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Automatisation et robotisation – Les investissements tardent mais les fonds sont là!

Malgré que le Québec arrive en tête de liste parmi les provinces canadiennes en termes de robotisation et d’automatisation industrielle, il n’accuse pas moins un certain retard face à des pays comme l’Allemagne, où 75% des entreprises sont automatisées à plus de 50%, ou les États-Unis, où 55% ont atteint cette proportion. C’est pourquoi plusieurs partenaires économiques se sont unis pour créer l’initiative Manufacturiers innovants, qui amorçait récemment sa deuxième tournée québécoise.

Cette tournée figure parmi les actions mises de l’avant dans le cadre de la stratégie des Manufacturiers innovants, initiée entre autres par Investissement Québec, Manufacturiers Exportateurs Québec (MEQ), la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ), Sous-traitance industrielle Québec (STIQ) et différents partenaires financiers comme la BDC, Développement économique Canada et certaines institutions financières. L’objectif clair est d’amener les PME québécoises à prendre le virage vers l’usine 4.0.

« Le progrès québécois est déjà palpable. Depuis deux ans à peine, le taux d’automatisation des PME est passé de 12 à 39%, le plus élevé au pays », a tenu à préciser Pierre Cléroux, vice-président recherche et économiste en chef à la BDC.

La stratégie des manufacturiers innovants bénéficie d’une enveloppe budgétaire importante : 825 M$, dont près de la moitié a déjà été investi dans certaines entreprises. Certains dirigeants de celles-ci accompagnent les membres de la tournée à l’occasion, afin de témoigner des impacts de ces investissements sur la croissance de leur entreprise.

« Leurs témoignages sont précieux. Ils permettent d’expliquer pourquoi de plus en plus d’entreprises choisissent l’automatisation. Plusieurs secteurs souffrent d’un manque de main-d’œuvre qualifiée et l’automatisation constitue la meilleure option pour que l’entreprise demeure compétitive, tant ici que sur la scène internationale. Pour certains, le risque est bien présent. On se questionne en termes retour sur l’investissement, surtout lorsque l’entrepreneur approche de la retraite. Il faut donc aider ces derniers à bien gérer le changement et la transition », nous explique la présidente de MEQ, Véronique Proulx.

La stratégie ne se veut pas que financière. Des organismes comme MEQ ont un important rôle à y jouer, comme nous le souligne sa présidente.

« Nous accompagnons les entreprises dans leur développement local et international. Nous les aidons également à mieux comprendre l’usine 4.0 et leur donnons accès à différents outils stratégiques, via nos nombreux partenaires, avec qui nous les mettons en relation. Les dirigeants peuvent ainsi accéder aux conseils d’experts chevronnés, dans tout ce qui touche l’automatisation ou la robotisation, tant au niveau de la fabrication que de la gestion. »

Démystifier l’automatisation

Outre son impact au niveau de la productivité et de la compétitivité, l’automatisation industrielle joue un rôle primordial au niveau humain.

« L’automatisation ne coupe pas d’emplois. Dans bien des cas, elle en crée. En permettant des tâches moins physiques, elle permet aux femmes d’envisager un travail en milieu industriel. Globalement, au Québec, un employé sur trois est une femme, tous secteurs confondus, alors qu’au niveau manufacturier, le ratio n’est que de 10%. L’automatisation joue aussi un rôle quant aux préjugés dont fait l’objet l’usine. D’environnement lourd, sale et bruyant, on passe lentement à un milieu de travail qui intéressera davantage la génération montante, d’autant plus que les ouvertures créées par le départ à la retraite des babyboomers sont très nombreuses, dans tous les secteurs », poursuit Véronique Proulx.

Pierre Cléroux explique davantage les bienfaits de l’automatisation.

« L’automatisation génère une transformation des emplois. Les travailleurs seront désormais appelés à réaliser de nouvelles tâches. L’automatisation est un véritable signe de croissance pour une entreprise. Une hausse de demande pour nos produits entraînera inévitablement un besoin de main-d’œuvre supplémentaire. On détruit le mythe de l’automatisation faucheuse d’emplois. »

Capital disponible

Selon Sylvie Pinsonnault, vice-présidente, initiatives stratégiques et conseils au comité de direction d’Investissement Québec, et co-leader de l’initiative Manufacturiers innovants, le capital ne constitue pas l’enjeu principal.

« Les entrepreneurs sont tout simplement en réflexion quant au virage 4.0. Nous devons donc soutenir les efforts de sensibilisation, leur offrir des outils de diagnostic pour qu’ils puissent bien définir leurs objectifs et le parcours qu’ils doivent emprunter pour les atteindre. Nous pouvons les accompagner dans cette importante démarche qui, dans certains cas, engendrera une meilleure compétitivité, et dans d’autres, assurera la pérennité de l’entreprise. »

Les enjeux de l’automatisation sont donc cruciaux. Pour un, l’adoption de technologies avancées de production saura répondre en partie à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée observée dans plusieurs secteurs.

« On doit donc favoriser les innovations, mais aussi accentuer la formation menant à l’acquisition de nouvelles compétences. C’est dans ce contexte que nous avons mis en place la Table des partenaires influents, qui regroupe une soixantaine d’entreprises, dont certaines sont très avancées au niveau technologique. Cette table permet aux entreprises qui envisagent le virage 4.0 de développer leur propre plan d’action, un plan pour lequel nous proposons sommairement dix solutions », poursuit-elle.

Mais rien ne vaut des exemples concrets pour susciter l’intérêt des entreprises vers l’usine 4.0. Investissement Québec a donc développé un segment à cet effet : les vitrines technologiques collaboratives 4.0, des entreprises qui ont bénéficié de prêts pour mener à bien leur projet technologique.

Par Richard Marcil

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