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Washington réduit les tarifs sur le bois d’œuvre, sauf pour Résolu et J.D. Irving

Le département américain du Commerce a réduit les tarifs imposés sur les exportations de bois d’œuvre canadien, à l’exception de deux producteurs, soit Produits forestiers Résolu et J.D. Irving.

Dans sa décision finale dévoilée jeudi, Washington indique que la majorité des exportations canadiennes seront frappés de droits combinés de 20,83 %, soit près de 6% moins que les droits initialement imposés de 26,75 %.

Selon le secrétaire américain au Commerce, cette révision est due à l’incapacité d’Ottawa et Washington de conclure une entente à long terme pour mettre fin à l’actuel conflit sur le bois d’oeuvre. Il ajoute que la décision du département du Commerce a été prise à la suite d’une évaluation impartiale des faits et qu’elle vise à protéger les travailleurs américains des pratiques commerciales déloyales.

Selon l’agence américaine, les producteurs canadiens ont vendu leur bois à des prix inférieurs de 3,2 % à 8,89 % à ce qui est considéré comme leur juste valeur. Washington a également déterminé que le taux des subventions indues offertes par le Canada à son industrie oscille entre 3,34 % et 18,19 %.

Les taux des mesures punitives imposées à Résolu grimpent légèrement, à 17,9 %, comparativement à 17,41 %. Pour J.D. Irving, les tarifs passent de 9,89 % à 9,92 %.

La Commission du commerce international des États-Unis doit maintenant statuer d’ici 45 jours si les exportations canadiennes de bois d’œuvre ont causé un préjudice à l’industrie américaine.

Les ministres des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et des Ressources naturelles, Jim Carr, ont réagi à l’annonce de Washington, déclarant que « la décision du département américain du Commerce d’imposer des droits punitifs contre les producteurs canadiens de produits de bois d’œuvre est injuste, injustifiée et profondément troublante ».

« Nous évaluons nos options, y compris des démarches judiciaires en vertu de l’ALENA et de l’Organisation mondiale du commerce, et nous agirons promptement », peut-on lire dans le communiqué d’Ottawa.

Un faux répit, selon l’UMQ

L’Union des municipalités du Québec a souligné que la baisse des tarifs pour plusieurs producteurs était un faux répit, qui démontre encore une fois la profondeur de la crise qui subsiste entre les deux pays.

« Depuis 35 ans, les États-Unis accusent le Canada de subventionner ses producteurs. Les tribunaux ont toujours tranché en notre faveur, mais la crise persiste et nos régions en souffrent. Nos producteurs en subissent les contrecoups, et se voient imposer des tarifs punitifs et exorbitants sur leurs exportations.  Aujourd’hui, ce n’est pas une baisse de tarifs que l’on souhaite, c’est une absence de tarifs ! »  a souligné le premier vice-président de l’UMQ et maire de Drummondville, monsieur Alexandre Cusson.

L’UMQ tient à souligner que cette annonce du département du Commerce américain doit être l’occasion pour le Canada d’insister auprès des États-Unis pour raffermir et rendre encore plus contraignant le mécanisme d’arbitrage, tel que décrit au chapitre 19 de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). En ce moment, les États-Unis ignorent ce chapitre et souhaitent même l’abolir.

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