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Étude de la BDC sur le transfert d’entreprise – Les entrepreneurs mal préparés

La Banque de développement du Canada a publié en septembre une étude sur le transfert d’entreprise. L’étude confirme que la tendance de départ à la retraite des entrepreneurs de la génération des babyboomers va s’accélérer au cours des cinq prochaines années. Selon l’étude de la BDC, près de 50% des entrepreneurs prévoient quitter leur entreprise. Et 50% d’entre eux planifient le faire d’ici trois ans. Mais au-delà de ce constat, elle souligne d’importantes lacunes dans la préparation des entrepreneurs, qui risquent de perdre beaucoup lors de la vente de leur entreprise.

Le sondage de la BDC révèle une augmentation du nombre d’entrepreneurs qui prévoient se retirer de leur entreprise dans les cinq prochaines années. Des enquêtes similaires, menées au milieu des années 2000 par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) indiquaient qu’un entrepreneur sur trois prévoyait quitter leur entreprise. Selon la nouvelle étude de la BDC, cette proportion est passée à la moitié en 2017, et plus de 41 % n’ont pas l’intention d’acquérir une autre entreprise. Un constat qui n’est pas une surprise en soi, nous dit Pierre Cléroux, vice-président Recherche et économiste en chef à la BDC.

« On voulait faire le point à nouveau. La dernière étude pancanadienne qui a été faite de façon exhaustive remonte à 2011. On voulait voir si la situation avait changé. Ce qu’on voit, c’est qu’on se rapproche de cette tendance des babyboomers entrepreneurs qui prennent leur retraite. Ça confirme la tendance qu’on avait établi dans l’autre étude, et ça démontre que ça va se faire beaucoup plus près de nous que ce qu’on pensait dans le passé. »

Malgré ce constat qui peut sembler inquiétant, l’économiste en chef de la BDC ne croit pas que ce départ inévitable à la retraite de nombreux entrepreneurs aura des impacts sur l’économie globale du Québec et du Canada. Il ne prévoit pas à court ou moyen terme de risque au niveau de la disparition d’entreprises ou de pertes d’emplois. Selon Pierre Cléroux, la relève est là.

« On a vu qu’il y avait beaucoup d’entrepreneurs intéressés à acheter des entreprises aussi. Ce sont des entrepreneurs plus jeunes, à la recherche d’entreprises en bonne santé financières, qui sont stables et qui connaissent une bonne croissance. Donc, les meilleures entreprises vont trouver preneur. Ce qui va arriver malheureusement, c’est qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui vont laisser mourir leur entreprise et vont vendre leurs actifs à la fin. Donc, ces entreprises vont disparaître. Mais les bonnes entreprises vont trouver preneurs, et les jeunes entrepreneurs vont prendre la relève. »

Pierre Cléroux n’hésite pas à parler d’un marché d’acheteurs, et de belles opportunités d’affaires pour les jeunes entrepreneurs ou ceux qui cherchent à faire croitre leur entreprise par le biais d’acquisitions.

« Il y aura définitivement beaucoup d’opportunités intéressantes pour les jeunes entrepreneurs. Donc, c’est un bon temps si quelqu’un a la fibre entrepreneuriale, de regarder les options qui existent. C’est aussi un bon temps pour les entreprises existantes qui veulent faire croitre leur entreprise. »

Les entrepreneurs mal préparés

Si l’économiste en chef de la BDC ne craint pas pour l’économie globale au pays, il souligne toutefois un fort risque de pertes économiques dues à la mauvaise préparation des entrepreneurs sur le point de prendre leur retraite. L’étude de la BDC démontre en effet que 22% des entrepreneurs comptent liquider leur entreprise et vendre leurs actifs. L’étude souligne que deux propriétaires sur cinq ont déployé peu d’efforts pour mettre de l’ordre dans leurs rapports financiers. Elle souligne aussi qu’ils sont peu enclins à faire croitre leur entreprise, à prendre des risques et à investir. Le résultat : une perte de valeur de leur entreprise alors qu’ils s’apprêtent à la vendre.

« Il y a deux choses qui sont inquiétantes. Le première, c’est qu’on voit dans l’étude que les entrepreneurs ont tendance à arrêter d’investir lorsqu’ils décident qu’ils vont vendre leur entreprise dans les prochains cinq ans. Donc ce n’est pas une bonne nouvelle pour eux, parce qu’on sait que si vous arrêtez d’investir, vous prenez du retard et vous allez diminuer la valeur de votre entreprise. Si vous n’investissez pas pendant cinq ans, la technologie change, vos équipements vont devenir désuets, moins pertinents, et ça va diminuer la valeur de votre entreprise. Et ça a un impact sur les investissements des entreprises au Canada, sur l’économie, la performance économique. »

Mais c’est le manque de préparation de nombreux entrepreneurs qui inquiète le plus la BDC.

Par Claude Boucher

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