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Normes ISO et robotisation – Le domaine du soudage continue d’évoluer

Le huitième événement CanWeld portant sur le soudage, la fabrication et la finition du métal a réuni à la Place Bonaventure les 13 et 14 septembre derniers de nombreux spécialistes et intervenants du domaine. Nous nous sommes entretenus avec les conférenciers Olivier Herbaut et Christian Lefebvre afin d’en apprendre davantage sur les normes ISO ainsi que sur la robotisation adaptée à la production de petite série. Dans les deux cas ces informations peuvent favoriser la croissance internationale de votre entreprise.

Selon Olivier Herbaut, qui travaillait jusqu’à tout récemment pour la compagnie SGS, environ 80% de la production mondiale des produits industriels soudés est régi par les normes ISO, l’exception étant le continent nord-américain. Ici s’appliquent plutôt les spécifications du Bureau canadien de soudage CWB et de l’American Welding Society.

Pour percer les marchés européen et asiatique, une entreprise de construction métallique doit se conformer à la norme EN 1090. Celle-ci a été mise au point par l’Organisation internationale de normalisation ISO, fondée en 1947, et qui compte actuellement 162 pays membres. Afin de l’obtenir, selon Oliver Herbaut, l’entreprise doit réaliser avec succès cinq étapes : la collecte des informations, le système de qualité interne, la formation des équipes responsables, la description des processus de fabrication et l’audit. Le tout peut prendre de huit à 12 mois de travail, et exige des soudeurs qualifiés, des coordonnateurs en soudage compétents, ainsi que la maîtrise des techniques nécessaires.

La normalisation internationale vaut la peine

L’affaire n’est pas simple, mais l’obtention de la certification ISO relative à votre domaine de soudage apporte de nombreux avantages. Par exemple, cela hausse le niveau global de sécurité, ce qui participe à la diminution des accidents de travail et de la pollution environnementale. Cela améliore évidemment la qualité du travail, mais le fait d’avoir inscrit par écrit un mode opératoire complet de toutes les étapes permet également de conserver à long terme un savoir précieux au sein de l’entreprise.

Des normes ISO relatives au soudage, il en existe plusieurs, et ce en fonction des métaux traités et des techniques utilisées. Par exemple l’lSO 15614-1 est une épreuve de qualification d’un mode opératoire pour le soudage à l’arc et aux gaz des aciers, du nickel et de ses alliages. Tandis que l’ISO 9606-2 concerne le soudage par fusion de l’aluminium et de ses alliages. Notez que si certaines opérations et la qualification des soudeurs doivent être vérifiées périodiquement, le mode opératoire demeure valide en tout temps une fois qu’il a été obtenu.

L’harmonisation des normes ISO permet à une entreprise d’affronter le marché international et d’ainsi apposer un marquage CE sur ses produits. Heureusement, quelques organismes et conseillers peuvent vous venir en aide, dont le Conseil canadien des normes, SGS, BSI, l’Institut de soudage du Québec, ainsi que l’Organisation internationale de normalisation. Bonnes recherches!

Renseignements : www.iso.org/the-iso-story.html, http://isquebec.org/index.php, www.scc.ca/fr/

La robotisation, même pour les pièces uniques

Vous pensez peut-être qu’il ne vaut pas la peine de programmer un robot afin de concevoir un seul produit, mais Christian Lefebvre considère que le processus s’est affiné au point que cela est absolument réalisable.

« Si ça te prend plus de temps à programmer la machine qu’à souder à l’arc, tu vas probablement souder à la main. Mais les logiciels et les opérations se sont tellement améliorés récemment que ça vaut maintenant la peine », souligne le spécialiste d’AGT Robotics. Celui-ci travaille dans la région de Calgary pour cette compagnie située à Trois-Rivières.

Auparavant, la programmation d’un robot soudeur s’effectuait souvent « en ligne », avec une manette déterminant de point en point les déplacements successifs de la tête. Si le matériau à couper, à percer ou à souder n’était pas précisément placé, il pouvait survenir d’importantes erreurs. Aujourd’hui des logiciels tels qu’Octopuz et Robotmaster permettent la programmation hors ligne de pièces uniques ou de petite série.

La recherche de joint et le suivi en temps réel offrent une certaine latitude de placement des composantes, pour ainsi produire les résultats escomptés même si la pièce est située quelques millimètres plus loin que l’endroit prévu.

« Plus les pièces sont éloignées de l’emplacement paramétré, par exemple à plus de 20 millimètres, et plus ça va prendre du temps pour réaliser l’opération. »

Mais cette recherche par caméra laser, par buse ou par fil-électrode avec recalage de la position permettent des choses étonnantes.

Parler le même langage robotique

Tout cela semble simple, mais la réalité est passablement compliquée.

« Le gros défi est d’avoir des appareils qui parlent le même langage, des robots d’une certaine compagnie qui vont bien travailler avec tel ou tel logiciel. Les incompatibilités sont malheureusement fréquentes », déplore Christian Lefebvre.

À ce sujet, nous avons tous entendu parler de robots ayant coûté de petites fortunes et qui accumulent la poussière dans un coin après un certain temps, parce qu’on n’a pas été en mesure de s’en servir avec efficacité.

Par Frédéric Laporte

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Un commentaire

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