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Traçabilité des produits – L’intégration de la blockchain à la traçabilité: une technologie à l’épreuve complète des fraudes informatiques

Encore quelques années et il sera impossible pour un pirate informatique de modifier ou effacer les données d’un contenu sur Internet dans tous les secteurs d’activités. Au Québec comme ailleurs dans le monde, on travaille très fort en recherche et développement pour mettre au monde les premières structures de la blockchain, un incontournable pour assurer la pérennité de la sécurité informatique aussi bien dans les industries, les géants du détail que les professionnels en affaires.

Exception faite de géants tels Wal-Mart et IBM qui en sont à une phase expérimentale, il n’existe pas véritablement d’applications très développées. La structure d’une blockchain est un projet nouveau et les chercheurs sont plutôt en questionnement.

Quel est l’avantage de cette nouvelle technologie comparativement à la traçabilité telle que nous la connaissons ? « La blockchain va permettre de sécuriser les informations en créant une structure de chaînes de blocs sur lesquels l’information peut être ajoutée, mais non falsifiée. Dès lors, des millions de serveurs à travers le monde reçoivent la blockchain et il sera impossible à quiconque d’en modifier la structure. Si une tentative est faite pour altérer le contenu, les serveurs vont rejeter la demande puisqu’ils ne reconnaîtront pas la blockchain originale. C’est une façon de sécuriser les marchés. L’information sera disponible à tous et n’appartiendra pas à quelqu’un de particulier », explique Alain Lemieux, président-directeur général, Epsilia.

Réseau décentralisé

La nature même d’une blockchain repose sur un réseau décentralisé de serveurs. C’est ce qui renforce la sécurité informatique. Plutôt que  stocker l’information dans un seul serveur et devenir la cible potentielle d’attaques informatiques, la blockchain est un  peu à l’image d’un grand livre ouvert. Tout est stocké sur des millions d’ordinateurs. La validation de la blockchain requiert un consensus de tous les participants. Ainsi, les éleveurs, fournisseurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, camions de nourriture et consommateurs peuvent consulter les informations sur leurs produits en toute fiabilité.

La blockchain a vu le jour en 2008. Comment ? C’est la monnaie virtuelle bitcoin et autres cryptomonnaies qui ont donné le coup d’envoi.

Projets pilotes : Epsilia et Agri-Traçabilité Québec

Alain Lemieux, président-directeur général, Epsilia,

Fondée en 1985, Epsilia est une société technologique en informatique qui se spécialise dans la traçabilité de plusieurs solutions. Selon Lemieux, tous les secteurs d’activités sont appelés à se diriger vers la blockchain. À son avis, cela crée beaucoup de pression et pourrait venir déstabiliser plusieurs secteurs. « Impossible de pirater, la blockchain crée une barrière de sécurité. Plusieurs professionnels en affaires tels les avocats, notaires et comptables, songent à réviser leur modèle d’affaires. Ça va tellement loin qu’un système financier faisant appel à la technologie de la blockchain n’aura plus besoin de vérificateurs. Si la communauté d’affaires ne révise pas ses façons de faire, ils sont à risque. »

Epsilia croit être en mesure de mettre sur pied sa première structure d’ici 2020. « Par la suite, ça devrait prendre du galon. Nous sommes actuellement en recherche et développement. Notre souhait est de voir qu’une chaîne de traçabilité repose sur une structure blockchain. Ainsi, cela facilitera les relais entre un client, un fournisseur et un consommateur pour valider le contenu des informations qui sont émises. »

Chez Agri-Traçabilité Québec, on estime être capable de lancer un projet pilote dans la filière du boeuf en avril prochain. L’organisme sans but lucratif, fondé en 2001, et mandaté par le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour opérer un système d’identification permanente et de traçabilité des animaux d’élevage du Québec, est en train de réaliser un montage financier pour réaliser le projet pilote.

« Ce que la blockchain permettra de faire est le partage de l’information dans un milieu hautement sécurisé du fait que nous ne serons plus dans une base de données centrale. C’est ce que nous voulons tester pour vérifier si cette nouvelle technologie pourra répondre aux préoccupations grandissantes des consommateurs et des différents intervenants », indique Marie-Christine Talbot, directrice générale, Agri-Traçabilité Québec.

Par Bernard Gauthier

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