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Bitume Québec estime à 6,3 milliards de dollars le déficit d’entretien qui pourrait affecter les routes du Québec d’ici la fin de 2018

L’industrie du pavage et de l’entretien des routes demeure dans un état de fragilité et de vulnérabilité sous le coup d’une sortie de crise laborieuse au lendemain du règlement du conflit des ingénieurs de l’État.

Dressant le bilan de l’état de l’industrie, dans la foulée du règlement du conflit des ingénieurs de l’État, Bitume Québec a prévenu le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, monsieur André Fortin, que la tâche sera énorme au cours des prochains mois et des prochaines années pour surmonter les déficits d’entretien accumulés du réseau routier québécois qui se sont creusés au fil des ans.

« Si plusieurs entreprises de l’industrie semblent avoir carburé à toute vapeur au cours de la saison qui vient de prendre fin, il ne faut surtout pas être dupes, car cela est un grand mirage » a dit  le président de Bitume Québec, en conférence de presse à Québec, invitant même le Ministre et les observateurs de l’industrie à se détromper, qualifiant le semblant de reprise des activités de chantiers de simple rattrapage accéléré des travaux annulés ou retardés de 2016. Monsieur Pelletier a incidemment évalué à plus de 400 millions de dollars le total des travaux ainsi reportés, et le manque-à-gagner imputable à la grève de juin dernier dans l’industrie de la construction et à la grève de zèle des ingénieurs de l’État. Pour le président de Bitume Québec, ce mirage dans le paysage du réseau routier québécois est en grande partie relié aux travaux des villes et municipalités du Québec qui, elles, se sont engagées dans un énergique programme de revitalisation de leurs infrastructures.

« Heureusement que, grâce à ce créneau de marché, l’industrie a pu et pourra tirer son épingle du jeu au cours des prochaines années, à défaut d’un réel coup de barre du MTQ » a poursuivi monsieur Pelletier qui a cité, par ailleurs, le dossier des infrastructures de distribution d’eau en mauvais état, dans les villes québécoises, dont le remplacement engendrera un marché global de 25 milliards de dollars : l’équivalent de cinq fois la facture du nouveau pont Champlain. Ce dernier a précisé que cette grande rénovation entraînera du même coup le remplacement de 9 681 kilomètres de chaussées souples, soit près de deux fois et demie la longueur de toute le réseau de rues de Montréal, par exemple.

Le leader de Bitume Québec ajouté que le phénomène de dégradation du réseau routier québécois, dont on disait jusqu’à tout récemment que 50 % était encore malheureusement dans un piètre état, ne s’est pas encore résorbé malgré les efforts consentis au cours des 18 derniers mois, et que la remise à niveau souhaitée exigerait une meilleure continuité dans la programmation des investissements annuels du ministère des Transports dans son réseau.

Pour l’organisme, les chiffres parlent par eux-mêmes; le déficit d’entretien des routes du MTQ va continuer à croître d’ici fin 2018 pour atteindre un sommet de 6,3 milliards $, à comparer à 5,2 milliards $ de la période précédente comparable. En 2016-2017, malheureusement, 780 millions de dollars (780M $) auront quasiment été investis sans espoir réel de stopper cette dégradation imputable en grande partie à l’absence d’entretien préventif pendant des années et des années. « C’est le prix à payer collectivement » a poursuivi Martin Pelletier en soutenant que la proposition réitérée au nouveau Ministre des transports quant à la tenue d’un tout premier Forum national sur la réhabilitation du patrimoine routier et une politique efficace l’entretien préventif était d’autant plus justifiée que la situation commande, selon lui, une mobilisation sans précédent de tous les acteurs du domaine, au nom d’une recherche exhaustive de productivité, d’efficacité, et de rentabilité, au bénéfice des millions d’usagers et de contribuables.

À ce chapitre, Bitume Québec a cité en exemple le Programme d’entretien planifié des chaussées de la ville de Québec (PEPC), lancé en 2009, visant à prévenir l’apparition de fissures ou de trous dans les chaussées en effectuant diverses réparations planifiées telles que le planage et le pavage, et qui constitue une sorte de modèle à suivre. 200 km de chaussée asphaltée ont été remis à neuf pour la prévention de la formation des nids de poule et l’amélioration du confort d’utilisation du réseau routier municipal.

Enfin, Bitume Québec a invité tous les paliers de gouvernement à participer au développement d’un réseau routier durable et toujours plus éco-responsable avec l’utilisation d’enrobés bitumineux récupérés et recyclés : une technique disponible chez nous, mais qui gagne à être utilisée encore plus, au nom d’un meilleur environnement, d’une saine économie des ressources naturelles, de la réduction des rebuts, de la rentabilisation de l’énergie, de la diminution des gaz à effets de serre, le G.E.S., et d’une performance accrue.

À propos de Bitume Québec

Bitume Québec est une association à but non lucratif qui regroupe les fournisseurs de bitume et les producteurs d’enrobés bitumineux du Québec. Depuis 25 ans, sa mission est de promouvoir l’utilisation des produits et des techniques innovatrices en matière de construction, d’entretien et de réfection des chaussées souples, par l’intermédiaire d’événements socioprofessionnels, d’expositions, ainsi que de nombreuses publications originales sur l’industrie.

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