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Sols contaminés – Des solutions terre à terre aux problèmes de passifs environnementaux

Les probabilités qu’un dirigeant d’entreprise soit un jour confronté à un problème de sol pollué sont bien réelles. En effet, le nombre de sites reste encore significatif dans le tissu urbain et les trames industrielles des années 1950. Les solutions existent, mais il faut agir avec attention, car la loi et les règlements sont de plus en plus précis, en particulier pour les contaminations dont l’ampleur et le degré sont très élevés.

Michel Beauchamp, président de la Société d’expertise Envirotest, trace un bref rappel du contexte dans lequel la contamination des sols s’est infiltrée dans notre réalité.

« La période de la Seconde Guerre mondiale et l’ère industrielle qui a suivi ont apporté leurs lots de problématiques en exposant les terrains, par leurs rejets dans les smogs et sur les sols, à des contaminants organiques et inorganiques. Avec la venue des chemins de fer a suivi l’industrialisation de nos villes; les procédés métallurgiques et d’usinage ont utilisé l’énergie fossile pour fabriquer à partir des métaux « légers » toute une panoplie de produits pour répondre aux besoins de l’époque.»

Plus de 80 % des terrains soumis à l’urbanisation de cette époque seraient potentiellement exposés à une utilisation historique d’hydrocarbures légers. Les principales composantes de ce type de combustible exposent les sols à des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) présents dans le diesel ainsi que les BTEX : (benzène, toluène, etc.), présents dans l’essence. L’opération commerciale des stations services en particulier et les réservoirs de mazout comptent parmi les plus nombreuses sources de contamination pour les sites exposés par le stockage souterrain de produits pétroliers.

Une histoire du site

Le processus de caractérisation environnementale de site comporte certaines étapes permettant de déterminer la complexité du problème. Les données sur le type de sol, l’ampleur de la contamination, les concentrations de polluants, la superficie de terrain affectée, la profondeur de la nappe phréatique ou encore de la contamination seront recueillies pour fin d’analyse.

« Dans le cas de contamination « légère » des secteurs résidentiel, commercial et industriel, l’organisme devra réaliser en deux phases principales l’évaluation environnementale du site précédant une réhabilitation potentielle. Toutefois, les activités désignées selon le Règlement sur les sols contaminés exigent de caractériser la qualité environnementale des sols en place et de planifier une gestion en conséquence.»

En raison des risques inhérents à une contamination, on doit d’abord éliminer la source et sécuriser les lieux. Les interventions sont au cas par cas et peuvent nécessiter l’élimination des sols contaminés et des aménagements de protection afin de limiter l’infiltration des contaminants, en installant des barrières étanches naturelles (argile) ou synthétiques (géotextiles).

«Dig and Dump»

Une fois la contamination détectée, on devra procéder à une excavation, si on choisit la dépollution par une gestion hors site. On retire alors la terre contaminée à l’aide d’équipements lourds. Cette avenue s’applique autant aux contaminants organiques qu’inorganiques. L‘échantillonnage périodique des sols durant les travaux et l’interprétation des résultats des analyses chimiques sont les principaux critères de décision pour compléter un programme de réhabilitation.

« L’excavation est sans contredit la technique la plus expéditive », constate Louis Picard, président d’Environnement Inter-Action. « Toutefois, il ne faut pas négliger ses impacts environnementaux.»

Les mouvements de camions et le remblayage nécessaire à la suite du retrait des sols de l’enclave excavée représentent notamment des conséquences économiques et environnementales non négligeables.

On privilégie cette option particulièrement dans le cas d’un déversement ou d’une fuite accidentelle, lors du démantèlement d’équipements pétroliers, lorsque le temps est un facteur important ou encore lorsque les conditions du sol ou la nature des contaminants ne permettent pas une approche « in situ ».

Par ailleurs, avec l’excavation vient la disposition. À partir du moment où on choisit cette voie, il faut identifier un endroit qui pourra recevoir les terres souillées. Au Québec, on compte pas moins de trente centres de traitement de sol contaminés et quatre lieux commerciaux d’enfouissement sécuritaire autorisés pour usage public.

Faire du sur place

Pourquoi déplacer des milliers de tonnes de sols contaminés alors qu’on peut parfois les traiter sur place ? En effet, certains types de sols peuvent être traités directement sur le site.

« On évite alors l’excavation, le remblayage et le transport des sols touchés vers des centres de traitement ou d’enfouissement», explique Joëlle Dufresne, gestionnaire de projets chez Tecosol.
« On encourage cette façon de faire lorsque les conditions le permettent. Elle constitue généralement une solution durable à long terme. »

Enfin, une nuance à apporter dans le traitement « in situ » : si le terrain est suffisamment dimensionné, il est possible d’effectuer le travail sur une autre partie du lot.

Donnez-moi de l’oxygène!

Il existe de nombreux procédés biologiques d’épuration des sols dont la phytoremédiation, le bioréacteur, le compostage ou encore l’atténuation naturelle contrôlée. Toutefois, au Québec, les deux technologies les plus utilisées sont la bioventilation / biodégradation ainsi que le biopile. La biodégradation (avec ou sans apport d’air) implique un système qui déplace de l’oxygène afin de stimuler les micro-organismes (bactéries, champignons, végétaux, etc.) qui effectuent le travail de décomposition.

Par Roger Riendeau

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