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Les «Cleantechs» génèrent des revenus annuels supérieurs à 1 milliard $ – Ce secteur offre d’importantes occasions d’affaires au Québec

Les entreprises vouées aux technologies propres répondent aux besoins et aux défis des secteurs traditionnels, et le Québec n’en fait pas exception, selon les résultats du sondage de la firme Ernst & Young (EY) dévoilé le 17 janvier dernier. Ces technologies propres québécoises, mieux connues sous le nom de « cleantech », génèrent des revenus annuels supérieurs à 1 milliard $ au Québec et peuvent attirer des investissements en recherche et développement (R.-D.) de l’ordre de 300 millions $.

Bien que le secteur des « cleantech » demeure encore très peu connu et difficile à cerner, malgré leur omniprésence au Québec, les résultats du sondage d’EY illustre avec justesse la tendance claire vers les investissements verts et leur développement ne constitue qu’un début puisqu’elles pourraient bien devenir l’une des plus grandes industries du Québec de demain.

Puisqu’il n’existe actuellement aucun portrait de la place qu’elles occupent réellement au Québec, qui permettrait par le fait même de comparer la situation québécoise à celle qui prévaut ailleurs, l’objectif premier du sondage, mené entre juin à août 2017 auprès d’une centaine d’entreprises québécoises vouées aux technologies propres, visait « d’établir les bases qui permettront de combler cette lacune ».

D’abord, mentionnons qu’aucune définition de ce secteur n’est encore internationalement reconnue. Dans le cadre du sondage dévoilé par EY, la grappe des technologies propres, Écotech Québec, précise : « également appelées éco-activités, éco-innovations, éco-technologies ou écotechs, les technologies propres s’inscrivent dans la perspective du développement durable, car elles englobent de nouveaux produits, services, technologies et processus qui sont:

  • écologiquement efficaces, en réduisant l’impact négatif sur l’environnement,
  • économiquement avantageux, en offrant à son utilisateur des performances supérieures à moindre coût, et
  • socialement responsables, en contribuant à une meilleure qualité de vie en optimisant l’utilisation des ressources ».

Un secteur omniprésent au Québec

En se donnant les moyens de nos ambitions, en investissant de plus en plus massivement dans le secteur des « cleantech », le Québec pourrait devenir le chef de file par excellence pour l’ensemble des technologies développées chez nous en mettant en valeur son savoir-faire et son positionnement géographique stratégique. Il suffit notamment de penser à son abondance d’eau, de vent et de ressources forestières exceptionnelles.

De plus, il va sans dire que l’ouverture sur le monde exprimé par nos gouvernements au cours des dernières années, et renforcée par la mise en place de politiques publiques, peut aussi justifier l’essor des technologies propres au Québec. Par sa Politique internationale et sa Stratégie québécoise de l’exportation 2016-2020, le gouvernement du Québec a renforcé sa présence dans ses délégations à l’étranger, favorisant le rayonnement et la compétitivité, surtout dans le secteur des technologies propres, en dehors des frontières.

Qu’il s’agisse d’innovations de procédés plus verts pour la production alimentaire, d’une gestion durable des ressources naturelles, du développement de l’efficience énergétique dans les secteurs manufacturier, immobilier et du transport, tous les secteurs d’activité sont concernés puisque les « cleantech » québécoises comptent près de 9 000 emplois qui sont répartis dans quelque 350 entreprises. De ce nombre, près de six entreprises sur dix (56 %) ont été créées au cours des dix dernières années, et près d’une entreprise sur trois (29 %) a moins de cinq ans d’existence.

Associé chez Ernst & Young et leader du secteur de l’énergie pour le Québec, Patrick Bossé soutient, par voie de communiqué de presse, que « la filière de l’énergie occupe une place prédominante dans le secteur des technologies propres. La prise de conscience croissante des populations à l’égard des enjeux climatiques suscite beaucoup d’attention de la part du monde des affaires. Le secteur des technologies propres offre d’importantes occasions d’affaires pour les entreprises, en donnant une place centrale à la réduction de l’empreinte environnementale de leurs activités ».

La filière de l’énergie occupe effectivement une place très importante dans le secteur des technologies propres. Pas moins de 43 % des technologies propres servent à la production d’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique, l’écomobilité ou le stockage ainsi que la distribution de l’énergie. Soulignons aussi que les matières résiduelles (15 %) et l’eau (13 %) sont également des filières bien présentes au Québec.

Une tendance qui devrait se poursuivre

Les résultats du sondage révèlent aussi l’accès une main-d’œuvre qualifiée et diversifiée, constituant sans l’ombre d’un doute le facteur le plus favorable pour le développement de l’industrie des technologies propres au Québec. Il s’agit ainsi d’une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochaines années grâce au pouvoir d’attraction qu’elles ont en ce moment sur les jeunes de moins de 20 ans.

Ils croient au contraire que les entreprises qui polluent ne se préoccupent pas de ce qui est le mieux pour eux, pour leur génération, alors que ce sont eux qui sont davantage les plus concernés par les impacts environnementaux à long terme. De plus, la perspective future de se trouver un emploi lié aux technologies propres laisse entrevoir de l’espoir pour ces jeunes puisqu’elle est attirante pour 66 % d’entre eux.

À l’heure actuelle, le secteur est constitué en grande majorité de petites entreprises, car la moitié (50 %) des entreprises comptent 13 employés ou moins. Cependant, toujours selon le sondage d’EY, le salaire moyen dans les entreprises en technologies propres se situe à environ 60 000 $ par année et un employé sur quatre y gagne plus de 75 000 $.

« Dans un contexte où les gouvernements ont affiché une volonté claire d’effectuer un virage vert, les marchés gouvernemental et institutionnel représentent d’excellentes occasions pour les années à venir, croit pour sa part Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec. Le Québec possède en effet les atouts, dont le talent, pour se positionner solidement dans une économie verte, tant au Québec qu’à l’international. Le terrain est fertile pour les innovations permettant de répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain. »

Opportunités et craintes aux États-Unis

Les entreprises vouées aux technologies propres prévoient d’ailleurs une forte croissance de leurs activités sur un horizon de deux à trois ans et leurs revenus devraient doubler sur cette période. Cette croissance sera présente sur tous les marchés et particulièrement aux États-Unis où les cleantech prévoient réaliser le quart (24 %) de leurs revenus totaux, par rapport à 8 % en 2016.

Cependant, en dépit des prévisions optimistes de forte croissance à l’international, près de 48 % des entreprises interrogées dans le sondage craignent les risques liés aux politiques du gouvernement américain et au possible recul des échanges commerciaux mondiaux dû au protectionnisme et aux interventions accrues des États (38 %).

« Malgré ces constats positifs, les entreprises du Québec vouées aux technologies propres font face à divers défis, croit également M. Bossé. Les « cleantech » considèrent les questions liées au financement, notamment pour les projets pilotes de démonstration, et à l’accès au marché comme les principaux enjeux afin de réaliser leurs ambitions. »

Un avenir prometteur pour les entreprises?

Pour se faire, les besoins en financement au cours des deux prochaines années seront au rendez-vous. D’ici la fin de 2018, plus de moitié (54 %) des entreprises croient qu’elles auront besoin de 2 millions $ ou plus, alors que 29 % nécessiteront de 5 millions ou plus. Ces montants serviront principalement à la R.-D. et à la commercialisation, notamment à l’international.

M. Bossé évalue que les besoins en financement afin de soutenir la croissance pourraient atteindre 2 milliards $.

Le sondage met également en relief un fait très important, celui de la méconnaissance des entreprises à l’égard de différents programmes d’aide gouvernementaux. Les incitatifs relatifs à la recherche scientifique et au développement expérimental (RS & DE) sont les plus souvent utilisés, 55 % des entreprises en bénéficiant. Le RS&DE est un programme fédéral d’incitatif fiscal pour encourager les industries canadiennes à effectuer de la R.-D. au Canada dans le but de découvrir, d’améliorer des produits ou des procédés de haute technologie.

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