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Journée AluQuébec – AluQuébec lutte contre l’incertitude

Drummondville – L’organisme AluQuébec a présenté le 22 février dernier au Centrexpo Cogeco un événement très informatif à propos de ce métal essentiel à l’économie québécoise, et particulièrement de ses utilisations dans les domaines des transports et de l’allégement des véhicules. Mais ce qui rendait cette journée particulière est qu’elle se déroulait alors que le parti au pouvoir à Washington menaçait d’imposer des taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, et ce durant les discussions même du renouvellement de l’ALÉNA.

« Nous n’avons pas demandé aux conférenciers de cette journée de parler politique; ce n’était pas leur rôle. Des spécialistes comme Vijay Kumar Suri, de Ducker Worldwide, et Manuel Montoya Ortega, de Cluster, étaient là pour  nous aider à comprendre les marchés internationaux, particulièrement ceux l’Inde et du Mexique. Et il y a ce que l’administration Trump veut faire, et il y a les forces du marché, qui sont deux choses très différentes », explique avec philosophie Marie Lapointe, récente présidente-directrice générale de la grappe industrielle AluQuébec.

Environ 150 personnes ont écouté avec attention des spécialistes aux propos concrets, modérés, terre à terre. Quoi que puisse penser Trump, les grandes tendances que sont l’allégement des véhicules imposé par les normes environnementales mondiales ou la croissance des échanges commerciaux internationaux sont là pour rester. Par exemple durant le panel de développement des marchés, Daniel Frenette, directeur général du fabricant de remorques Alutrec, a expliqué : « Chaque gain de poids d’une remorque est un avantage monétaire pour son utilisateur puisque cela lui permet d’augmenter son « payload », sa charge payante ». Selon lui une remorque d’aluminium n’est pas seulement plus légère par rapport à son équivalent d’acier mais oxyde moins, nécessite moins d’entretien contre la corrosion et a encore fière allure après quelques années.

Eric Ellyson, vice-président stratégie et projets spéciaux du Groupe Cambli, a parlé d’avantages étonnants à l’utilisation de l’aluminium dans leur domaine pour le moins particulier. C’est que l’entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu fabrique des camions blindés, par exemple utilisés pour le transport d’argent ou encore par des corps policiers afin de répondre lors de situations critiques d’intervention. Et que l’on imagine mal un panneau d’aluminium résister aussi bien aux impacts de balles que le bon vieil acier. « Je ne peux évidemment pas vous donner tous nos secrets de fabrication pour des raisons évidentes de sécurité, mais nous réussissons à alléger nos camions en utilisant de l’aluminium à la façon d’un sandwich, sans diminuer la résistance à la perforation. » Dans leur cas l’expertise québécoise en la matière est si bien reconnue, entre autres avec de récents développements au Moyen-Orient, et avec la poussée des inquiétudes par rapport au terrorisme, que M. Ellyson affirme simplement : « Je ne vais pas vous donner nos statistiques de croissance; de toute façon vous ne me croiriez même pas si je vous les disais! »

François Racine Manuel Montoya Ortega Fatemeh Hekmat Marie Lapointe : De gauche à droite : François Racine, directeur développement des affaires d’Alcoa, Manuel Montoya Ortega, de Cluster Automobile Nuevo Leon, Fatemeh Hekmat, ingénieure principale de General Motors Canada, et Marie Lapointe, présidente-directrice générale d’AluQuébec.

De tout pour tous les intérêts

De tels congrès ou événements tendent souvent à favoriser un certain type de conférence au détriment des autres. Ce n’est pas le cas d’une journée d’AluQuébec, qui réunit autant des experts des sciences, des exportateurs, des politiciens que des spécialistes de la production industrielle. Notons que l’organisme le fait en présentant des conférenciers d’ici et d’ailleurs, par exemple Pierre Dion, président de Kargo, une compagnie du Lac-Saint-Jean spécialiste des véhicules électriques d’aluminium utilisés en milieu industriel, ou encore de consultants étrangers : « Il n’y a pas de secret, pour avoir ces conférenciers de renom il faut travailler plusieurs mois à l’avance et avoir les bons contacts », ajoute Marie Lapointe, non sans oublier de mentionner l’apport important de Véronique Auclair, nouvelle responsable des communications, qu’elle a pris soin de remercier chaleureusement à la fin de l’événement.

AluQuébec se sert de salles de différentes tailles en fonction des conférences présentées. Permettons nous quelques suggestions afin d’en améliorer la qualité : durant les grands panels il serait plus efficace que les trois à cinq conférenciers réunis autour d’un thème commun se servent à l’occasion d’images, de diagrammes ou de statistiques pour illustrer leurs propos, qu’ils ont de toute façon préparés à l’avance. Et de les placer autour d’une table d’une manière plus dynamique que simplement assis dans des fauteuils. Et au second étage, dans les plus petites salles, d’éteindre les lumières situées au dessus des écrans de projection, ce qui nuit à la clarté des images. Sinon les présentations se déroulent rondement, les retards demeurent rares et les modérateurs tels que François Racine, directeur développement des affaires d’Alcoa, et Yvon Laplante, directeur développement des affaires de Verbom, sont pertinents et efficaces.

Par Frédéric Laporte

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