois pour accélérer le développement de batteries, en partie parce que Pékin impose des quotas de produits locaux aux constructeurs étrangers. CATL, fournisseur de clients comme Daimler, Ford et Volkswagen, rejoindra probablement la japonaise Panasonic en tête des fabricants de batteries sur l’échiquier mondial cette année et parts de marché.

Construisant présentement une énorme usine, CATL prévoit quintupler sa capacité de production d’ici 2020 et songe à établir un usine en sol européen. Là où le tableau s’assombrit pour CATL et d’autres fabricants de batteries c’est au niveau des matières que sont le lithium et le cobalt et leur exploitation. Le cobalt est un sous-produit minier émanant de d’autres métaux et sa production pourrait tripler par rapport à son seuil actuel d’ici 2025 pour répondre à la demande de l’industrie automobile. Son cours, de son côté, est trois fois plus élevé qu’en 2016.

Analyste chez Wood Mackenzie, Gavin Montgomery croit que « L’offre devrait rester relativement adéquate à moyen terme. Mais la volatilité subsiste et le marché se tend. » Tous les joueurs veulent garantir leurs approvisionnement mais les Chinois ont une longueur d’avance avec des sociétés contrôlant l’offre de lithium. Pour complexifier l’équation, il faut souligner que des questions d’éthique sont soulevées par rapport à l’exploitation de plusieurs mines en Afrique et plusieurs entreprises manufacturières tentent de redorer leur image en adoptant de meilleures pratiques. Des avancées technologiques comme celles promises par Tesla apporteraient certainement une réponse à la problématique de produire des véhicules électriques et hybrides et des batteries de façon plus écologique et éthique.

Par Guy Hébert

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